Blog de mes curiosités
28 Octobre 2018
Si vous ne connaissez pas la fondation Pierre Gianadda à Martigny en Suisse, vous n’avez que quarante ans de retard. Quarante ans et 10 millions de visiteurs après sa création, la fondation Pierre Gianadda voulait marquer l’événement par un second événement : une rétrospective de la carrière de Pierre Soulages. Si vous n’êtes guère porté vers l’ultra-noir de Pierre Soulages, vous pouvez toujours faire le tour de la création contemporaine dans les jardins. Si vous n’êtes pas spécialement porté sur les arts plastiques, vous pouvez toujours vous tourner vers la musique : la saison de concert est impressionnante et les photos de Cecilia Bartoli qui ponctuent les couloirs de la fondation laissent à penser qu’elle est ici chez elle. Et si d’aventure, l’art vous laisse de marbre, vous pourrez toujours vous diriger vers le sous-sol, lieu d’exposition des voitures de collection de Pierre Gianadda.
Arriver dans un lieu d’exposition consacré à Pierre Soulages peu de temps après l’ouverture des portes et un jour de semaine vous procure un immense avantage… la faible influence vous laisse le temps de vous poser tranquillement devant les œuvres qu’un rapide tour d’horizon ont attiré votre regard. Mieux encore, cela vous permet, suprême jouissance, de changer de point de vue ce qui chez Pierre Soulages est plus qu’une recommandation… une obligation. Une heure après, devant le flot des visiteurs, vous vous félicitez d’être arrivé si tôt.
La rétrospective Pierre Soulages explore les différentes périodes, les différents supports ou les différents formats de l’artiste. Elle évoque l’Ultra-noir, les papiers Soulages, les esquisses des vitraux de Conques, les photographies de l’artiste au travail, etc. L’avantage d’une rétrospective est qu’elle vous offre en un seul lieu une anthologie de la création. Elle pourrait être adaptée le cas échéant à une première découverte de l’univers de Pierre Soulages. Mais l’inconvénient d’une rétrospective est qu’elle peut laisser sur sa faim celui qui a une connaissance plus fine de l’artiste en question.
Le visiteur qui aura fait le déplacement au musée Soulages de Rodez (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/08/arts-plastiques-musee-soulages-rodez-et-pierre-soulages-dynamisa-la-ville.html), qui aura vu les papiers Soulages au Musée Picasso à Antibes (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/05/arts-plastiques-musee-picasso-antibes-dans-les-petits-papiers-de-pierre-soulages.html) et qui sera allé découvrir les vitraux de l’abbatiale de Conques pourrait donc se sentir frustré, lésé mais il n’en est rien car le visiteur en question pourra toujours méditer in situ cette phrase de Pierre Soulages : Ce qui importe au premier chef, c’est la réalité de la toile peinte : le couleur, la forme, la matière, d’où naissent la lumière et l’espace et le rêve qu’elle porte. Un petit regret cependant ne pas avoir vu le portrait de Pierre Soulages réalisé par Agnès Varda issu de la minisérie Agnès de ci de là Varda… c’eut été le top !
Rétrospective Pierre Soulages - Fondation Pierre Gianadda - Martigny - Suisse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Fondation Pierre Gianadda - Martigny - Suisse - Site officiel