Blog de mes curiosités
31 Juillet 2016
Les recherches généalogiques peuvent réserver de temps à autre des surprises. Lors de mes dernières recherches sur une des miennes quadrisaïeules, je me suis attelé à lui adjoindre frères, sœurs, force neveux et nièces dans un souci de voir appliquer à mon arbre le biblique Croissez et multipliez vous !
Dans les recherches généalogiques, histoire de faire durer le suspens, afin de n’oublier personne, je commence par repérer les naissances, trouver les mariages, repérer les rejetons éventuels puis de manière ante-chronologique repérer les morts sachant que la mortalité fauche toujours facilement en ces temps de début d’industrialisation.
En procédant ainsi Désiré-Claude Toussaint, fils ainé de Joseph-Sérapion Toussaint, fut le premier des deux frères à convoler en justes noces avec Joséphine Pinglé et à légitimer la petite Denise-Adrienne arrivée plus vite que prévu. Le frère cadet présent au mariage du plus grand se maria à son tour … en l’absence de son frère ainé. « Pas très sympathique » pensai-je immédiatement. C’est en retournant en sens inverse surpris de l’unicité de l’enfant trop tôt arrivé que je suis tombé sur l’acte de décès de ladite Joséphine Pinglé, décès constaté par son père et son frère à défaut encore du mari.
« Trouvé morte sur la lisière du bois de la Garenne au lieu dit la Beuvelotte » disait l’acte de décès. Ma curiosité titillée par tant de mystère me transforma en Hercule Poirot dans Cinq petits Cochons tentant de résoudre une énigme des années plus tard. Las ! Un rapide tour sur le matricule militaire de Désiré-Claude Toussaint me prit de court, les gendarmes de l’époque ayant été plus prompts.
« Condamné par arrêt définitif de la cour d'assises de Meurthe et Moselle en date du 6 août 1896 à la peine de travaux forcé à perpétuité et déchéance de la puissance paternelle pour assassinat » dixit le matricule militaire. « Exclu de l’armée en vertu de l’article 4 de la loi du 15 juillet 1889 » et « décédé à Saint-Laurent du Maroni (Guyane) le 25 septembre 1907 » précise en outre ledit matricule.
Entre le 12 juin 1896 date de l’assassinat et la condamnation définitive du 6 août 1896, il se sera donc écoulé moins de deux mois pour mener l’enquête, confondre le suspect, réunir la cour d’assises et trancher (symboliquement s’entend !) pour décider de l’envoyer au bagne … expéditif ! Il se trouva donc au bagne la même année qu’un autre condamné célèbre innocenté depuis : Alfred Dreyfus. Il me faut désormais consulter les minutes du procès afin de savoir comment il a pu échapper à la peine capitale.
/http%3A%2F%2Fanom.archivesnationales.culture.gouv.fr%2Ftheme%2Fimages%2Fir%2FANOM.gif)
Condamnés aux bagnes coloniaux
Introduction De 1852 à 1953, plus de 100000 condamnés ont subi leur peine dans les bagnes coloniaux, dont les plus importants furent en Guyane et en Nouvelle-Calédonie. Sous le terme " bagne ", ...
http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/bagnards_dossiers_individuels/
Le site des archives nationales d'outre-mer