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[Musique – Opéra de Monte-Carlo - Monaco] Roméo et Juliette lost in Grimaldi Forum

Roméo et Juliette de Gounod - MES Jean-Louis Grinda
Roméo et Juliette de Gounod - MES Jean-Louis Grinda

Petit moment d’égarement passager au Grimaldi forum pour la représentation de l’opéra de Gounod, je ne reconnais pas les premières notes de Roméo et Juliette et c’est au moment où tout le monde se lève que je réalise que l’hymne monégasque avec chœur retentit pour la fête du Prince. Désolé pour ce lèse-majesté dû à mon incorrigible étourderie.

L’impression générale sur ce Roméo et Juliette pourrait presque être rigoureusement l’inverse de l’impression que j’ai eue pour Anna Bolena à Toulon. Ici, la mise en scène rigoureuse de Jean-Louis Grinda fait mouche. Pas de temps mort, un plateau toujours en mouvement même dans les scènes les plus lentes, une scénographie faite d’angles et d’arrondis qui sied aux « humeur » de la pièce ou plutôt de ses protagonistes et qui représente les différents lieux de Vérone, une création lumière qui nous fait habilement passer des moments de lutte aux moments intimes, des costumes rouges et bleus efficaces, l’ensemble fonctionne.

En revanche ce qui ne fonctionne pas ce sont les rôles éponymes. Si les rumeurs après la générale faisant grand cas du vibrato d’Anne-Catherine Gillet, qualifié par certains d’insupportable, c’est plutôt la faible puissance des voix qui m’ont davantage contrarié. Sans doute dans l’écrin feutré de la salle Garnier, les voix d’Anne-Catherine Gillet et du ténor sicilien Paolo Fanale eussent porté davantage mais dans l’immensité du Grimaldi forum, elles se perdent et il nous faut sans cesse tendre l’oreille.

En revanche, tous les rôles dits secondaires sans exception, Carine Séchaye, le page de Roméo, Christine Solhosse, la nourrice pour les femmes mais aussi Lionel Lhote en Mercutio, Xavier Rouillon (Benvolio), Marcel Vanaud, le Comte Capulet, Christophe Berry en Tybalt, Jean Teitgen (Frère Laurent) ou Philippe Rouillon en intraitable Duc de Vérone pour les hommes tiennent la pièce à bout de chant. Accompagnés de danseurs et de figurants, tous les artistes occupent l’espace, lui donnent corps et donnent vie à l’ensemble.

Quant à la direction musicale de Laurent Campellone, elle est précise, allie dynamisme et intimisme, et finit par nous faire oublier la faiblesse des deux protagonistes sensés à l’origine emporter l’adhésion.

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