Blog de mes curiosités
25 Novembre 2018
Monaco - Institut audiovisuel - "Sueurs froides" d'Alfred Hitcock ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Boudé à sa sortie en 1958, Sueurs froides ou Vertigo selon son titre original d'Alfred Hitchcock n'en finit plus de rajeunir avec une nouvelle version restaurée. Il faut dire que le film, porté par James Stewart et Kim Novak, est aujourd'hui classé parmi les meilleurs films de l'histoire du cinéma. Illustration parfaite de ce que disait Alessandro Baricco : les œuvres d'art ne se font pas. Elles adviennent.
C'est donc cette version restaurée que Vincent Vatrican et son équipe de l’Institut audiovisuel de Monaco ont souhaité présenter à nouveau. Le public a donc pu voir et revoir ce qui est désormais une des références cinématographiques mais il lui a fallu être patient car lâcher Vincent Vatrican dans la présentation du maître du suspens, c'est s'exposer à ne plus pouvoir l'arrêter... c'est le propre des passionnés. Nul besoin de revenir donc sur cette soirée, le film ayant déjà été commenté par bien plus compétent, sauf pour dire qu’elle fut pour le public fort agréable.
Le film en revanche qui est une succession de souvenirs plus ou moins vrais aurait pu rappeler au public présent les Voom Video Portraits de Robert Wilson (série commencée 2004) et notamment celui consacré à Caroline de Monaco, présenté il y a quelques années au Nouveau Musée National de Monaco. Pourquoi ce parallèle ?
Ce qui ressort du Voom Video Portrait de Robert Wilson consacré à Caroline de Monaco, c'est la musique de Bernard Hermann. D'où sort cette musique lancinante ? Du film Vertigo au moment où Madeleine Elster (Kim Nowak) contemple le portrait de Carlotta Valdez au musée de San Francisco épié par Scottie Ferguson (James Stewart). Sur cette musique, le voom portrait filme en noir et blanc une femme de dos, les mains enlacées derrière dans la pénombre. Sur cette musique lancinante, la lumière va imperceptiblement dévoiler ce personnage très hitchcockien dans sa posture. La lumière va révéler également sa tenue une robe ouverte dans le dos. Puis, tout aussi imperceptiblement dans un mouvement descendant, la vidéo va renvoyer cette femme au crépuscule. Femme d'ombre et de lumière comme l'héroïne du film.
Certes mais c'est Kim Nowak l'héroïne du film pas Grace Kelly. Reprenons l'histoire : dans le film, une femme (Judy Barton) se fait passer pour une femme (Madeleine Elster) qui s'identifie à une autre (Carlotta Valdez) d'une autre génération, dans une double translation. Dans le Voom portrait, c'est une femme (Caroline de Monaco) qui apparaît comme une héroïne hitcockienne qui n'est pas sa mère (Grace Kelly) mais une autre (Kim Nowak) dans une double translation avec changement de génération également. Chacun connaît le travail intericonique de Robert Wilson sur les célébrités : Robert Downey Jr. devient ainsi le cadavre de la leçon d’anatomie de Rembrandt, Jeanne Moreau réincarne Mary Stuart, Lady Gaga pose comme Marat dans son bain… Chaque paire d'icône entre ainsi en interaction et produit un commentaire l'une sur l'autre. Ce qui fait l’originalité de ce portrait là est que la citation n'est pas entièrement iconique mais largement musicale.
Présenter le Voom portrait de Caroline de Hanovre avant Vertigo, aurait rajouté de l'abyme au vertige et provoqué sans aucun doute quelques sueurs froides.
« Sueurs froides » - « Vertigo » - Drame d’Alfred Hitchcock avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes – États-Unis - Date de sortie : 30 janvier 1959 – 129’
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Institut audiovisuel de Monaco - Site officiel
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Robert Wilson - Voom Portraits: Princess Caroline of Monaco
From Robert Wilson's "Voom Portraits" series.
Robert Wilson - Voom Portraits : Princess Caroline of Monaco