Blog de mes curiosités
3 Novembre 2015
L’envie était grande à l’origine au vu du programme proposé par l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo ce dimanche 1er novembre 2015de lier musique, cinéma et comédie. Le deuxième mouvement de la Symphonie La Surprise de Joseph Haydn a effectivement fait l’objet, à l’instar de la damnation de Faust dans la Grande Vadrouille de Gérard Oury, d’une scène d’anthologie musicale dans le film suédois Sound of Noise de Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson qui pourrait s’intituler « de la grande solitude du musicien devant une partition de Haydn quasiment vierge pour les timbales » (voir extrait joint).
Après le concert, le ton ne peut plus du tout être le même devant le miracle musical qui s’est produit ce jour là : l’unanimité du public. Le programme n’était pourtant pas fait pour attirer le mélomane en recherche de rareté: Concerto pour piano n° 1 en do majeur opus 15 et Concerto pour piano n° 2 en si bémol majeur opus 19 de Ludwig van Beethoven et la Symphonie n°94 en sol majeur dite la Surprise de Joseph Haydn. L’auditorium étant comble, ce qui devient rare, il est aisé d’en déduire que ceux qui n’étaient pas venus pour le programme étaient venus pour Murray Perahia et réciproquement.
Quelle que soit la raison de leur déplacement, nul n’a été déçu. Dirigeant l’orchestre philharmonique alternativement du pupitre ou du piano, Murray Perahia a ainsi administré au public, une leçon de musicalité, une leçon d’interprétation musicale et une leçon de direction d’orchestre. En tant que pianiste, Murray Perahia étonne par sa musicalité : le temps ne semble pas avoir de prise sur son aisance au piano, les legatti coulent toujours aussi finement et les nuances sonnent toujours aussi délicatement. En tant qu’interprète, Murray Perahia impressionne : il donne au public sa propre vision des œuvres sans en transformer le sens, il semble imposer ses cadences aux deux concerti qu’il maitrise parfaitement, en un mot il est au service de la musique. Quant à sa direction d’orchestre, elle emporte l’adhésion du public comme des musiciens : qu’il dirige du piano (quasiment par cœur) ou du pupitre, il est d’une précision redoutable fort bien secondé, il est vrai par Liza Kerob, premier violon, qui de coups de tête précis en coups de tête discrets, dirige les violons et les cordes qui l’entourent.
Les Italiens, nombreux dans la salle, ont immédiatement dégainé à la fin du concert leur lot de suffixes en -issimo et autre -ississimi pour qualifier la performance dans tous les sens du terme de Murray Perahia. Le reste du public a longuement ovationné le héros du jour relayé par les musiciens de l’orchestre tout aussi enthousiastes attendant en vain un bis. En ce jour fête de tous les saints chez les catholiques, Sainte Cécile avait pour l’occasion quelques sérieuses encolures d’avance sur ses consœurs et confrères en sainteté donnant au miracle musical du jour toute sa sacralité.
Orchestre Philharmonique de Monte Carlo - Murray Perahia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Sound of noise - Looking for a percussionist
Looking for a percussionist scene from the movie "Sound of noise"
extrait de Sound of Noise - film de de Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson