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[Musique – Opéra de Monte-Carlo – Grimaldi Forum - Monaco] « Adriana Lecouvreur » : toute transposition est-elle de bon aloi ?

Opéra de Monate-Carlo - Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Monate-Carlo - Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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A l’aube du XXème siècle, deux pièces de théâtre siamoises donnent lieu à deux œuvres lyriques majeures. La Tosca, drame de Victorien Sardou, créé en 1887 avec Sarah Bernhardt dans le rôle-titre devient Tosca, opéra en trois actes de Giacomo Puccini, sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, créé le 14 janvier 1900 au Teatro Costanzi de Rome. Adrienne Lecouvreur, comédie-drame en cinq actes d’Eugène Scribe et Ernest Legouvé avec la même Sarah Bernhardt dans le rôle titre devient  Adriana Lecouvreur, opéra en quatre actes de Francesco Cilea sur un livret d’Arturo Colautti, créé à Milan, au Teatro Lirico, le 6 novembre 1902. Le parallèle ne s’arrête pas là, les deux drames suivent deux artistes, l’une actrice, l’autre cantatrice à travers leurs amours contrariées, sorte de mise en abyme pour les artistes qui les incarnent. Rien d’étonnant donc de retrouver la patte du même metteur en scène Davide Livermore à Gènes puis à Monaco à quelques années d’intervalles.

Véritable mise en abyme d’origine, la tentation était alors très grande de les démultiplier et Davide Livermore eut l’idée de mettre en scène Sarah Bernhardt dans le rôle de la tragédienne qui interpréte Adrienne Lecouvreur. Las ! les transpositions ne sont pas toutes forcément de bon aloi notamment lorsque le texte ne s’y prête pas : J’ai longuement parlé à la Reine de vos droits et de vos gestes, j’ai vu des larmes dans ses doux yeux.. Le cardinal consent mais il proteste… dit la Princesse de Bouillon à Maurice au deuxième acte... dans une France républicaine, c’est gênant. Je ne verrai pas la Bastille répond quelques phrases plus loin Maurice de Saxe à la Princesse qui lui parle d’une arrestation potentielle… et pour cause ! Quant à la jambe de bois de Sarah Bernhardt que Davide Livermoore a voulu caser, était-ce bien nécessaire ?

Pour pouvoir s’affranchir des contraintes d’espaces, Davide Livermore ressort la tournette qui avait fait merveille dans Tosca. Mais là encore le parallèle s’émousse. Là où la tournette symbolisait les différents niveaux de pouvoir et s’apparentait symboliquement au Château Saint-Ange et à sa funeste ascension, la tournette d’Adriana Lecouvreur finit par nous enivrer en première partie. Elle se calme heureusement dans la seconde. C’est d’autant plus regrettable que les personnages sont bien dirigés, que le chœur de Monaco est scéniquement bien utilisé et que les costumes de Gianluca Falaschi font merveille pour peu que le spectateur digère la transposition.

Fort heureusement, le plateau fait oublier les incohérences de la mise en scène. Alberto Mastromarino joue sur le professionnalisme et la discrétion de son personnage, véritable ombre d’Adriana qui ne voit rien. Marianna Cornetti ne tolère pas que ses caprices demeurent inassouvis. Elle a ce timbre des maîtresses-femmes qui sied au personnage et la haine qui finit par l’aveugler transsude de son personnage mais est-ce parce qu’elle est furieuse qu’elle y perd sa noblesse ? Roberto Alagna, annoncé souffrant, trouve en grand professionnel ses marques et, tout en élégance, navigue entre ses amours passées et présentes avec la même fluidité. Le phrasé est comme d’habitude parfait.  Barbara Frittoli se savait observée pour reprendre le rôle-titre sacralisé par Magda Olivero mais elle réussit à jouer sa petite musique au final.

Enfin il reste cette musique de Francesco Cilea, ce thème qui entête, que chacun pourrait fredonner sans en connaître l’origine, cette musique qui reste en mémoire longtemps après que le rideau est descendu. Portée par l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Maurizio Benini, elle représente à elle seule le meilleur hommage que Jean-Louis Grinda, directeur de l’opéra a voulu rendre en début de soirée, à la mémoire du grand baryton Dmitri Hvorostovsky disparu récemment.

Grimaldi Forum - Opéra de Monate-Carlo - Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGrimaldi Forum - Opéra de Monate-Carlo - Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Grimaldi Forum - Opéra de Monate-Carlo - Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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"Adriana Lecouvreur" de Francesco Cilea "Poveri Fiori" Acte IV par Maria Callas

"Adriana Lecouvreur" de Francesco Cilea "Poveri Fiori" Acte IV par Magda Olivero

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