Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publicité

[Danse – Théâtre de Grasse – Grasse] José Montalvo : Asa Nisi Masa : le public n’y trouve pas son conte

Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Le titre est en lui-même une interrogation Asa Nisi Masa. Ne soyez pas étonné qu’il sonne comme abracadabra, il appartient au même registre : c’est la formule magique que le héros du film Huit et demi de Federico Fellini emploie pour replonger dans son enfance. Il sonne également comme le Sirta la galba oriental qui, lui-même, a donné son titre à un très beau film kurde de Shahram Allidi et qui traduit littéralement par « le vent m’a dit » serait remplacé chez nous par « Il était une fois ».

Invitation au voyage et à la curiosité sont donc visiblement au programme. En arrivant sur le plateau, nous sommes d’ailleurs observés par une nichées de chouettes, hiboux et autres effraies qui tournent la tête et nous scrutent. Cet accueil est hélas vite douché par l’arrivée de deux danseurs de la compagnie qui proposent au public de mimer quelques signes du spectacle signifiant Asa Nisi Masa. Et tout le monde, sauf moi, peu participatif, de singer les signes des danseurs une fois assis, une fois debout, une fois les bras levés, une fois les filles, une fois les garçons.

José Montalvo nous refait le coup de la fable Le Corbeau et le Renard (commande à une douzaine de chorégraphes il y a une dizaine d’années) où il a joué de la sacrosainte interactivité avec le public avant de nous présenter sa vision « chorégraphique » de la fable. Évidemment, la sacrosainte interactivité proposé ne sera d’aucun secours dans le spectacle Asa Nisi Masa et n’aura servi qu’à exciter les gosses. Encore un qui doit croire que l’intergénérationnel, autre terme de la novlangue artistique, consiste à mettre un vieux entre deux jeunes.

Le spectacle en lui-même est un tour d’horizon de l’esthétique et de l’univers de José Montalvo : faire se répondre les styles chorégraphiques : classique, contemporain, ethnique et hip-hop et danser avec les images. Sauf que si on répond toujours autant par style interposé, on danse moins et moins bien avec les images. Si les danseurs sont excellents, chacun et chacune dans son genre notamment la danseuse de Hip-hop reine de la contorsion chorégraphique et le danseur de flamenco, Roi des claquettes, le propos finit par s’étioler. A force de vouloir accumuler et enchainer les vingt contes, le spectateur finit par se perdre le fil dans ce dédale.

L’histoire indienne des sept aveugles et de l’éléphant vient fort à propos remettre un peu de sens à cet ensemble. Le conte indien raconte la rencontre de sept aveugles à qui on fait toucher chacun une partie d’un éléphant :

« Un éléphant, c’est une liane » dit celui qui lui tient la queue,

- Non ! Un éléphant c’est un tronc d’arbre, » dit celui qui lui tient la patte,

- Mais non ! Un éléphant c’est une grande feuille dit celui qui lui a tenu l’oreille.

Chacun a à la fois raison et tort, ne pouvant voir l’éléphant dans sa pachydermique réalité.

Appliqué à la danse, il symbolise toutes les danses qui ont fait La Danse. Chacun des danseurs est l’aveugle qui apporte sa part de danse mais qui, contrairement aux aveugles du conte, entre en résonance avec ses partenaires pour former un nouveau langage chorégraphique.

Ce conte unique, travaillé, creusé, chorégraphié aurait sans doute suffi et eu l’avantage de la réflexion plutôt que cette débauche de contes empilés. José Montalvo, à vouloir trop en faire, finit par perdre le public qui n’y trouve plus son conte.

Publicité
Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comAsa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comAsa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article