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[Opéra – Katia Kabanová - Toulon] : Katia Kabanová finit par prendre l’eau

Katia Kabanová
Katia Kabanová

Faute d’avoir pu m’y frotter il y a quelques années à Génes où il avait été déprogrammé au dernier moment pour des raisons budgétaires, je pouvais enfin découvrir l’opéra Katia Kabanová de Leoš Janáček à l’opéra de Toulon.

Proche de la pièce L’Orage du dramaturge russe Alexandre Ostrovski, Katia Kabanová pourrait être une sorte de Madame Bovary russe, qui vit auprès de son insignifiant mari une vie morne dans un environnement familial étouffant et opprimant dirigé d’une poigne de fer par Kabanicha, la belle-mère. Si Madame Bovary choisit le poison, Katia Kabanová par tradition littéraire slave choisit la noyade dans la Volga toute proche.

Les musiciens et les chanteurs ont été longuement et chaleureusement applaudi par le public, signe que musicalement l’opéra est une réussite. Alexander Briger à la direction mène parfaitement l’orchestre de Toulon dans cette découverte musicale. Les rôles principaux Christina Carvin (Katia Kabanová), Marie-Ange Todorovitch (Kabanicha), Valentine Lemercier (Varvara), Elmar Gilbertsson (Kudriach), Ladislas Elgr (Boris), Zwetan Michailov (Tikhon, mari de Katia) ou Mikhail Kolelishvili (le négociant Dikoï) forment un plateau homogène avec des voix à la hauteur de l’événement. Même les rôles secondaires, comme Kouliguine (Sébastien Lemoine), Glacha (Caroline Meng) et Fekloucha (Elisabeth Lange) sont parfaitement distribués et le chœur est au rendez-vous.

C’est au niveau de la mise en scène de Nadine Duffaut que Katia Kabanová déçoit largement : accueilli par un visage christique dont on se demandera in fine ce qu’il venait faire là, le public découvre la scénographie conçue par Emmanuelle Favre. Elle est esthétique, très plastique, bien éclairée grâce au travail de Jacques Chatelet ; elle permet le passage d’une scène à l’autre mais ne fonctionne pas. Le comble est atteint par la présence de l’eau qui finit par poser problème à tout le monde au point que Katia Kabanová se suicide … en sortant par la porte pour mieux revenir à pied sec par le fleuve dans les bras d’un figurant … j’en ris encore. Supprimez-moi ce fleuve !

Le plus grave est que la scénographie tourne à vide faute d’une quelconque direction d’acteur : laissés en roue libre, les chanteurs se déplacent comme ils peuvent, ne semblent pas concernés par ce qu’ils font en tant que comédiens et n’expriment finalement rien : malgré ses efforts, Marie-Ange Todorovitch ne parvient pas à faire peur, (Kabanicha), les couples d’amants (Katia Kabanová /Boris et Varvara/Kudriach) ont l’air aussi passionnés qu’un lapin de garenne pour une carpe. Elmar Gilbertsson (Kudriach) tourne en rond avec son vélo histoire d’occuper la scène mais au moins il essaie.

Fort heureusement, les chanteurs livrés à eux-mêmes finissent par se concentrer sur le chant permettant à une œuvre qui prend l’eau, de ne pas sombrer.

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Opéra de Toulon - Katia Kabanová  © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Toulon - Katia Kabanová © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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