Blog de mes curiosités
8 Février 2016
Salle clairsemée à l’auditorium Rainier III de Monaco pour la venue de la jeune pianiste Lise de la Salle et du chef d’orchestre Karl-Heinz Steffens. Le programme en a semble-t-il éloigné plus d’un. Peut-être est-ce l‘évocation de György Ligeti qui a empêché les mélomanes du dimanche ? A tort cependant car l’œuvre de jeunesse présentée, Concert Românesc, emprunte énormément au folklore est-européen et aurait pu plaire à beaucoup. Un simple clic sur des sites de musique en ligne aurait peut-être éclairci le malentendu mais visiblement la curiosité n’est pas si courante et les idées reçues tenaces. Ce n’est en revanche pas David Lefebvre super-soliste de l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo qui va se plaindre de ce choix car il a pu montrer toute l’étendue de sa virtuosité avec les soli de violon de cette œuvre.
Tous les amoureux de Maurice Maeterlinck ont eu de quoi se rassasier lors de ce concert. Deux des trois autres œuvres jouées renvoient au symbolisme de l’aube du XXème siècle. Rarement jouée, l’œuvre Pelléas et Mélisande de Gabriel Fauré est en fait à l’origine une musique de scène écrite en 1898 pour une représentation en langue anglaise de la pièce de Maurice Maeterlinck, bien antérieure donc à l’opéra. Suite de cinq morceaux pour orchestre avec le Chant de Mélisande pièce vocale en son milieu, elle est souvent donnée comme ce soir en quatre parties la partie chant étant régulièrement sacrifiée. Chacun connaît sans le savoir l’avant dernière partie dite La Sicilienne que les arrangements pour flûte et piano ou d'autres instruments ont rendue célèbre (voir ci-dessous).
Évoquer Pelléas et Melisande convoque immédiatement Claude Debussy et c’est La Mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre créée le 15 octobre 1905, qui a clos ce concert. Nouveau rappel au symbolisme avec cette sensation musicale de vivre le passage progressif de l’ombre à la lumière notamment dans le premier mouvement, avec cette sensation musicale du jeu de vagues dans le second. Emmené par le chef d’orchestre allemand Karl-Heinz Steffens qui dirige en chaloupant avec son corps pour bien imprimer la force et la délicatesse, l’orchestre livre ce soir une de ses meilleures prestations.
Grand absent des concerti pour piano, Camille Saint Saens fait ici un retour attendu avec Le Concerto pour piano no 2 en sol mineur (op. 22) et son célèbre et dynamique troisième mouvement. Composé en 1868 pour le pianiste Anton Rubinstein, l’interprétation de ce concerto a laissé un certain nombre d’interprétations d’anthologie dont celle d’Arthur Rubinstein, de Brigitte Engerer ou encore d’Ivo Pogorelich. Avec de telles références, la jeune pianiste Lise de la Salle était donc très attendue et la surprise fut à la hauteur de l’attente. Lise de la Salle allie force et grâce, rivalise de puissance avec l’orchestre avant de nous montrer toute sa délicatesse musicale quelques mesures plus loin. Elle est époustouflante et entame le troisième mouvement dans un tempo rapide rendant le tourbillon final encore plus étourdissant. Quelques rappels bien nourris plus tard c’est sur le premier prélude de Claude Debussy La Fille aux cheveux de Lin qu’elle termine une prestation d’exception. Visiblement, la musique française peut voir l’avenir en rose, une de ses grandes interprètes vient de naître sous nos yeux.
Tout était donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? Presque hélas ! Si la soirée nous avait épargné les copains et copines en goguette, les téléphones portables et autres bavardages, un photographe, plus habitué semble-t-il à la couverture médiatique des concerts de musiques actuelles qu’à l’atmosphère feutrée du symphonique, a tellement insisté avec le bruit de son appareil photo que le chef s’est retourné à deux reprises avant que deux personnes du public ne le sortent manu militari.
La musique française pouvait à nouveau respirer.
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Karl-Heinz Steffens ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Gabriel Fauré : Pelléas et Mélisande : la sicilienne
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Arthur Rubinstein - Saint-Saëns - Piano Concerto No 2 in G minor, Op 22
Camille Saint-Saëns Piano Concerto No 2 in G minor, Op 22 1 Andante sostenuto 2 Allegro scherzando 3 Presto Arthur Rubinstein, piano London Symphony Orchestra André Previn, conductor
Concerto n°2 de Saint-Saens - Arthur Rubinstein
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OPMC > Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
OPMC > Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Gianluigi Gelmetti, Directeur Artistique et Musical