Blog de mes curiosités
4 Juillet 2018
Pour clôturer la saison, l’Opéra de Toulon accueille le Nabucco de Giuseppe Verdi dans une mise en scène de Jean-Christophe Mast quelques jours seulement après la dernière à l’Opéra de Nice. Si la mise en scène est identique, la direction musicale est différente : le chef néerlandais Jurjen Hempel qui prendra officiellement ses fonctions à Toulon en septembre prochain l’anticipe avec cette proposition. Est-ce ce changement qui a occasionné quelques flottements dans la mise en place scénique à Toulon ? Mystère.
Pourquoi faut-il toujours que les propositions scéniques de Nabucco se conçoivent sempiternellement avec les couleurs sable ou ocre et encore dans cette proposition scénique, les costumes de Jérôme Bourdin tranchent paradoxalement : beiges pour les hébreux, noirs pour les assyriens. La scénographie du même Jérôme Bourdin se compose d’une sorte de chaire symbole du pouvoir que graviront alternativement tous les protagonistes assoiffés du pouvoir de la représentation et de panneaux mobiles qui définissent l’espace en descendant et en remontant des cintres… avec l’accompagnement sonore qui les accompagnent. Pascal Noël diffuse intelligemment les éclairages qui donnent du relief à l’ensemble.
Sur le plateau, les rôles premiers semblent s’être fait voler la vedette par les seconds rôles. Si Raffaella Angeletti (Abigaïlle) monte en puissance à mesure que l’action se déroule et termine en apothéose avec sa propre mort dans la scène finale, elle a maille à partir dans l’histoire comme sur la scène avec Julie Robard-Gendre qui emporte l’adhésion dans le rôle de Fenena. De la même manière le baryton russe Sergey Murzaev dans le rôle-titre a en apparence tous les atouts pour conduire le rôle… hormis le phrasé. Nika Guliashvili en revanche campe un Grand Prêtre de Baal de grande prestance. Et n’oublions pas les interventions de Frédéric Diquero, rares mais remarquées en Abdallo. A ceci s’ajoute les chœurs de Toulon renforcés par ceux de Nice qui donnent du coffre à l’ensemble. Le plateau est en outre finement chorégraphié par Laurence Fanon.
Mais le spectacle en ce dimanche après-midi était à la fois sur la scène et dans la salle. A gauche, des habitués de l’opéra à qui les voisins disent bonjour comme à chaque représentation. Devant et sur la droite, des têtes nouvelles, des portables qui peinent à s’éteindre, des bavardages récurrents et surtout, le cri du chœur au moment du fatidique Va Pensiero (par ailleurs admirablement exécuté) : Ah ça on connait ! L’histoire ne dira pas hélas s’ils s’attendaient à voir Nana Mouskouri sortir des coulisses.