Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publicité

[Festival de Cannes – Sélection officielle – Un Certain Regard] Las Elegidas de David Pablos : les élues battues

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le titre sonne comme une rédemption et les premières images sont celles d’un amour naissant. Et pourtant les élues vont connaître l’enfer des trottoirs et de la prostitution.

Qui sont-elles ? Des filles mineures tombées dans les filets d’une mafia. Le double intérêt du film est de se concentrer sur une famille réduite, petit maillon d’une mafia qu’il est facile d’imaginer plus tentaculaire et de rendre par l’image l’aspect anxiogène et irrémédiable de la situation.

Le film parle de prostitution de mineures mais joue sur la contradiction amour-violence. Le film a pour cadre un milieu familial qui alterne bonhommie de façade et inhumanité de fond. La famille apparaît mécanique reproduisant de génération en génération, fratries après fratries, les mêmes gestes déshumanisés se dédouanant de tout par une violence rituelle et une déresponsabilisation de tous les instants. A l’écran, cela se traduit par la répétition de la même scène d’accueil d’une nouvelle proie.

Si le film parle de prostitution, il ne montre jamais d’ébats sexuels à l’écran mais il montre pire. Sur une succession de plans fixes sur des visages fermés soulignant la différence d’âge, de conditions sociale des protagonistes dont beaucoup viennent des États-Unis, la bande son relate toutes les postures et tous les fantasmes sexuels auxquels les filles sont livrées. L’impression de malaise envahit à nouveau le spectateur qui commençait justement à se détendre.

Pour compléter son atmosphère particulièrement anxiogène et dérangeante, David Pablos soigne particulièrement l’image et le cadrage. La photographie est esthétique, tranche avec l’obscénité de la situation, alterne plans larges régénérants sur les paysages et portraits déprimants des personnages dans diverses situations. La caméra enferme également ses protagonistes dans des sur-cadrages, dans un coin d’écran, leur enlevant ainsi cinématographiquement toute liberté de mouvement, toute possibilité d’action.

Le film, enfin, joue sur les tensions, nous entraine aux limites du supportable, aux frontières du tolérable avant de se muer en vague optimisme rapidement douché par une nouvelle situation, encore moins enviable. Toutes les solutions faciles que le spectateur échafaude dans son siège se retrouvent immédiatement battues en brèche par la construction du film qui a décidément prévu … de ne vous laisser aucun espoir, aucune échappatoire.

Les signataires du « manifeste des 343 salauds » qui s’est illustré en octobre 2013 combattant la pénalisation des clients de la prostitution seraient bien inspirés de voir ce film et d’en méditer les enjeux ... pour mieux se rebaptiser les 343 fumiers.

Publicité
Festival de Cannes - Sélection Oficielle - Un Certain  Regard - David Pablos - Las Elegidas ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival de Cannes - Sélection Oficielle - Un Certain  Regard - David Pablos - Las Elegidas ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Festival de Cannes - Sélection Oficielle - Un Certain Regard - David Pablos - Las Elegidas ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article