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un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Europe, #Musique, #Epoque contemporaine
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Après avoir  installé l’orchestre dans sa filiation monégasque avec de la musique française, honorer l’Italie située  à quelques encablures de l’auditorium Rainier III semblait aller de soi. Mais Kazuki Yamada a choisi de saluer l’Italie à travers sa jeunesse et sa contemporanéité sortant ainsi une nouvelle fois des sentiers battus.  

Sous la direction de Francesco Angelico, jeune chef d’orchestre attitré depuis trois ans du Tiroler Landestheater d’Innsbruck, le programme nous promettait de visiter l’Italie du XXème siècle à travers les œuvres de deux compositeurs italiens du XXème siècle Alfredo Casella et sa Symphonie pour orchestre n°3 Italia  opus 63 et Luigi Dallapiccola et sa Piccola Musica Notturna.  Les deux œuvres devaient encadrer  le Concerto pour piano n° 1 en mi mineur, opus 11 de Frédéric Chopin interprété par la (très) jeune italienne Béatrice Rana.

L’affaire semblait entendue. Entre la musique d’Alfredo Casella et notamment sa Symphonie pour orchestre n°3 Italia  créée au tout début de la seconde guerre mondiale lors de sa période américaine et la Piccola Musica Notturna de Luigi Dallapiccola créée en juin 1954 à Hanovre, certains dans le public semblaient pencher a priori pour l’œuvre qu’ils croient connaître aux inconnues de la découverte d’autant que  la  Sinfonia pour orchestre « Italia » était exécutée pour la première fois à Monaco.    

« Si la surprise n'existait pas, la vie ne serait qu'un mauvais roman sur la médiocrité » rappelait  Elie Wiesel dans son roman Un désir fou de danser. La surprise est effectivement arrivée et la salle s’est partagée en deux, non à la fin du programme mais à l’entracte, non sur une querelle des anciens contre les modernes mais sur l’interprétation du concerto de Frédéric Chopin par Béatrice Rana.

Prenant le parti de tempi très lents, Béatrice Rana a surpris le public dont une partie, adepte d’une musicalité plus fougueuse dans l’interprétation des œuvres de Frédéric Chopin, n’a pas goûté au plaisir attendu. Béatrice Rana a en revanche convaincu l’autre partie du public qui a pu goûter toute la musique de Chopin dans ses moindres notes. Elle n’a pas exécuté l’œuvre mais l’a interprétée révélant à la fois au public une autre approche de l’œuvre et sa liberté assumée de faire entendre différemment la musique de Frédéric Chopin.

Et dans cette différence d’interprétation qui ne renie, ni ne corrompt en aucun cas l’œuvre, le public a pu enfin retrouver sa qualité de public, sa capacité à réagir, sa capacité à s’émouvoir, sa capacité à comparer, sa capacité à échanger avec l’Autre, Celui qui a priori n’a pas entendu la même chose que lui.

Si l’ennui naquit un jour de l’uniformité, assurément le consensuel ne devait pas en être loin et, fort heureusement, les parfums d’Italie étaient ce soir partagés… dans tous les sens du terme.

Parfums d'Italie - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comParfums d'Italie - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comParfums d'Italie - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Parfums d'Italie - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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