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[Musique – Opéra de Toulon-Provence-Méditerranée – Toulon] Lucia de lamermoor livrée à elle même

Opéra de Toulon-Provence-Méditerranée - Lucia de lamermoor - Gaetano Donizetti ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Toulon-Provence-Méditerranée - Lucia de lamermoor - Gaetano Donizetti ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Sur le papier, la production de Lucia di Lammermoor de gaetano Donizetti promettait. Il suffisait de jeter un œil au curriculum vitae impressionnant du metteur en scène Henning Brockhaus pour se laisser convaincre. La mise en scène de cette Lucia allait-elle enterrer celle de Frédéric Bélier-Garcia qui avait parfaitement fonctionné à l’opéra d’Avignon ? A une question d’un journaliste de la Marseillaise sur ce qu’il pensait de la distribution, Henning Brockhaus répondait quelques jours avant le premier lever de rideau : Le casting est très intéressant, les chanteurs sont parfaits pour ces rôles. Il est vrai que le metteur en scène n’est jamais consulté pour ces choix.

Et beaucoup à ce moment se sont sentis extrêmement soulagés car il faut immédiatement avouer que la qualité vocale du plateau et la parfaite direction musicale de Francesco Lanzillotta sont les deux seuls éléments qui sauvent cette production d’un naufrage en bonne et due forme. En matière de mise en scène, Henning Brockhaus a fait dans l’étique ! Peu d’idée, une toile style peau de pachyderme qui se dresse régulièrement pour pourvoir projeter, peau par ailleurs trop compacte pour réellement voir ce qui se joue derrière. Les projections de flots rappellent l’aspect maritime de l’Ecosse, les marguerites rappellent sans doute quelque chose mais nul ne sait quoi et pourtant, il y en a. Bref ce qui se joue dans les projections ne présente guère d’intérêt ce qui est fort dommage car cela représente près de 80 % de la scénographie de Josef Svoboda.

Pour occuper le plateau, le solo de harpe est donné directement sur scène. Soit ! Dans Peter Grimes à Monaco, Jose Cura avait bien exfiltré deux clarinettistes de l’orchestre pour les placer dans l’orchestre du village mais cela faisait sens. Pour quelle raison étrange la harpe a-t-elle été exfiltrée de la fosse dans Lucia ? Quel sens a-t-elle sur scène ? Là encore comme pour les marguerites, la question demeure. Quant à la direction d’acteurs, chacun la cherche vainement, les chanteurs ont les yeux vissés sur le chef, seul élément de stabilité et d’apaisement sur ce plateau où chacun semble entièrement livré à lui-même. Les plus inspirés dans leur jeu d’acteur ne semblent pas vraiment en pâtir comme Serenad Uyar dans le rôle-titre mais d’autres comme Roberto De Biasio dans le rôle d’Edgardo semblent complètement tétanisés. Dans un ultime effort, Roberto De Biasio tente à un moment de donner du mouvement à son personnage en reculant assis mais il emberlificote dans son manteau.

Comme visiblement rien de ce qui se voit sur le plateau ne correspond à ce qui peut se lire sur le papier, il semblait normal que Valentina Escobar, présentée comme la chorégraphe du spectacle se joigne à la règle commune et c’est effectivement chose faite ! Son curriculum vitae présente tous les ouvrages d’opéra auxquels elle a été associée et ce qui se déroule sur scène en est l’exacte contradiction.  Où alors elle a confondu les brumes d’Ecosse avec  les pots de crème du Casino de Paris, où bien elle n’a jamais fait travailler quiconque sur le plateau.  Les danseurs se contentent de tourner sur eux-mêmes, ils tournent et retournent leurs mains faute de proposition plus avisée. Avec un rien de papier crépon, ils sont bons pour la kermesse de fin d’année à l’école du coin. Lamentable !

Que reste-t-il de ce désastre scénique absolument indigent ? Fort heureusement, un plateau aux qualités vocales parfaitement dirigés par Francesco Lanzillotta. Serenad Uyar est une Lucia splendide. Très présente sur scène, elle porte la production sur ses épaules. Annoncé souffrant,  le baryton David Bizic (Enrico) fait bonne impression et Jean Teitgen (Raimondo) grâce à sa voix fait preuve d’autorité pour donner  du sens au plateau qui en manquait cruellement. Il est vrai que le metteur en scène n’est jamais consulté pour ces choix… Une chance !

Opéra de Toulon-Provence-Méditerranée - Lucia de lamermoor - Gaetano Donizetti ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon-Provence-Méditerranée - Lucia de lamermoor - Gaetano Donizetti ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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