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[Patrimoine – Jardin botanique patrimonial Hanbury – Ventimiglia] Allons cultiver notre jardin

Jardin botanique patrimonial Hanbury – Ventimiglia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Jardin botanique patrimonial Hanbury – Ventimiglia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Si d’aventure, le Printemps vous manque, n’attendez pas tout l’hiver dans la froidure et la déprime, allez plutôt faire un tour au jardin botanique Hanbury près de Ventimiglia. L’entrée se fait par le Corso Mentone qui prolonge la Route Nationale 7 au pont Saint-Louis en direction de Ventimiglia. Ceux qui ont en mémoire Le Corniaud de Gérard Oury ne peuvent se tromper : c’est la route à la frontière franco-italienne de Menton qui franchit l’ancien poste de douane.

Le jardin est typique du patrimoine de villégiature. Il entoure sur 18 ha une villa et s'étend de l'entrée située sur le Corso Mentone jusqu'à la mer environ 100 mètres plus bas. Il est composé d’espèces endogènes et d’espèces exogènes ramenées et acclimatées au gré des rencontres, des voyages. Les 18 ha sont partagés en deux : 9 ha pour les plantes endogènes et 9 pour les plantes exogènes d’origines diverses comme si toute la végétation s’était donnée rendez-vous sur la Riviera.

Fallait-il forcément appartenir à l’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais pour réunir en aussi peu de place si grand soit le jardin, autant d’espèces exotiques ? Toujours est-il qu’entre le major Lawrence Johnston, créateur du jardin des Serres de la Madone à Menton et Thomas Hanbury en Italie, ce sont les Britanniques qui sont à l’honneur botanique. C’est en 1867 que Thomas Hanbury ayant fait fortune aux Indes et en Chine dans le commerce des épices, du thé et de la soie achète la propriété couverte d'oliviers, d'agrumes et de vignes entourant une demeure bâtie au XVIème siècle.

Si la tâche est immense, les travaux débutent néanmoins et le jardin devient imposant. Thomas Hanbury meurt en 1907 et c'est son fils Cecil qui hérite de la propriété. Délaissé par l’héritier et peu entretenu pendant la période de la guerre de 1914, l'épouse de Cecil, Lady Dorothy Symons, reprend en main le domaine en 1918. Ce que la Première guerre mondiale n’avait pas réussi à faire, la seconde le parachève et le jardin est victime des bombardements, du passage des troupes et du vandalisme.

La futée Lady Dorothy qui ne peut plus l’entretenir le vend à l'État italien en 1960 en ayant pris soin de s’assurer de son inaliénabilité. À la fin des années 1960, d'importants travaux de restauration sont entrepris par l'Institut International d'Études Ligures à qui a été confiée la gestion du jardin. Mais faute de crédits suffisants, l'Institut abandonne et en 1983, le jardin passe sous le contrôle de l'Université de Gênes. Aujourd'hui, l'Université continue l'aménagement du jardin ainsi que le travail de recensement botanique.

Si le premier catalogue des plantes cultivées dans l'Hortus Mortolensis, publié en 1889 recensait 3 500 espèces, le troisième, publié en 1912 en dénombrait 5 800. Un nouveau catalogue a été publié en 1996, dénombrant 7 000 espèces de plantes. Alors prévoyez quelques weekend car le jardin Hanbury, saison après saison n’en finira pas de vous livrer ses secrets… au compte-goutte, cher(s) Candide(s).

Jardin botanique patrimonial Hanbury – Ventimiglia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comJardin botanique patrimonial Hanbury – Ventimiglia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Jardin botanique patrimonial Hanbury – Ventimiglia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comJardin botanique patrimonial Hanbury – Ventimiglia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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