Blog de mes curiosités
18 Mai 2013
Pour son deuxième film après Un Poison violent présenté à la Quinzaine des Réalisateurs 2010, Katell Quillévéré braque sa caméra sur Suzanne interprétée par Sara Forestier. Suzanne appartient à la famille des Merevsky, sa mère est décédée cinq ans après sa naissance, elle a une sœur aînée Maria qui la protège et un père routier qui l'aime.
Maria et Suzanne vont vieillir de manière accélérée et en musique sous la caméra amusée de Katell Quillévéré. L'histoire débute pour elle à l'époque de Coricocoboy de Stéphane Colaro et de sa chanson Ce mec est too much, va se poursuivre avec Léopold Nord et Vous avec c'est l'Amour pour les années 80 avant de se muer, tout comme les corps, en musique boîte à rythme des années 90 puis en rap. Entre-temps, Suzanne est devenue la très jeune mère de Charlie.
Très rapidement, la caméra emprisonne Suzanne dans un sur-cadrage, la plaque contre un mur dans un long travelling latéral sans aucun chemin de traverse pour fuir, la filme de dos devant une fenêtre comme si elle attendait quelqu'un ou quelque chose de la vie. E destin de Suzanne est tout tracé.
Et la vie de Suzanne va connaître un rythme ternaire : elle connaît le bonheur, plonge, se relève, connaît à nouveau le bonheur, replonge et se relève, toujours accompagnée du père François Damiens, de la sœur aimante Adèle Haenel et de son nouveau copain.
Katell Quillévéré nous dresse le portrait d’une descente aux enfers qui ne sombre pas dans le pessimisme de tous les instants. Elle ne cherche pas d'explications toutes faites mais présente simplement un faisceau de faits sans jugement. C'est sans doute ce qui nous rend ces personnages aussi proches.
Suzanne – Film de Katell Quillévéré -France - 2013 - 1 h 30 - Sortie en France inconnue