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[Musique – Opéra de Toulon-Provence Méditerranée – Toulon] Drames de la jalousie en décor unique

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Drames en un acte,  relativement courts, se déroulant tous les deux dans le sud italien (Sicile et Calabre), en milieu rural populaire pendant deux fêtes religieuses (Pâques et l’assomption), les deux opéras Cavalleria Rusticana de Pietro Mascagni  et Pagliacci de Ruggiero Leoncavallo sont souvent donnés ensemble. Dans une mise en scène de Paul-Emile Fourny, ils assurent cette année l’ouverture de la saison de l’opéra Toulon-Provence Méditerranée.

Paul-Emile Fourny rajoute un défi à la mise en scène : le décor unique. Ce décor unique évoque la nature sauvage d’un littoral méditerranéen, il rappelle par son extrême dénuement que les drames de la jalousie et de la vengeance qui se joueront successivement en son sein sont des drames intemporels. Les rochers en arc de cercle se mueront rapidement en amphithéâtre, seules dans Cavalleria Rusticana quelques toiles se tendront verticalement pour évoquer le bâti. La scénographie de Benito Leonori rehaussée par la création lumières de Patrick Méeüs est close par une toile de fond sur laquelle sera projetée la succession des éléments climatiques. 

Dans ce décor se meuvent comme ils le peuvent artistes et choristes. Les choix d’entrée et de sortie de scène se révèlent fort limités les rochers empêchant toute sortie autre qu’à cour, à jardin ou dans un chenal vers le fond de scène. Pour pratique qu’il soit pour assoir un public, il devient carcan pour les déplacements. Cela se vérifiera davantage pour Cavalleria Rusticana que pour Pagliacci où la représentation circassienne est davantage adaptée à la configuration.

Certains choix de mise en scène peuvent surprendre : entendre dans cette scénographie de plein air les artistes chanter « sortons » dans Cavalleria Rusticana prête à sourire et la manipulation des marionnettes à fil par les artistes au début de Pagliacci confine au gadget. En revanche, la transformation des chanteurs eux-mêmes en marionnettes pour la représentation finale, si elle n’est pas innovante, fonctionne fort bien.

Dans la fosse, Giuliano Carella poursuit un travail  de qualité avec l’orchestre de Toulon. Sur scène, le chœur de Toulon confirme sa capacité à occuper l’espace avec intelligence.  Les deux plateaux sont très équilibrés. Dans Cavalleria Rusticana, Deniz Yetim en amoureuse délaissée (Santuzza), Anna Kasyan (Lola) et Lorenzo Decaro (Turridu) en amoureux et Carlos Almaguer (Alfio) en mari jaloux donnent chacun corps à leur personnage et au drame. Quant à Marie-Ange Todorovitch prématurément vieillie, elle étonne en Mamma Lucia. Dans Pagliacci, la mise en abyme fonctionne toujours à merveille portée par un couple Anna Kasyan (Nedda) et Charles Rice (Silvio) dont nul dans la salle ne peut douter de leur attirance. Le couple fonctionne et Badri Maysuradze (Canio) peut dérouler le drame de sa jalousie. Son dérapage vocal de début de spectacle est rapidement oublié par l’ensemble de sa prestation. Giuseppe Tommaso campe un Beppe fort convaincant et Carlos Almaguer décidément très en forme, poursuit sa performance désormais dans la peau de Tonio.

Opéra de Toulon-Provence-Méditerranée Cavalleria Rusticana et Pagliacci ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon-Provence-Méditerranée Cavalleria Rusticana et Pagliacci ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon-Provence-Méditerranée Cavalleria Rusticana et Pagliacci ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Toulon-Provence-Méditerranée Cavalleria Rusticana et Pagliacci ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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