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[Cinéma – Cinéma Rialto – Nice] « Contes italiens » de Paolo et Vittorio Taviani : La peste soit de l’amour !

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Alors que son titre original, Maraviglioso Boccaccio faisait clairement référence au Décaméron de Boccace, le titre choisi en France Contes italiens semble vouloir brouiller les pistes en évoquant simplement que le Décaméron fut la première œuvre en prose de langue italienne. Las ! L’illusion ne dépasse pas le générique. Dès la première image, la grande peste noire fait rage à Florence au XIVème siècle et dix jeunes gens (trois garçons, sept filles) fuient la ville pour se réfugier dans une villa à la campagne où, pour tromper l’ennui, ils livrent chacun un conte sur l’amour… du merveilleux Boccace dans le texte !

Hormis le fait que cinq contes seulement nous seront livrés, l’adaptation du Décaméron, frise l’académisme. Si dans son Décaméron, Pier Paolo Pasolini en disciple du peintre Giotto, se faisait fil conducteur des différents contes, l’adaptation des frères Taviani ne s’encombre pas de ces recherches : les circonstances et les jeux de l’amour forment les deux seules maigres liaisons des contes. Le parti pris de filmer chaque scène comme autant de tableaux maniéristes renforce cet académisme même si l’esthétique des scènes sauve l’ensemble.

Cependant, les frères Taviani ont malgré tout réalisé un film sensible, avec une direction d’acteurs précise et dix acteurs dont la vigueur, la présence et la joie de vivre dans ce monde en déliquescence, portent le film. C’est poétique, raffiné, plaisant à regarder, quelquefois drôle, hélas rarement coquin… hormis au couvent comme il se doit. Mais cette rigueur cinématographique qui fait quelquefois défaut dans le cinéma d’aujourd’hui et cette échappée bucolique finit par nous apporter un peu plus de ce salutaire oxygène.

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