Blog de mes curiosités
29 Décembre 2017
Auditorium Rainier III - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - "Messe glagolitique" de Leoš Janáček ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
A ceux qui se demandaient pourquoi il avait fallu 90 ans à la Principauté pour faire entendre la Messe glagolitique de Leoš Janáček créée à Prague le 5 décembre 1927, un simple premier regard sur le plateau suffit ! Réunir un organiste, quatre solistes (Erika Sunnegårdh, Soprano, Julia Gertseva, Mezzo-soprano, Ludovit Ludha, Ténor et Peter Mikuláš, Baryton-basse), quelques soixante choristes du Chœur philharmonique slovaque et l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo au grand complet rend immédiatement le coût plateau prohibitif pour un programmateur.
Et pourtant ! Quel dommage que cette œuvre de maturité de Leoš Janáček , septuagénaire à sa création, ne se donne pas davantage. Écrite pour grand orchestre, orgue, double chœur et solistes (soprano, alto, ténor, basse), elle reprend une liturgie en vieux slave, notée dans un ancien alphabet glagolitique d’où son nom. A la fois messe, ode à la vie, à la joie, elle emprunte également à la musique savante et à la musique populaire. Sans être « attrape-tout », elle plait à un public large pourvu qu’il puisse l’entendre… et pour peu qu’il se déplace pour une œuvre qu’il ne connaît pas.
Dirigée par le chef slovaque Juraj Valčuha et portée par un quatuor vocal et un chœur d’exception, la Messe glagolitique a plongé la salle dans un recueillement suffisamment rare pour être souligné et donné l’envie à nombre d’entre eux de se précipiter pour la réentendre enregistrée par d’autres, persuadés qu’ils sont sans doute à juste titre de ne pouvoir l’entendre dal vivo avant longtemps.
Effet pervers du programme, mais est-il possible de l’éviter ? les Danses symphoniques op. 45 de Sergueï Rachmaninov dédiées au chef d'orchestre Eugene Ormandy et à l'orchestre de Philadelphie, sont passées presque inaperçues, le public étant encore tout entier en communion avec sa messe fut-elle glagolitique. I Thank Thee, Lord (Je rends grâce à Dieu), écrivit Sergueï Rachmaninov en bas de la partition des Danses symphoniques. Visiblement ce dimanche 22 octobre 2017, Dieu avait choisi son camp.
Auditorium Rainier III - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - "Messe glagolitique" de Leoš Janáček ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Messe glagolitique" de Leoš Janáček - Rafael Kubelik - Torino 1959