Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publicité

[Danse – Théâtre de Grasse] Carolyn Carlson : nunc et semper

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Invitée régulière du Théâtre de Grasse, Carolyn Carlson pose à nouveau ses valises dans la capitale des parfums, accompagnée cette fois-ci de son compère en création : le compositeur Jean-Paul Dessy.

Le jour où l’ancienne directrice du Centre Chorégraphique National Roubaix Nord Pas-de-Calais croisa sur sa route artistique Jean-Paul Dessy, directeur artistique du Manège de Mons, ils décident de créer Dialogue with Rothko en 2013, hommage au peintre Mark Rothko et notamment à sa toile Black, Red over Black on Red réalisée en 1964.

Le dispositif scénique est simple : trois toiles peintes sur lesquelles seront projetées l’évolution de la peinture, une table de travail, le plateau sur lequel Jean-Paul Dessy et son violoncelle prennent place tandis que Carolyn Carlson debout exécute ses premiers pas de dos. La musique directement interprétée par son compositeur sera relayée de temps à autre par une musique en bande son et par un texte parlé, lu par Juha Marsalo sur un texte écrit par la chorégraphe elle -même.

Beaucoup disent de Carolyn Carlson qu’elle dialogue avec le tableau de Mark Rothko. Sans vouloir verser dans le purisme, il serait plus juste de dire que sa chorégraphie répond à l’œuvre de Mark Rothko ; les deux œuvres dialoguent effectivement entre elles alors que Carolyn Carlson et Jean-Paul Dessy dialoguent entre créateurs avec Mark Rothko ce que l’intitulé même de la pièce rappelle.

Dialogue with Rothko n’est pas l’histoire du tableau même si la pièce a un début, un milieu et une fin, la chorégraphie ne se livre pas davantage à une exégèse de l’œuvre, elle transcrit dans un autre langage les tourments de la création, ses périodes de certitudes, de doutes, ses avancées fulgurantes, ses essais sans cesse reformulés. Elle nous plonge dans cette quête qui, pour aboutir à sa réalisation finale, a dû se dégager des nombreuses impasses dans lesquelles elle s’est fourvoyée.

Carolyn Carlson n’a rien perdu de sa capacité à nous émerveiller. Elle semble flotter dans l’espace donnant au processus de création cette immatérialité, elle est encore capable de tenir la position, le geste. Son corps s’arque à s’en briser s’immobilisant subitement au centre du plateau pendant de longues secondes. Elle joue encore avec ses vêtements, amples, ses foulards, ses constructions molles qu’elle sculpte en direct pendant qu’elle danse et qui la métamorphosent en direct sur le plateau.

L'ampleur de sa carrière, la singularité de son écriture font de Carolyn Carlson une figure incontournable de la danse contemporaine. Voir et revoir danser Carolyn Carlson pour s’en rassasier encore une fois, comme si c’était la dernière fois, quelle que soit la pièce présentée, la voir et la revoir tant qu’elle peut nous émerveiller, ses pièces chorégraphiques étant depuis longtemps passées dans le domaine du répertoire.

Publicité
Carolyn Carlson ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCarolyn Carlson ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Carolyn Carlson ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article