Blog de mes curiosités
24 Janvier 2018
Opéra de Monte-Carlo- Grimaldi Forum - Wiener Philharmoniker ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Il est toujours intéressant d'observer le public d'une salle de concert, d'un lieu d'exposition, d'une salle de spectacle, d'une salle de cinéma. En comparant domaine artistique à domaine artistique, force est de constater que le public de la danse n’est pas celui du théâtre, ni celui du symphonique, ni celui des expositions mais dans chacun des cas, il est possible de croiser les généralistes, les spécialistes, les curieux, etc. Il est tout aussi intéressant de comparer d’un concert à l’autre l’évolution du public. Certains artistes comme Cecilia Bartoli drainent leur public, certains compositeurs drainent le leur : les personnes atteintes de maladie wagnérienne pour Richard Wagner par exemple, public qui ne se retrouve pas forcément dans les autres concerts. Mais il est encore plus intéressant de constater l’évolution du public en raison de la notoriété de l’artiste ou de l’ensemble musical qui se produit ou même du lieu : la première apparition du trompettiste David Guerrier à Monaco dans le cadre des concerts de Crescendo il y a quelques années n’avait pas déplacé les foules contrairement à sa dernière prestation dans la cour d’honneur du Palais princier l’été dernier par exemple.
En coproduction avec le Grimaldi Forum, l’opéra de Monte-Carlo proposait en ce début d’année un concert de l’Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Gustavo Dudamel. Outre que le concert affichait complet depuis longtemps, c’est sur le public que l’intérêt des habitués s’est immédiatement porté. Outre les habitués des saisons de l’Opéra de Monte-Carlo, de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ou encore du printemps des Arts , le hall du Grimaldi Forum fourmillait de têtes nouvelles dont certaines notoirement connues pour n’être ni des passionnés des arts en général , ni de la musique en particulier. La chasse aux portables et aux écrans lancée pendant la représentation a confirmé le peu d’habitude de certains d’entre eux.
Par quel miracle ? Par quelle opération divine ? Quel ponte des relations publiques avait donc réussi cet exploit ? Était-ce le programme alléchant qui avait subitement irradié tant de personnes ?
Que nenni, la réflexion d’une dame fit soudain toute la lumière… « Plutôt que ça, ils auraient dû jouer Casse-Noisette ». Évidemment… si l’on s’en réfère à l’objet médiatique, à quoi associe-t-il invariablement année après année le Wiener Philharmoniker surtout le 1er janvier à une heure de grande écoute ? Mais à La Marche de Radetzky qui permet, ô luxe suprême ! de taper dans ses mains. Mais l’ambiance n’était pas la même. Finalement, le public s’est trouvé coupé en plusieurs entités : ceux qui connaissaient les œuvres qu’ils venaient entendre, ceux qui ont découvert ce soir là un orchestre, deux compositeurs et deux œuvres qu’ils ne connaissaient qu’imparfaitement et ceux qui ont pu à la fin de la soirée nous dire combien d’ampoules avaient grillé ou combien de musiciens comportait l’orchestre n’ayant pu faire usage de leur téléphone portable pendant deux heures.
Le Wiener Philharmoniker de passage en Principauté est forcément un événement. L’orchestre est précis, habitué à changer de répertoire. Petit problème de calage ou mauvais retour acoustique, les cuivres ont semblé être à certains passages de la symphonie de Mahler trop envahissants perturbant l’équilibre général. Si ce souci a disparu dans la Symphonie fantastique d’Hector Berlioz, celle exécutée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo aurait-elle quelque chose à lui envier ? Pas sûr. Quant à Gustavo Dudamel, il avait l’air étonnamment absent ce soir là. La soirée fut bonne, oui. Exceptionnelle ? Non. Inoubliable ? Encore moins.