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[Musique – Opéra de Monte-Carlo - Monaco] Falstaff de Giuseppe Verdi : « Tout dans le monde est farce »

Monaco - Opéra de Monte-Carlo - Falstaff de Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Opéra de Monte-Carlo - Falstaff de Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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La légende dit que c’est Arrigo Boito, librettiste de Wagner qui l’aurait convaincu après le succès d’Otello d’écrire un opéra bouffe basé sur les Joyeuses commères de Windsor de William Shakespeare. Après le drame, la comédie et Giuseppe Verdi le dit musicalement dans Falstaff avec la fugue Tutto nel mondo è burla (Tout dans le monde est farce). Représenté pour la première fois à l’Opéra de Monte-Carlo, le 29 mars 1919, époque où le rire était le bienvenu, la production de ce soir est la reprise du spectacle proposé en mars 2010 avec un changement de distribution et de direction d’orchestre.

 

Est-ce pour renforcer l’esprit comique que Jean Louis Grinda a transformé le plateau en une gigantesque basse-cour ? Dans sa note de mise ne scène, il indique vouloir faire la jonction avec Chantecler d’Edmond Rostand, pièce de théâtre créée en 1910 et mettant en scène Chantecler, coq vaniteux et fort naïf qui tombe sous le charme d’une poule faisane. Jorge Jara a donc adapté les costumes anthropomorphiques aux animaux de la ferme voulus par la mise en scène. Outre ce parti pris de mise en scène, Jean Louis Grinda a demandé à Rudy Sabounghi une scénographie constituée de livres géants, tous en rapport avec le sujet, qui servent à modeler l’espace.

 

Dans la fosse, Laurent Benini mène la danse et la sarabande en imprimant un rythme fougueux à l’ensemble. La direction est enjouée comme l’orchestre ce qui sied parfaitement à la comédie. Sur scène, les chœurs  de Stefano Visconti, peu sollicités dans l’œuvre sont néanmoins efficacement présents. Les trois hommes de la situation Nicola Alaimo (Sir John Falstaff), Jean-François Lapointe (Ford, mari d’Alice) et Enea Scala (Fenton) sont en grande forme. Que ce soit le timbre, la puissance de la voix ou le jeu d’acteurs, ils assurent le succès de l’opération. Ils sont d’ailleurs efficacement soutenus par Carl Ghazarossian (Le Docteur Caius), Rodolphe Briand (Bardolphe) et Patrick Bolleire (Pistolet).

 

En revanche, la contribution féminine à l’ensemble est plus discutable. Si Vannina Santoni (Nannette) et Annunziata Vestri  (Mrs Meg Page) se sont fondues sans problème dans leur personnage et l’animent fort bien. Anna Maria Chiuri semble un peu terne en Mrs Quickly. Quant à Rachele Stanisci (Mrs Alice Ford), outre que le timbre n’est pas des plus jolis, sa voix passe difficilement l’orchestre.

 

Reste le problème majeur de la proposition : le parallèle entre Falstaff et Chantecler est-il si net ? Chantecler et Falstaff sont-ils interchangeables ? Est-il réellement pertinent de vouloir en faire la jonction ? Ces deux œuvres ne seraient-elles pas comme deux pièces de puzzle que l’on forcerait à rendre complémentaires ? Et que viennent faire les livres géants dans tout cela ? Quel sens ont-ils ? Le parti pris de mise en scène devient dès lors la principale faiblesse de la proposition. Mais fort heureusement, la musique, les voix et le talent de comédien des principaux protagonistes auront sans doute permis à beaucoup de franchir cet obstacle.

Monaco - Opéra de Monte-Carlo - Falstaff de Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Opéra de Monte-Carlo - Falstaff de Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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