Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publicité

[Cinéma – Festival de Cannes - Semaine de la critique – Espace Miramar – Cannes] Dégradé de Tarzan et Arab Nasser : et si l’enfer de Gaza, c’était vraiment les autres ?

[Cinéma – Festival de Cannes - Semaine de la critique – Espace Miramar – Cannes]  Dégradé de Tarzan et Arab Nasser : et si l’enfer de Gaza, c’était vraiment les autres ?

Un an après le film Omar Hany Abu-Assad présenté en sélection officielle Un Certain Regard, la Semaine de la critique offre une place au cinéma palestinien avec Dégradé des frères jumeaux Tarzan et Arab Nasser. Le film des deux frères se déroule à Gaza mais adopte un point de vue particulier déroutant le spectateur : des images télévisuelles en boucle de Gaza régulièrement montrées par la télévision, Tarzan et Arab Nasser n’en veulent manifestement plus et c’est du point de vue de treize femmes attendent leur tour dans un salon de coiffure qu’ils décrivent le ressenti de la société gazaouie.

A l’intérieur, la conversation des femmes, véritable microcosme de Gaza, nous renseigne sur la situation politique à la manière d’un peintre pointilliste qui serait passé par le café du commerce. Elles sont de toute condition sociale, représentent toutes les tendances politiques, appliquent plus ou moins les règles de l’Islam ou du moins ce que les hommes en ont fait, se cherchent, se querellent, s’invectivent mutuellement. Quoiqu’elles fassent elles sont toutes logées à la même enseigne, elles subissent la loi de la guerre des hommes, elles doivent gérer au mieux leur condition, elles redoublent d’ingéniosité pour surmonter la pénurie générale d’essence et les coupures d’électricité qui empoisonnent leur quotidien.

De l’intérieur, la caméra observe les femmes, suit, épie les réactions, joue avec les miroirs, les reflets, les images. De l’extérieur, la caméra ne montrera d’abord que ce que la vitrine du salon veut bien montrer… temporairement. Pire, comme ces femmes, le spectateur ne ressentira de l’extérieur que ce que la bande son lui donne : le bruit lancinant d’un drone, les affrontements entre bandes rivales, les crissements de pneus puis les tirs à l’arme lourde … très lourde.

Et quand enfin, la caméra réussit à s’extirper du salon pour rendre compte de l’extérieur, le spectateur découvre que les tumultes qui ont agité les femmes à l’intérieur sont décuplées à l’extérieur : les bandes politiques palestiniennes rivales se livrent une guerre sans merci au point d’avoir même fait taire le drone israélien qui survolait la bande de Gaza au début du film.

Jean-Paul Sartre est de retour pour un nouveau Huis-clos. L’enfer c’est (vraiment) les autres.

Publicité
Festival de Cannes - Semaine de la Critique - Dégradé de Tarzan et Arab Nasser © Semaine de la CritiqueFestival de Cannes - Semaine de la Critique - Dégradé de Tarzan et Arab Nasser © Semaine de la CritiqueFestival de Cannes - Semaine de la Critique - Dégradé de Tarzan et Arab Nasser © Semaine de la Critique

Festival de Cannes - Semaine de la Critique - Dégradé de Tarzan et Arab Nasser © Semaine de la Critique

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article