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[Musique – Opéra Orchestre national – Montpellier] L’Ombre de venceslao… enfin !

Montpellier - Opéra Orchestre national - L'Ombre de Venceslao de Martin Martalon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Montpellier - Opéra Orchestre national - L'Ombre de Venceslao de Martin Martalon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Après l’annulation de dernière minute à l’Opéra du Grand Avignon l’an dernier, c’est vers Montpellier qu’il fallait se tourner pour assister à la plus proche représentation en weekend de L’Ombre de Venceslao, œuvre contemporaine de Martin Martalon sur un Livret de Jorge Lavelli d’après la pièce de Copi, créé à l’Opéra de Rennes le 12 octobre 2016. Cet opéra en deux actes aura donc fait du chemin et terminé son rodage en France avant de débuter dans quelques mois une carrière internationale.

Assister à une œuvre contemporaine en matière de lyrique n’est pas chose courante, il faut l’admettre, Montpellier s’était déjà illustré en décembre 2009 en présentant en création mondiale La Cantatrice Chauve de Gérard Calvi d’après la pièce homonyme  d’Eugène Ionesco. Si l’Ombre de Venceslao est coproduite par le Centre Français de Promotion Lyrique, huit maisons d’opéra française (Opéra Grand Avignon, Opéra National de Bordeaux, Centre Lyrique Clermont-Auvergne, Opéra de Marseille, Opéra de Reims, Opéra de Rennes, Opéra de Toulon Provence Méditerranée, Théâtre du Capitole de Toulouse, Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie), deux latino-américaines (Teatro Colon de Buenos Aires et Teatro Musico de Santiago du Chili) ainsi que par le Grame (Centre National de Création musicale, Lyon), il est encore pus rare que l’œuvre soit dirigée par son propre créateur, Martin Martalon et mise en scène par son librettiste : Jorge Lavelli présent dans la salle.

L’ombre de Venceslao suit les frasques d’une famille duelle et de son chef de famille, personnage fantasque et englué  dans sa double vie. L’œuvre nous promène des chutes d’Iguazú au nord de l’Argentine en pleine forêt tropicale jusqu’aux bas-fonds de Buenos-Aires sur fond de dictature militaire et le tout accompagné d’un perroquet, d’un singe et d’un cheval. Que nul ne s’y trompe, loin d’être un patchwork anecdotique d’une famille foutraque argentine, L’ombre de Venceslao est un conte, une allégorie de l’Argentine contemporaine qu’il faut lire comme tels sauf à passer à côté de l’esprit de l’oeuvre.

Dans le rôle mythique du gaucho, du pionnier, qui n’a rien à envier au Far-West question vocabulaire, insanités et abjection, Venceslao. Il représente l’Argentine mythique, celle des pionniers. Les deux branches de la famille qui se sépare représentent les deux parties du pays : le monde urbain, porteur d’espoir et de déserrance et le monde fantasmé d’avant quasi paradisiaque : celui de la nature sauvage.  Chacun cherche sa place, sa voie, ses amours, sa liberté. Les militaires en toile de fond évoquent les dictatures militaires récurrentes du pays dans les années 1960-1970 et le chant final d’une beauté splendide évoque la sempiternelle  conquête de la liberté sous la protection de l’ombre de Venceslao mort mais toujours vivant comme toutes les légendes tutélaires.

Pour faire vivre tout cela, pour passer des bas fonds de Buenos-Aires aux chutes d’Iguazú, Jorge Lavelli et Ricardo Sanchez-Cuerda ont conçu une scénographie simple, mobile permettant à l’aide de rideaux, de panneaux mobiles et de projections vidéos de passer d’un espace à l’autre : simple et efficace d’autant que l’ensemble est rendu vivant par les créations lumières de Jean Lapeyre. Si le perroquet est mécanique, Gueule de Rat, le cheval et le singe sont deux rôles muets mais essentiels tenus respectivement par Germain Nayl et Ismaël Ruggiero.

Thibaut Desplantes endosse le costume et le caractère tonitruant de Venceslao à merveille. Il piaffe, il insulte, il professe quinze insanités à la minute. A Buenos-Aires, les enfants demi-incestueux China et Rogelio sont interprétés par Estelle Poscio et Ziad Nehme avec l’insouciance de la jeunesse qui se sent pousser les ailes de la liberté, le ville leur sera fatale à cause du mafieux Coco Pellegrini brillamment interprété par Jorge Rodriguez.  A entendre Estelle Poscio, le public comprend pourquoi la représentation a été annulée par l’Opéra du Grand Avignon, : impossible de chanter le rôle avec la moindre trachéite et impossible de la remplacer au pied levé. Et enfin, Sarah Laulan impériale en Mechita, maîtresse de Venceslao, affublée du comique et pathétique Largui (Mathieu Gardon) clôture l’opéra de son chant qui deviendra c’est certain un des airs  de référence.

L’orchestre national de Montpellier sous la direction de Martalon est porté à la perfection conscient qu’il est de l’événement qu’il contribue à produire et que serait un opéra d’origine argentine sans bandonéon ?   C’est sans doute la raison pour laquelle les quatre bandéonistes Guillaume Hodeau, Anthony Millet, Victor Villena et Max Bonnay sont à la fois dans la fosse et sur la scène, à la fois musiciens et acteurs,  ils font partie d’un ensemble, ils font partie d’un tout, ils sont l’Argentine à eux seuls.

Montpellier - Opéra Orchestre national - L'Ombre de Venceslao de Martin Martalon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMontpellier - Opéra Orchestre national - L'Ombre de Venceslao de Martin Martalon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Montpellier - Opéra Orchestre national - L'Ombre de Venceslao de Martin Martalon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMontpellier - Opéra Orchestre national - L'Ombre de Venceslao de Martin Martalon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Montpellier - Opéra Orchestre national - L'Ombre de Venceslao de Martin Martalon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMontpellier - Opéra Orchestre national - L'Ombre de Venceslao de Martin Martalon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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