Blog de mes curiosités
19 Juin 2018
Ce devait être le rendez-vous de l’année ! Une commande passée par l’Opéra de Lyon en création mondiale à Alexander Raskatov, compositeur russe contemporain. Alexander Raskatov signe non seulement la musique de cette création mais également le livret à partir de deux œuvres d'Heiner Müller : Germania Mort à Berlin et Germania 3, les spectres du Mort-homme. Ces deux textes d’Heiner Müller reviennent sur l’histoire des idéologies notamment le second écrit peu de temps avant sa mort en 1995 qui présente un Staline plus malin qu’Hitler. Ironie suprême, Alexander Raskatov est né à Moscou le 9 mars 1953, jour des funérailles de Staline.
Cet opéra conçu comme une fresque en plusieurs tableaux et trente-sept personnages évoque les drames du XXème siècle et l’affrontement de deux régimes totalitaires dont les idéologies sont respectivement guidées par Adolf Hitler et Joseph Staline que le texte rend quasiment interchangeables. L’opéra questionne donc plus généralement en dehors de cette problématique particulière le pouvoir, son exercice et ses limites.
Hélas trois fois hélas, le public qui avait acheté des places pour le samedi 26 mai 2018 et qui avait contourné la grève SNCF en rejoignant Lyon en voiture n’entendra pas la basse profonde stalinienne ou le suraigu hitlérien. Ce que la SNCF n’avait pas réussi à faire, la CGT spectacle l’a réalisé en annonçant une grève pour le jour de la représentation.
Revoir GerMANIA semble relever du miracle à moins qu’un directeur audacieux…