Blog de mes curiosités
7 Juin 2013
Après le succès de Une séparation au Festival de Berlin, le Festival de Cannes n'a pas voulu rester en reste en programmant Le Passé en compétition officielle. Dans ce film, Asghar Farhadi, suit l'Iranien Ahmad qui revient à Paris , à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de divorce. Contrairement à la chanson de Lucienne Delyle, tous les protagonistes vont faire parler le passé pour mieux se déchirer ou pour mieux se reconstruire ?
Dès les premiers plans, le ton général du film est donné : difficulté de communication qui atteindra tous les personnages (dialogues sourds derrière une vitre qui reviendront trois fois dans le film touchant les trois protagonistes, périphrase filmique pour « on ne s’entend pas »), plans rapprochés sur les personnages pour les engoncer dans leur quotidien (ici une voiture, plus tard des pièces étroites), sur-cadrages (multiples plans représentant les personnages enfermés dans un chambranle de porte, une fenêtre, une bibliothèque, etc.) et multiples barrières entre les personnages (une table, une porte, un arbre, etc) pour les isoler davantage.
Le film prend l'apparence de la sur-écriture qui peut gêner : les dialogues sont chargés, chaque situation donne lieu à discussions, la scénographie l'est tout autant, il n'y a pas la moindre place libre dans les appartements, pas la moindre place libre à l'écran, les fenêtres sont souvent opaques, même la maison est dans une impasse, barrée par la voie de chemin de fer. En fait, tout est fait pour rendre l'atmosphère pesante, tout est mis en jeu pour nous étouffer davantage.
C'est une de forces du film de faire évoluer les comédiens dirigés de main de maître dans ces espaces confinés au point que, dans les rares plans d'ensemble qui suivent une situation de tension (c'est le cas du plan d'ensemble de la cuisine montrant Tahar Rahilm et Ali Mosaffa dans un moment de calme), le spectateur peut se détendre un peu et se repositionner dans son fauteuil.
«Le Passé» – Film de Asghar Farhadi – France – 2013 – 2 h 10