Blog de mes curiosités
15 Février 2016
Au programme de cette soirée à un horaire inhabituel pour l’orchestre, trois œuvres sous la direction de Jeffrey Tate, grand habitué de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo qu'il avait déjà dirigé en mai dernier. Est-ce l’horaire inhabituel ? Est-ce le programme avec deux œuvres du XXème siècle ? Est-ce la concurrence du film Notre Petite Sœur d'Hirokazu Kore-Edda projeté dans le cadre des activités de l’association Monaco-Japon ? Toujours est-il que la salle semble bien vide. Nul risque d’avoir à faire remiser les portables dans les sacs faute de voisins à gauche, à droite, devant ou derrière.
La pièce de Gorge Benjamin intitulée Ringed by the flat horizon de 1980 tire son titre d’un poème de Thomas Stearns Eliot
Quelles sont ces hordes voilées qui pullulent
Sur les plaines sans borne, et qui trébuchent sur la terre craquelée,
Que seul cerne le plat horizon ?
Elle met en présence des éléments antagonistes qui peuvent être aussi bien les éléments déchainés ou calme de la nature que les antagonismes violents de nos civilisations. Les guerres actuelles nous en présentent hélas le terrible et lamentable spectacle. La pièce de George Benjamin s’ouvre et se clôt par un son de cloche : « Puis les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner. Le premier sonna de la trompette, et de la grêle et du feu mêlés de sang s'abattirent sur la terre. Le tiers de la terre fut brûlé, le tiers des arbres fut brûlé et toute herbe verte fut brûlée » nous révèle l’Apocalypse. Ici l’inquiétante introduction laisse bientôt éclater la tension, les instruments s’opposent et il faut tout le talent de Thierry Amadi dans ses soli de violoncelle pour résister aux percussions semant l’effroi.
Après avoir frôlé la mort dans la première partie, la soprano Annette Dasch qui remplace au pied levé Emily Magee, souffrante vient nous interpréter Vier letzte Lieder (Quatre derniers Lieder) de Richard Strauss. S’il faut remercier chaleureusement Annette Dasch d’avoir accepté de remplacer au débotté Emily Magee, il faut également souligner l’interprétation très sage des Quatre derniers Lieder. L’ensemble est intéressant mais ne semble pas avoir véritablement d’âme. Visiblement, nul n’a voulu prendre de risque dans des délais de répétition aussi courts.
Jeffrey Tate semble avoir fait beaucoup répéter l’orchestre pour la pièce de George Benjamin généralement peu jouée. Il a dû, nécessité faisant loi, faire travailler l’orchestre et Annette Dasch pour assurer la représentation des Quatre derniers Lieder. Visiblement, il n’aura pas eu le temps de réellement travailler avec l’orchestre la Symphonie n°1 en ut mineur, opus de Johannes Brahms au point qu’à force de prudence et de tempi ralentis, l’exécution un peu ennuyeuse n’a pas ravi l’auditoire. Même si cette exécution ne restera pas comme une de ses meilleures prestations, le public n’en a pas mois célébré comme il se doit Jeffrey Tate lui rendant les honneurs qu’il mérite depuis si longtemps.
Auditorium Rainier III - Monaco Jeffrey Tate et Annette Dasch - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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