Blog de mes curiosités
6 Avril 2016
Soirée attendue au théâtre de Grasse avec un programme réservé à la Jazz Dance Company. Apparu dans les années 50, le modern jazz se fait rare sur les scènes régionales alors qu’il connaît un certain nombre de défenseurs dont Géraldine Armstrong.
Avec un programme composé de quatre pièces, Géraldine Armstrong propose deux de ses anciennes créations : Run Man Run (2014) et Hard Time Blues (2015) qu’elle fait dialoguer avec un extrait de I Have a dream de Bruce Taylor (21013) et Get Higher de Wayne Barbaste. Le lien entre ces créations passe à la fois par la musique (gospel et blues) et par une danse expressive rappelant à elles deux, brimades et combats du peuple noir américain.
Géraldine Armstrong montre sa fidélité à la technique de la danse modern jazz. Les danseurs sont extrêmement précis, les mouvements chorégraphiques d’ensemble sont réglés au millimètre. Les spectateurs prennent un évident plaisir visuel face à cette démonstration chorégraphique. Géraldine Armstrong reste également fidèle à l’esprit avec un programme d’une grande générosité. Get Higher de Wayne Barbaste déclenche par son rythme endiablé une vague d’hystérie dans la salle qui en redemande au point que le ballet bissera le final pour la plus grande joie du public.
Et cependant, il y a malgré tout un goût amer qui demeure une fois l’enthousiasme retombé. Outre la pièce de Wayne Barbaste qui donne à réfléchir sur le sens du modern jazz, ses origines, ses digressions, ses variantes, son succès, les trois autres pièces dont les deux de Géraldine Armstrong n’ont pas le propos aussi net au point que certains dans le public en lisant les courts synopsis du programme s’interrogeaient pour savoir si l’ordre des œuvres n’avait pas été inversé tant la description pouvait coller indifféremment à l’une comme à l’autre.
Hormis cette légère amertume, l’ambiance générale de la soirée et surtout la mine épanouie du public sortant du théâtre tout sourire, montraient que le théâtre avait rempli une de ses fonctions : un peu de bonheur dans ce monde de brutes !
Théâtre de Grasse - Jazz Dance Company - Géraldine Armstrong ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com