Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publicité

[Musique - Opéra - Opéra de Nice] Les huguenots retournent leur veste

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Autre rareté sur les scènes françaises, Les Huguenots de Giacomo Meyerbeer étaient à l’affiche de l’opéra de Nice sous la direction musicale de Yannis Pouspourikas dans une mise en scène de Tobias Kratzer. Prenant appui sur l’histoire de la Saint-Barthélemy de 1572, le livret comme l’opéra sont donc clairement datés et mettent aux prises catholiques et protestants que la politique irénique de Catherine de Médicis n’a évidemment jamais réussi à faire cohabiter pacifiquement jusqu’à l’exécution pure et simple des protestants.

Partant de ce livret, Tobias Kratzer semble s’être fourvoyé dans un parti pris qui ne tient pas à mesure que la pièce avance. Transformant le Comte de Nevers en artiste peintre, au point de se demander s’il n’a pas confondu avec Tosca ou la Bohème, Tobias Kratzer tente de nous présenter une bande de joyeux lurons actuels qui enfileraient les costumes du XVIème siècle le temps d’une pose pour le tableau. Las ! Le parti pris ne peut tenir avec les rebondissements et les différentes actions et dès l’entrée de Marcel, il tombe pour ne plus se relever. Trop capillotracté, le parti pris ne doit cependant faire oublier les bons côtés de la mise en scène : direction d’acteur efficace, énergie, bonne occupation du plateau dans une scénographie encore une fois trop « Bohème ».

Sur le plateau, Uwe Stickert maîtrise le rôle et le phrasé de Raoul de Nangis répondant ainsi à un Marc Barrard en comte de Nevers, plutôt mal servi par le rôle d’artiste peintre ; il est le seul qui ne changera jamais de costume. Marcel interprété par Jérôme Varnier impressionne par la rigueur de son jeu qui sied comme un gant à son personnage de Huguenot rigoriste. Nul besoin d’être tonitruant, sa raideur suffit. Les autres gentilshommes, Tavannes, Bois-Rosé (Mark van Arsdale), Cossé (Florian Cafiero), Thoré, Maurevert (Frédéric Cornille), le comte de Saint-Bris (Francis Dudziak), Retz (Arnaud Rouillon) ou Méru (Thomas Dear) forment une joyeuse équipée, fort juste, dans les mouvements de groupes. Ils discutent, chahutent, ripaillent, combattent, rivalisent, mangent, s’invectivent, boivent sans retenue. Ils occupent la scène et l’espace de leurs corps et de leurs voix, l’ensemble est de ce point de vue fort réussi. Du côté féminin, l’équilibre du plateau n’est pas assuré. Si Cristina Pasaroiu campe une Valentine très convaincante avec un phrasé très fluide, Silvia Dalla Benetta dessert une Marguerite de Valois par un manque de maîtrise de la langue française chantée que le parti pris de mise en scène (costume et cheval) n’arrange pas. Quant à Hélène Le Corre, son Urbain est intéressant mais pourquoi diable en employé des postes ?

Fort heureusement, la découverte de l’intégralité de la partition musicale brillamment interprétée par un orchestre philharmonique de Nice en grande forme sous la direction de Yannis Pouspourikas, ajoute un attrait supplémentaire à une soirée qui n’en manquait pas. Au final, il ne manquait pas grand-chose à ces Huguenots : simplement que le parti pris soit davantage confronté au texte et à la situation, qu’il s’économise les parallèles mal problématisés (Daech), si faciles qu’ils ne font plus sens et qu’il évite aux Huguenots et aux gentilshommes catholiques de retourner historiquement si mal leur veste.

Publicité
Les Hugunetots de Giacomo Mayerbeer - Opéra de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLes Hugunetots de Giacomo Mayerbeer - Opéra de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLes Hugunetots de Giacomo Mayerbeer - Opéra de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Les Hugunetots de Giacomo Mayerbeer - Opéra de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article