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[Cinéma – Cinéma Rialto – Nice] Vincent n’a pas d’écailles … et ne se noie pas dans un Verdon

[Cinéma  – Cinéma Rialto – Nice] Vincent n’a pas d’écailles … et ne se noie pas dans un Verdon

Sorte d’OVNI (objet visuel non identifié) sauf par les spécialistes qui avaient déjà repéré Thomas Salvador dans ses courts métrages (De Sortie, Une Rue dans sa longueur), Vincent n’a pas d’écailles est la bonne surprise printanière.

Alors que les super-héros archi-américains aux hyper-pouvoirs dans leur méga-costumes kitschissimes inondent régulièrement le marché, Vincent déboule sur nos écrans en se baignant dans les gorges du Verdon. Vincent semble débarquer d’on-ne-sait-où, Vincent vit visiblement d’expédiant, Vincent tente de travailler mais Vincent se fait houspiller.

Contrairement à certains super-héros qui passent du statut de journaliste ou de celui de secrétaire au statut de super-héros en se changeant dans une cabine téléphonique comme Superman ou en tournant sur elle-même comme Wonder-Woman, Vincent cherche à se mouler dans la vie locale et dans la vie sociale et il finit par se lier d’amitié avec un copain qui l’embauche, à se trouver un petit chez lui, à mal danser comme la plupart des hommes dans une soirée estivale et à séduire la fille qu’il a rencontrée sur les rives du Verdon.

Et pourtant, Vincent n’a rien à envier aux super-héros ; lui aussi a son secret : l’eau décuple ses forces. Espèce d’hybride entre Mark Harris de la série télévisée l’Homme de l’Atlantide incarné par Patrick Duffy et Steve Austin de l’Homme qui valait trois milliards incarné par Lee Major, notre attachant Vincent a une supériorité à nulle autre pareille : il n’est investi d’aucune mission ante-apocalyptique, n’est pas détenteur d’un message messianique et n’est pas davantage salvatoro-rédempteur.

Toute la finesse et tout l’intérêt du film résident en une seule question simple : comment se fondre dans la masse lorsqu’on est capable, humide, de balancer une bétonnière sur une voiture, trempé, de sauter sur un pont six mètres plus haut ou encore, mouillé, de rivaliser dans une course poursuite mémorable avec un hors-bord ?

Car Thomas Salvador dans sa fable nous livre sa réflexion sur la difficile gestion au quotidien de notre singularité en maniant un humour qui finit par envahir chaque scène. Mais un homme qui s’appelle Salvador, qui est capable d’être devant et derrière la caméra à la fois, qui cible juste avec son premier long métrage et qui ne se noie pas dans un Verdon, n’est-il pas, à l’écran comme à la ville, une sorte de super-héros au regard si doux ?

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