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Blog de mes curiosités

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[Danse-Théâtre – Grimaldi Forum – Monaco] Vollmond, Pina Bausch : notre humanité à la pleine lune

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir dans la même semaine Knight of cups de Terrence Malick et Vollmond de Pina Bausch ne saurait procéder de la simple coïncidence ou alors il est des coïncidences provoquées qui frisent l ‘acte manqué. Deux œuvres-matériau desquelles le spectateur se forge son imaginaire, deux œuvres dont le chaos finit par fabriquer du sens, deux conceptions nerveuses de la vie, deux œuvres dont chaque facette est soigneusement maîtrisée, pesée, sentie. Décidément, la ressemblance est trop évidente pour être fortuite et involontaire. Une conclusion s’impose : j’aime ce type de parti pris.

Invariablement, spectacle après spectacle, la conception chorégraphique et théâtrale de Pina Bausch me fait penser à l’écriture de Marguerite Duras : Pina Bausch sous l’apparente répétition des gestes ou Marguerite Duras dans l’apparente répétition des mots et des phrases nous convie à voir un même geste, une même phrase, un même mot sous tous ses angles. Toujours semblables, toujours différents, excellente manière de jouer de nos certitudes. La chorégraphie de la fin du spectacle s’apparente à celle du début, et pourtant si nous sommes toujours nous-mêmes au bout de cette révolution nous ne pouvons plus être tout à fait les mêmes… bref, toujours nous-mêmes, en différent.

Se mouvant autour d’un rocher et évoluant dans l’eau qui sculpte tableau après tableau une scénographie vivante et singulière, les interprètes semblent galvanisés par la pluie, le ruissellement et nous renvoient à nos propres souvenirs. L’eau a ce pouvoir particulier chez la jeunesse d’être le détonateur, de jeux, d’arrosage, de pratiques collectives, d’être le révélateur de rencontres d’un jour ou de toujours. L’eau est ici à la fois l’élément apaisant et l’élément perturbateur.

La fougue du plateau est à l’image de la fougue de notre humanité qui s’aime, se déchire, s’entretue, se réconcilie, se bat, s’embrasse, s’aime, se déteste, se retrouve au fil des saisons, au fil des années, au fil du temps qui passe, au gré de la pleine lune. Notre humanité, notre histoire collective, notre histoire intime est duelle, oscillant entre violence et amour, entre déséquilibre et stabilité, toujours ballotée entre nos deux pôles émotionnels. Mais cette dualité qui nous est propre s’exprime chez Pina Bausch jusque dans le mouvement. La force du geste chorégraphique tient autant de la violence des corps qui se télescopent que de l’extrême force des doigts qui en tournant semblent entrainer le corps des danseurs tout entier. Les interprètes sont entièrement, puissamment investis dans leurs personnages, engagent toutes les parties de leur corps dans la bataille et mettent toute leur énergie au service de la pièce.

Ils sont douze seulement sur scène, six hommes, six femmes. «50000 hommes et moi, cela fait 150000» aurait dit Napoléon, douze interprètes et Pina Bausch, vous fabriquent une humanité en l’espace de deux heures le plus pacifiquement du monde en vous laissant toute liberté pour la réceptionner en fonction de votre propre ressenti.

Quelle force !

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Pina Bausch - Vollmond - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comPina Bausch - Vollmond - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comPina Bausch - Vollmond - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Pina Bausch - Vollmond - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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H
Entièrement d'accord
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