Blog de mes curiosités
12 Juillet 2019
« Il ne va du Royaume des Cieux comme d’un Roi qui fit un festin de noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs convier les invités à la noce mais eux ne voulaient pas venir » nous dit Mathieu dans son évangile sur la parabole du Festin nuptial qui se conclut par le célèbre « Car beaucoup sont appelés mais peu sont élus. ». Curieusement, il en va du Royaume des Cieux comme de ce panneau sur l’autoroute qui nous convie à visiter l’abbaye de Montmajour… là encore « eux ne voulaient pas venir » et « (…) beaucoup sont appelés mais peu sont élus ». Et cette vie trépidante nous fait donc rater un des fleurons de l’architecture militaro-religieuse de Provence car l’abbaye de Montmajour mérite forcément plus qu’un détour, un arrêt prolongé.
Pour les adeptes du stress, il est essentiel de venir calmer ses ardeurs à l’abbaye de Montmajour car d’abord le lieu respire le calme et la sérénité et ensuite, il permet de retracer toute l’évolution de l’architecture religieuse et militaire en un seul site. L'ensemble de Montmajour est composé d'un ermitage du XIème siècle représenté par la chapelle semi-troglodyte Saint-Pierre, d'un couvent de type médiéval des XIIème et XIIIème siècles : le monastère Saint-Pierre, d'un donjon défensif contemporain de la Guerre de Cent ans: la tour de l'abbé Pons de l'Orme et d'un édifice classique du début XVIIIème siècle) : le monastère Saint-Maur.
Si les bâtiments monastiques ont tous souffert des affres révolutionnaires, ceux de Montmajour qui ne font pas exception, sont rachetés dès 1838 par la ville d’Arles et l’abbaye, même fortement dégradée, est classée Monument historique dès 1840. Les bâtiments sont du reste restaurés sous le Second Empire, sous la direction d'Henri Antoine Révoil. L’ensemble de Montmajour assez massif, se voit donc de loin et offre plusieurs pistes de visites fort intéressantes. Reste à savoir quelles sont vos passions. Pour les férus d’architecture militaire, l’ascension de la tour de l'abbé Pons de l'Orme, donjon de l’abbaye, sonne comme une évidence. Pour ceux qui souhaiteraient revenir à l’origine, la chapelle semi-troglodyte Saint-Pierre ou les tombes des moines creusés dans la roche permettent ce saut dans le temps et enfin pour les passionnés de bâtiments conventuels, le cloître ou la salle capitulaire les raviront.
Mais si d’aventure, la vitesse vous guette, écoutez cette petite parole qui sourde en vous « Car beaucoup sont appelés mais peu sont élus. » et pour une fois, prenez votre temps, parcourez, revenez sur vos pas, cherchez à retracer la vie de ceux qui vous ont précédés. Car pour les appelés, la visite d’ensemble s’impose… s’ils veulent être élus.