Blog de mes curiosités
18 Mars 2013
Petite escapade à l’opéra de Toulon pour assister aux Dialogues des carmélites de Francis Poulenc. L’opéra a été créé à Milan à partir du matériau laissé par Georges Bernanos. Ce dernier n’avait pas écrit son dialogue pour la scène comme on le lit trop souvent mais pour le cinéma. L’aspect même de l’écriture de Dialogues des carmélites le confirme d’ailleurs pour qui effectue un simple retour aux sources.
Finalement, l’œuvre sera adaptée au cinéma, au théâtre et à l'opéra. Étrange destin pour une œuvre qui faillit ne pas avoir de suite en raison de la mort prématurée de son auteur. Autre retour aux sources, les deux metteurs en scène à Toulon Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil viennent du cinéma.
La mise en scène de Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil ne cherche pas à nous rappeler à toute force la période révolutionnaire. Nous le savons, inutile de s’encombrer d’objets signifiants qui n’aideraient en rien la compréhension de l’œuvre. Le seul objet signifiant sera la grande croix blanche au sol constituée de galets qui se détruira et se reconstruira au gré de l’histoire, sorte d’église symbolique sur laquelle les révolutionnaires se casseront les dents. Du parterre, nous devinons la croix, des loges, elle doit être plus visible.
Laurent Alvaro est impressionnant d’aisance dans le rôle du marquis de La Force qui déambule dans un musée. Quel dommage que son rôle soit si fugace. Ermonela Jaho, qui s’était illustrée déjà à Toulon dans le rôle de Thaïs et Virginie Pochon forment un tandem Blanche de la Force – Sœur Constance convainquant. Nadine Denize revient cette fois-ci camper Madame de Croissy. Stanislas de Barbeyrac campe un Chevalier de la Force au beau timbre mais au costume peut-être un peu trop grand pour lui et Philipe Ermelier campe deux rôles : l’officier et le geôlier.
La scène finale, Place de la révolution, véritable moment attendu de l’œuvre avec son Salve Regina, a fait l’objet de toutes les adaptations scéniques. Ici, comme dans les mises en scène de Marthe Keller ou de Robert Carsen, point de guillotine mais une évocation. Marthe Keller pétrifiait ses sœurs à chaque « couperet » avant qu’elles ne tombent ; Robert Carsen, l’an dernier, les faisait tomber lentement comme des feuilles mortes. Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil choisissent le parti de les aligner debout de dos sur un banc pendant que des néons s’allument un à un pour écrire le mot « mort »… sans doute un peu trop … signifiant surtout à ce moment.
« Dialogues des Carmélites » - Opéra en trois actes - Texte de l’œuvre de Georges Bernanos - Direction musicale : Serge Baudo - Mise en scène et scénographie : Jean-Philippe Clarac & Olivier Deloeuil - Lumières : Rick Martin - Costumes : Thibault Welchlin
/http%3A%2F%2Fwww.operadetoulon.fr%2Fphoto%2Fslider%2F3.jpg)
Opéra de Toulon : lyrique, concert, spectacle, théâtre sortir à Toulon
Retrouvez les informations sur le programme de l'Opéra de Toulon : lyrique, opéra, spectacle, concert, théâtre, ballet, danse. Réservez vos places de spectacle en ligne sur le site de l'Opéra...