Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publicité

[Danse – Théâtre de Grasse – Castafiore] Comment Karl Biscuit fut rattrapé par son œuvre

[Danse – Théâtre de Grasse – Castafiore] Comment Karl Biscuit fut rattrapé par son œuvre

Grand moment de mise en abyme au théâtre de Grasse avec deux opus historiques voire patrimoniaux de la compagnie Castafiore : Aktualismus et 4Log Volapük. Reprendre ces deux pièces pour fêter son quart de siècle d’existence dont 15 ans à Grasse relevait du pari audacieux dans la mesure où la compagnie avait choisi de les reprendre à l’identique sans retouche. Dernier des raffinements : la chorégraphe Marcia Barcello remontait elle-même en scène, une des danseuses étant enceinte.

La « chorégraphie parodique faussement robotisée » de Marcia Barcellos sur les montages sonores de Karl Biscuit fait toujours recette et les opus s’enchaînent donnant à voir du monde une incommunicabilité à tous les étages : phrases creuses à répétition de Thierry Roland et Jean-Michel Larqué sur un solo chorégraphique « footesque », mélange de paroles historiques (le discours gaulliste désormais célèbre de Paris libéré) mélangé aux aboiements des régimes fasciste et nazi sur une danse robotisée, chorégraphie d’une superproduction hollywoodienne avec en bande son les phrasés des grandes tragédiennes de la comédie française des années 60 et enfin morceaux de phrases toutes faites sur le style « j’aime beaucoup ce que vous faites » reprises à l’envi et saccadés pour en souligner le côté désespérément mécanique, profondément pavlovien, assurément inepte.

Tout ceci me ramenait indéniablement vers l’ouverture des Vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati où les haut-parleurs de la gare s’époumonent à donner des explications que nul ne comprend, trimbalant d’un quai à l’autre les gens qui comblaient ainsi l’incompréhension du verbal par un réflexe ovin.

C’est à la discussion post-spectacle que Karl Biscuit, en se prenant les pieds dans le tapis, s’est fait rattraper par son œuvre. En déclarant dès le début de son intervention que les opus présentés étaient des réflexions sur les dictatures, Karl Biscuit a semé le trouble dans certains esprits qui ont cherché la petite bête, le comble étant atteint par la réponse de Marcia Barcello, absente de la première partie de la discussion, à un spectateur lui déclarant que certaines pièces présentées ce soir n’avaient rien à voir avec les régimes totalitaires. Décidément peu inspiré, Karl Biscuit s’est ensuite fourvoyé sur l’absence générale de danses comiques. S’il se rappelle subitement, pour se rattraper, aux bons souvenirs de Charlie Chaplin, il oublie toute la tradition chorégraphique des burlesques américains et semble méconnaître totalement le trio chorégraphico-cinématographique Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy, dont la danse comique (cf. Rumba sorti en 2008) est le ressort même de leur art. Et pour que rien ne manque à la fête, Karl Biscuit finit par parler gros chiffres, entrées et spectateurs payants, grands arguments dont la vacuité est souvent reprise en boucle par les politiciens en manque de bonnes nouvelles ou les producteurs en panne d’inspiration.

Vous avez dit langage ?

Publicité
[Danse – Théâtre de Grasse – Castafiore] Comment Karl Biscuit fut rattrapé par son œuvre
[Danse – Théâtre de Grasse – Castafiore] Comment Karl Biscuit fut rattrapé par son œuvre
Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article