Blog de mes curiosités
24 Novembre 2018
Monaco – Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo – Gustav Mahler : « Le Chant de la Terre » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Si Franz Schubert ouvre le siècle musical avec Winterreise (Le Voyage d'hiver), Gustav Mahler le clôt avec Das Lied von der Erde (Le Chant de la terre), créé à Munich le 20 novembre 1911 par Bruno Walter. Das Lied von der Erde est une « symphonie pour ténor, alto (ou baryton) et grand orchestre » composée par Gustav Mahler d’après La Flûte chinoise de Hans Bethge. Succession de six lieder interprétés successivement par deux chanteurs solistes, ils évoquent comme le Winterreise de Franz Schubert la renaissance cyclique de la nature au fil des saisons et le côté éphémère de la vie humaine.
Mais contrairement au Winterreise qui nous conduit inexorablement au bout de la nuit, Das Lied von der Erde est une œuvre plus foisonnante, plus complexe comme l'est la vie. Les lieder parlent de la vie, de la solitude, de l'ivresse et évidemment de la mort. C'est sans aucun doute sa grande fidélité à notre condition humaine, à notre complexité qui fait le succès de l’œuvre, a fortiori pour ceux qui comprennent l'allemand ou qui ont eu la curiosité d'aller lire le texte revu par le compositeur lui-même.
Pour être à la hauteur de l'événement et des attentes, l'Orchestre philharmonique a fait appel au chef d'Orchestre Eliahu Inbal. Pouvait-on rêver mieux ? Eliahu Inbal et l'Orchestre symphonique de la Radio de Francfort ont enregistré entre 1974 à 1990, l'intégrale des symphonies d'Anton Bruckner et l'intégrale des symphonies de Gustav Mahler. Le Ténor Christian Elsner et la contralto Gerhild Romberger l'accompagnent. L'un et l'autre sont deux grands interprètes actuels de l’œuvre de Gustav Mahler en général et de Das Lied von der Erde ou des Kindertotenlieder (Chant sur la mort des enfants) en particulier.
La soirée fut un moment fort de la saison au point que das Lied von der Erde a fait sombrer dans les oubliettes le très intéressant Passacaille opus n°1 d'Anton Webern que le public avait largement applaudi. Mais le Chant de le Terre comme le chant des sirènes a imperceptiblement déplacé l'écoute des spectateurs vers lui, paralysant chaque membre du public dans son fauteuil de ses voix si envoûtantes. Le Chant de la Terre, c'était eux, c'était nous, comme un miroir.
Monaco – Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo – Gustav Mahler : « Le Chant de la Terre » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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