Blog de mes curiosités
8 Février 2013
Soirée à l'opéra de Nice avec l'orchestre philharmonique de Nice dirigé par Pierre-André Valade pour trois concerts symphoniques.
Deux habitués du CIRM en première partie avec deux pièces déjà anciennes puisqu'elles ont été composées respectivement en 2001 et 1997:
- Shuya Xu, actuel président du conservatoire de Shanghai, que le CIRM a accueilli en résidence en 2004 et la pièce qui l'a fait connaître : Nirvana,
- Ivo Malec et Sonoris Causa.
En deuxième partie, la pièce d'Edgar Varèse, qui fit scandale à sa création en 1954 : Déserts pour orchestre et bandes magnétiques.
Quand on voit ce que sont devenus quelques uns des «grands scandales» théâtraux, cinématographiques, musicaux ou chorégraphiques, d' Hernani de Victor Hugo à Tarnation de Jonathan Caouette en passant par Carmen de Georges Bizet, Pelléas et Mélisande de Claude Debussy ou le Sacre du printemps de Stravinsky, je dois dire que j'avais hâte d’entendre Déserts.
Complètement raté ! Outre que l’œuvre contrairement aux autres a considérablement vieilli (parties symphoniques entrecoupées par une musique concrète enregistrée sur bande magnétique qui contraint l'orchestre au silence), le bal des casse-pieds s'était donné rendez-vous pour provoquer une bronca lors des passages sur bande magnétique ... comme au bon vieux temps, comme à la création.
Quand j'ai demandé à l'un des responsables quelques temps après l'intérêt d'une telle manifestation, il m'a avancé trois arguments : le CIRM avait communiqué uniquement sur le scandale, on ne peut plus contester d’œuvres ou d'interprétation aujourd'hui et nul ne peut imaginer redonner une œuvre dans le même contexte qu'à l'époque.
Sauf que :
- en ne réagissant qu'au plan com’ et non aux œuvres, j'ai bien peur qu'on ne passe à côté de l’œuvre elle-même,
- en ignorant les grandes broncas dont sont coutumiers certains publics (cf. La dernière bronca contre la très médiatique Cecilia Bartoli à la Scala de Milan ou les films sifflés au festival de Cannes), les fauteurs de troubles me laissent sceptique sur leur propre culture,
- en contestant l’œuvre aux mêmes endroits qu'à l'époque, j'ai la fâcheuse impression d'une redite sans intérêt.
L'écoute même de l’œuvre aurait simplement permis aux deux autres pièces de rester en mémoire, las ! Tout le monde parle du nouveau scandale, presse nationale en tête ... beau coup de pub' mais médiocre intérêt. "Hé ! Les gars ! ça va être le centenaire du Sacre du printemps ! Vous préparez vos sifflets ?"