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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Europe, #Epoque contemporaine, #Epoque moderne
[Musique - Printemps des Arts - Eglise Saint Michel - La Turbie] Stravinsky est-il soluble dans le baroque ?

Me permettez-vous cette question audacieuse voire incongrue ?

Pour son quatrième weekend, le Printemps des Arts de Monaco nous propose un portrait Stravinsky après les portraits Beethoven et Bartok des weekends précédents. Le concert de ce jeudi se tient, certes hors les murs de la Principauté, en l’église Saint Michel de La Turbie mais en présence de son altesse sérénissime, le Prince Albert II.

Le concert est présenté par le musicologue et directeur du conservatoire national à rayonnement régional Pierre Cochereau André Peyrègne, très en verve d’anecdotes sur La Turbie, Stravinsky, la Côte d’Azur, Mercedes, Beaulieu, Picasso, Monaco, Emile Jellinek, etc.

Le concert a été pensé comme une gigantesque sonate pour violon et piano en trois mouvements composée de trois pièces. Ces trois pièces ont été écrites dans les années trente pour les tournées que Stravinsky organisait avec le violoniste étasunien Samuel Dushkin : duo concertant, suite italienne et divertimento. Chaque pièce se compose respectivement de cinq, six et quatre mouvements.

Les trois pièces témoignent d’un tournant dans la carrière du compositeur. Si le duo concertant est encore proche de la période précédente, proche des évocations qu’un public normalement constitué se fait de la musique de Stravinsky, la suite italienne surprend tant elle renvoie à la musique de Mendelssohn ou Brahms. Le virage néoclassique de Stravinsky est pris.

Pour un concert d’une telle intensité, il fallait deux énergies hors du commun personnifiées hier soir par Vera Novakova au violon et Maki Belkin au piano. Je les avais entendues séparément, jamais ensemble, le résultat est édifiant. Energie, complicité, musicalité.

Évidemment, comme je suis sensible aux lieux, j’aurais de très loin préféré entendre celui-ci dans une salle de concert plutôt que dans une église baroque. Dans une église baroque, si le violon trouve sa place, le son du piano résonne, rebondit, tourne et il a fallu toute la maîtrise musicale de Maki Belkin pour l’atténuer. Même s’ils peuvent évidemment s’adapter à d’autres, les lieux ont été conçus pour une certaine fonctionnalité ; pourquoi les en dénaturer surtout quand il y en a de plus idoines ?

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