Blog de mes curiosités
23 Décembre 2016
Au programme du Monaco Dance Forum, une pièce chorégraphique pour six danseurs intitulée OCD Love ou OCD Amour… tout un programme mais visiblement, certains qui ont rapidement quitté la salle n’avaient pas lu le programme et comme les absents ont toujours tort, petite explication.
OCD Love est la nouvelle création de L-E-V Dance Company créée en 2013 par Sharon Eyal et Gai Behar. Ni l’un ni l’autre ne sont des inconnus des scènes méditerranéennes car ils ont travaillé pour la Batsheva Dance Company de 1990 à 2008 pour Sharon Eyal, à partir de 2006 pour Gai Behar. La Batsheva Dance Company a été fondée en 1964 par Martha Graham avec le soutien de la baronne Batsheva de Rothschild dont elle tient le nom.
Cette simple curiosité aurait pu déjà mettre la puce à l’oreille de ceux qui croyaient voir Giselle. Si d’aventure ils avaient jeté un œil sur l’équipe, les spectateurs auraient noté que la musique était signé DJ Ori Lichtik, avec lequel Sharon Eyal et Gai Behar ont déjà collaboré. Sans être grand clerc, ce très bref renseignement nous éloignait du Lac des Cygnes ou de Casse-Noisette.
Contemporain donc, et du contemporain rythmé voire pulsé au service d’une quête immémoriale … l’Amour… l’amour qui manque encore et toujours. Pendant un peu moins d’une heure, six danseurs, quatre hommes et deux femmes, cherchent donc à nous mettre le cœur (le lev en hébreu) dans tous ses états amoureux.
Cela commence par un solo, très lent, très souple, très beau, au son métronomique des battements d’un cœur en éveil. Le mouvement calme, apaisé semble les innocentes amours des cours d’école, celui des premiers âges de la vie. Puis après ce long passage reposant, le cœur comme les amours connaissent un trouble énergique, obsessionnel, compulsif qui passera par plusieurs phases, plusieurs combinaisons, plusieurs trahisons, plusieurs réconciliations. Et ces amours là n’auront plus rien de cet apaisement primitif, elles seront différentes c’est tout.
Le groupe petit à petit se complète, se disperse, danse à un, à deux, à trois, à quatre, à cinq ou à six. Les mouvements semblables puis contraires des danseurs font et défont symboliquement les couples. L’harmonie un temps atteinte s’effiloche à nouveau et passent les années et les aventures mais la mission s’avère toujours aussi périlleuse et la construction bien incertaine. Le danger vient de soi, de l’autre, d’un(e) troisième, et la construction vole en éclat pour repartir sous une autre forme.
Certes le titre du spectacle est emprunté au texte "OCD" de Neil Hilborn, jeune slameur américain qui a affolé la toile avec son texte autobiographique résumable ainsi : Comment parvenir à trouver l'amour lorsqu'on est atteint de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ? Sans doute le texte a-t-il donné sa forme « obsessionnelle » au spectacle mais que le jeune homme se rassure… l’humanité entière est atteinte depuis des siècles par les mêmes troubles obsessionnels du comportement : trouver l’Amour, le faire vivre, le retenir, le faire durer.