Blog de mes curiosités
30 Avril 2015
Si Porquerolles représente les catacombes de Monsieur Daninos comme dit dans l’article du 2 mars 2015 De Collobrières, embarquons pour Porquerolles sans baisser la Garde(-Freinet), La Garde-Freinet représente à coup sur ma madeleine de Proust. Outre la tentative ratée du mois de mars, je pensais y être allé lorsque j’avais onze ans et que nous étions en vacances à Ramatuelle. Mais, quelques décennies plus tard et une visite sur les ruines du fort Freinet, un doute m’envahit : soit je n’y avais jamais mis les pieds, soit j’ai l’hypermnésie qui flanche, j’me souviens plus très bien comme dit (presque) la chanson.
A la question « mais qu’ont-ils foutu ces chrétiens pour mettre deux siècle à chasser les Sarrasins de Fort-Freinet », je conseille une réponse par approche expérimentale : grimpez au fort Freinet, légers et court vêtus avec vos chaussures de marche (une heure aller-retour pour des personnes plutôt en forme) et imaginez la même scène avec l’attirail militaire du Moyen-âge face à des ennemis qui n’entendaient pas se faire déloger !
Une fois les ruines de Fort-Freinet atteintes, vous avez de fortes probabilités de ne pas vous heurter au bus à touristes que vous aurez négligemment croisé au préalable dans le magasin de cartes-postales quelques centaines de mètres (et une heure de marche en milieu hostile) plus bas ! En revanche, vous pouvez admirer le paysage sur la plaine centrale du Var et les premiers escarpements du Haut-Var puis découvrir en toute quiétude le village troglodyte ou du moins ce qu’il en reste. Chapelle, citerne, four, et logis seigneurial, rien ne manque à ce nid d’aigle qui fut fortifié à partir du XIIème siècle et habité jusqu’au XVIème siècle.
C’est pour venger l'abbé Mayeul enlevé en juillet 972 par les bandes de Sarrasins installées dans le massif des Maures depuis la fin du IXème siècle, que le comte Guillaume Ier de Provence dit le Libérateur et son frère Roubaud traquent les Maures (quelques centaines d'hommes au mieux) qu'ils écrasent à la bataille de Tourtour en 973, puis les chassent de Provence. En fait cette geste de croisade oublie de signaler la volonté de Guillaume le Libérateur d’imposer le pouvoir comtal à la Provence, à l'aristocratie locale et aux communautés urbaines et paysannes qui résistaient jusqu’alors.
Quoi qu’il en soit, 1041 ans après, j’ai reproduit l’exploit de Guillaume le Libérateur à l’armure, la masse, la lance, l’épée, l’arc, la cotte de maille, les ennemis, l’huile bouillante, les flèches, les pierres près. Une rigolade !