Blog de mes curiosités
22 Octobre 2015
Premières en cascade à l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo pour ce début de saison.
Donné dans son intégralité pour la première fois à Monaco, la Trilogie Romaine de l'italien Ottorino Respighi, contemporain de Maurice Ravel, se compose de trois poèmes symphoniques : Fêtes romaines, Les Fontaines de Rome et Les Pins de Rome, créées entre 1917 et 1929. Quel bonheur de venir écouter des œuvres peu données !
Autre symbole de bon augure, Kazuki Yamada dirige pour la première fois en tant que « futur chef titulaire », cette Trilogie romaine avant de prendre officiellement les manettes de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, à l’automne 2016. S’engager sur un concert multimédia pour signer son arrivée laisse évidement les curieux sur leur faim, impatients qu’ils sont de découvrir la prochaine saison.
Car troisième première, ce concert multimédia a été mis en scène par La Fura dels Baus, troupe de spectacle catalane qui fait actuellement une tournée remarquée en France avec son spectacle "M.U.R.S.", qui dénonce la dictature de des Smartphones.
Si la première impression est la bonne, l’Orchestre Philharmonique de Monaco aura de la chance d’être dirigé par un chef comme Kazuki Yamada : jeunesse, fougue, précision, rien n’a manqué dans la direction de cette œuvre qui alterne mouvements puissants et mouvements d’une infinie douceur, couleurs rouge sang et teintes plus reposantes des soirs italiens, impétuosité des hommes et profondes méditations.
Reste que la mise en images par la Fura dels Baus s’affiche souvent comme un simple soutien de l’interprétation de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo plutôt qu’une réelle création allant, dans les Fontaines de Rome, jusqu’à la paraphrase. En revanche, dès qu’elle s’écarte du simple sur-lignage, l’interprétation de La Fura dels Baus entre en écho avec la musique et son interprétation y compris lorsqu’elle semble se poser en contrepoint de ce que le spectateur entend. Ainsi la référence au mythe d’Apollon et Daphné pour Les Pins de la Villa Borghèse, allusion à la splendide sculpture du Bernin conservée à la Galerie Borghese à Rome, vient-elle à la fin rappeler également que, comme Daphné se transformant en laurier pour échapper à son divin poursuivant, Rome sera toujours la Ville Éternelle malgré ses transformations.