Blog de mes curiosités
10 Juillet 2013
Quoi de plus magique que de retomber en enfance avec des spectacles qui nous prennent pour des adultes ? Fidèle au statut de son conventionnement, Théâtres en Dracénie, scène conventionnée « dès l’enfance et pour la danse », poursuit son travail dans ce sens depuis quinze ans. Vingt et un spectacle de théâtre, trois spectacles de théâtre d’ombre, dix spectacles chorégraphiques, un spectacle de cirque et dix spectacles musicaux seront proposés par le théâtre à partir d’octobre aux enfants de moins de quatre-vingt dix-neuf ans et aux adultes de plus de dix-huit mois.
Comme dans les autre scènes régionales, les directeurs ou anciens directeurs de théâtre nationaux ou de centres dramatiques nationaux feront un détour par la Dracénie : Muriel Mayette, administratrice générale de la Comédie-Française, présentera Bestiaire d’amour de Jean-Claude Carrière et Isabella Rossellini, spectacle qui sera associé à la projection de Blue Velvet de David Lynch au cinéma Eldorado de Draguignan. Georges Lavaudant, ancien directeur du Théâtre national populaire de Villeurbanne et de l’Odéon, proposera Cyrano de Bergerac. Jean-Claude Fall mettra en scène musicalement Un Fil à la patte de Georges Feydeau. Le directeur du centre dramatique national - Comédie Poitou-Charentes, Yves Beaunesne, s’attaquera à L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel.
Catherine Marnas, future directrice du centre dramatique national de Bordeaux, participera au programme ‘‘Dramaturgie arabe contemporaine’’, en mettant en scène le texte commandé à l’auteur Driss Ksikes : N’Enterrez pas trop vite Big Brother. Ce programme sera complété par deux textes mis en espace par les élèves de l’ERAC (Ecole Régionale des Acteurs de Cannes) et par deux textes mis en scène par des équipes artistiques arabes : Bye-Bye Gillo de Taha Adna, et Hello veut dire de Tarek Basha. Ce programme sera accompagné au cinéma Eldorado par la projection d’Intervention divine d’Elia Suleiman.
A Draguignan, le jeune public a son festival : Amarelles qui se déroule en janvier. Cinq spectacles au programme à voir en famille : Le Petit Poucet réécrit et mis en scène par Laurent Gutmann, directeur du Centre dramatique national de Thionville-Lorraine entre 2004 à 2010. Un Beau Matin, Aladin mis en scène par Charles Tordjman qui, hasard de programmation, fut directeur de la manufacture, centre dramatique national de … Nancy. C’est Pas Pareil ! mis en scène par la compagnie clandestine, compagnie régionale et « origamiste » d’Ester Bichucher et Denis Fayollat. Enfin deux créations collectives : Sirènes librement inspiré d’Andersen par le fil Rouge Théâtre et La République des enfants du collectif florentin Teatro Sotterraneo.
Présent également le théâtre d’ombre qui se fait rare sur les scènes régionales avec trois spectacles : Ninna Ô dont la conception, la mise scène et la manipulation seront assurées par Simona Acerbi, L’Enfant de la haute mer mis en scène par Aurélie Morin et Magie d’ombres... et autres tours par Philippe Beau qui animera des ateliers d’ombromanie à fréquenter en famille afin que le théâtre d’ombre n’ait plus de secrets pour vous.
L’Ogrelet de Suzanne Lebeau mis en scène par Marcello Chiarenza complètera la proposition « En Famille ».
Trois têtes d’affiche passeront à Draguignan : l’humoriste Kev Adams, Ariane Ascaride présente dans Le Dernier Jour du jeûne mis en scène par Simon Abkarian et Pierre Arditi dans Comme s’il en pleuvait mis en scène par Bernard Murat.
Deux compagnies régionales majeures présenteront leur spectacle à Draguignan : François Cervantès de la compagnie L’Entreprise poursuivra sa recherche sur le personnage du clown avec Carnages, alors qu’Alexandra Tobelaim proposera La Part du colibri, fable écologique d’anticipation tirée des écrits de Stéphane Jaubertie, Françoise Du Chaxel et Pierre Rabhi.
Deux autres spectacles Tout mon Amour de Laurent Mauvignier par le collectif Les Possédés et Woyzeck de Georg Büchner que le metteur en scène Jean-Pierre Baro confrontera avec l'histoire de son propre père, travailleur immigré sénégalais arrivé en France dans les années 1960, complèteront la saison.
Deux monstres du théâtre s’associeront pour la première fois : Catherine Anne et Joël Pommerat. Connus l’un et l’autre pour leur écriture pour la jeunesse, Joël Pommerat mettra en scène de jeunes comédiens dans un texte qu’il n’a, pour une fois, pas écrit : Une Année sans été de Catherine Anne. C’est sans doute l’immanquable de la saison.
En mars, Les Vents du Levant, festival de danse célèbreront la Méditerranée. Ce que le Jour doit à la nuit du chorégraphe Hervé Koubi ouvrira le festival sur sa mémoire de l’Algérie. Deux spectacles rendront hommage à deux figures féminines de la Méditerranée : Maria Callas avec Là, Callas de Yalda Younes sur une idée de Gaspard Delanoë et Oum Kalthoum dans le spectacle Sous leurs Pieds, le paradis dans lequel Radhouane El Meddeb et Thomas Lebrun danseront sur ‘‘Al Atlal’’ (les ruines) d’Oum Kalthoum en hommage aux héroïnes, aux sœurs, aux mères. L’Espagne sera présente à trois reprises : Antonio Gades chorégraphiera en six tableaux Noces de sang d’après l’œuvre de Federico Garcia Lorca et Suite flamenca. La compagnie chorégraphique Aracaladanza avec Constelaciones vous entrainera dans l’œuvre de Miro. Roger Bernat, l’un des chefs de file des arts de la scène contemporaine espagnole, rendra un double hommage : hommage au Sacre du Printemps qui a cent ans et à Pina Bausch qui en a livré en 1975, une interprétation encore présente sur les scènes et dans les mémoires. Hommage d’un autre type avec ‘‘iTMOi’’ (in the mind of Igor)d’Akram Khan, qui nous livrera une version très personnelle du Sacre du Printemps.
Cinq autres compagnies chorégraphiques ponctueront la saison : deux figures majeures de la scène française, version Hip Hop avec Kader Attou du centre chorégraphique national de La Rochelle qui présentera The Roots et version classico-contemporain avec Benjamin Millepied, prochain directeur des ballets de l’Opéra de Paris, pour L.A Dance Project. Deux compagnies ont le vent en poupe sur les scènes de la région : nous retrouverons sur le plateau de Théâtres en Dracénie : Au-delà de Delavallet Bidiefono présent également au Carré ou à Châteauvallon et la compagnie israélienne Batsheva Dance Company, présente également à Châteauvallon avec Sadeh21 chorégraphié par Ohad Naharin.
En cirque, la compagnie australienne Circa reviendra avec Wunderkammer (La Chambre des merveilles) spectacle étonnant et plein d'humour, sorte de cabaret intime pour sept acrobates.
En musique, deux festivals animeront la saison. En octobre, le festival des musiques insolentes produira, outre l’Electric Pop Art Ensemble et ses constructions ‘‘noise’’, deux couples insolents : la juive séfarade à la voix magique, Françoise Atlan et le Palestinien de Gaza, Moneim Oudwan et son luth puis Raymond Boni et Raphaël Saint-Rémy pour un duo harmonica et hautbois. En novembre, le festival de jazz réunira les américains Lillian Boutté pour une soirée jazz et Big Daddy Wilson pour une soirée blues.
Dans le reste de la saison, la chanson française sera également à l’honneur avec Olivia Ruiz et Albin De La Simone. Côté anglais, Thierry Balasse, accompagné de huit musiciens interprétera sur scène, en live, l’album phare des Pink Floyd La Face cachée de la lune spectacle qui sera mis écho avec Good Morning England de Richard Curtis au cinéma Eldorado.
Le classique ne sera pas oublié avec Katia et Marielle Labèque pour un concert autour de Maurice Ravel et de Leonard Bernstein, Edouard Ferlet et son Think Bach dans lequel il repensera l’œuvre de Jean-Sébastien Bach à la lueur du jazz ou encore Les trois Mousquetaires que Julien Joubert transformera en opéra protéiforme avec chœurs professionnel et amateur.
Deux autres spectacles complèteront l’offre musicale : Pour Orillas (Les deux Rives), le guitariste gitan Juan Carmona sera accompagné par l’Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon et avec 80 000 000 de Vues, Nathalie Négro nous offrira un opéra-slam pour deux chanteuses, un ensemble de quatre musiciens et un dispositif multimédia.