Blog de mes curiosités
21 Février 2016
« Deux jeunes Italiens émigrent en Amérique juste avant la guerre de 14-18. Ils finissent par arriver à Hollywood, où ils gagnent la confiance du fameux réalisateur David W. Griffith, qui les embauche pour réaliser des décors monumentaux(…).Good Morning, Babilonia est une suite étourdissante d'anecdotes, de fanfreluches d'époque, un défilé de personnages, de gags, d'émotion et de beauté. ». C’est ainsi que le journal Télérama rendait compte du film des Frères Taviani Good Morning, Babilonia il y a bientôt trente ans.
De ce point de vue, la critique pourrait s’appliquer à Ave, Cesar ! de Joël et Ethan Coen, film qui pourrait constituer la suite logique du premier. Nous ne sommes plus à l’époque de Griffith mais à l’époque de l’âge d’or hollywoodien, véritable industrie planétaire du rêve. L’exploration d’Hollywood ne passera pas par le décor mais par les yeux d’Eddie Mannix (Josh Brolin), fixeur ou, autrement dit, désembrouilleur d’ennuis que les studios engagent pour éviter caprices de star, publicité d’affaires de mœurs, communication d’éthylisme et autres pannes de tournage faute de comédien sous-contrat disponible.
Pris dans un tourbillon de prises de vue de superproductions qui passent de la sirène, star du moment (scarlett johansson) et son plongeon, au drame psychologique du réalisateur Laurence Laurentz (Ralph Fiennes) avec un acteur de western cascadeur qui ne sait pas allonger trois mots (Alden Ehrenreich), Eddie Mannix doit notamment régler la disparition du célèbre acteur Baird Whitlock (George Clooney) kidnappé en toge par des truands en pleine adaptation de la Bible en Technicolor.
Le rythme est endiablé comme une journée de multiples tournages dans les studios hollywoodiens, croise plusieurs histoires, multiplie les gags, se veut caustique, aborde les différents genres du cinéma hollywoodien, est porté par des comédiens qui n’hésitent jamais à jouer de leur image jusqu’à être leur propre caricature. En cela il est une réussite.
Mais, pour continuer la comparaison, le film évoque les déboires du cinéma comme Singing in the Rain de Stanley Donen l’avait fait en 1952 et copie le rythme thriller de Qui veut la peau de Roger Rabitt ? de Robert Zemeckis de 1988. Le film multiplie clins d’œil et allusions au cinéma Hollywood mais est-il vraiment novateur dans sa manière d’aborder le sujet ? Si le film reste plaisant à regarder, le spectateur se surprend cependant à regarder sa montre de temps en temps, signe d’un film qui n’est pas complètement abouti. Mais… avait-il vocation à l’être ?
Ave, Cesar ! de Joel et Ethan Coen - Comédie, Comédie musicale, Policier avec Josh Brolin, George Clooney, Alden Ehrenreich – États-Unis – Royaume-Uni - Date de sortie : 17 février 2016 - 1h 40’