Blog de mes curiosités
18 Mars 2013
En mettant les pieds dans le plat, je me demande si je ne vais pas encore entamer sérieusement mon capital sympathie déjà bien érodé. Mais, imperturbablement, je préfère m’interroger tous les jours plutôt que de gober tout ce qu’on me sert sans me poser la moindre question.
J’ai lu un jour un article d’André Peyrègne, critique musical et directeur du conservatoire national à rayonnement régional Pierre Cochereau de Nice, qui disait en gros « mieux vaut pas de mise en scène qu’une mauvaise mise en scène ». Suivaient des exemples trop caricaturaux pour être honnêtes.
Parce que, selon moi, la véritable interrogation est ailleurs. Elle serait plutôt : « un opéra, dont on donne une version de concert aussi merveilleuse soit-elle, a-t-il été écrit pour cela ? ». Cette question de fond en amène immédiatement une suivante en ces temps où les versions de concert fleurissent partout : « Une version de concert est-elle un geste artistique ou économique ? ».
Si j’en crois les mélomanes (du moins ceux qui connaissent la musique et en qui j’ai toute confiance) présents pour le concert de Richard Wagner dirigé par Jonas Alber, les artistes choisis (Ann Petersen, Robert Dean Smith, Dagmar Peckova) pour interpréter le premier acte de « La Walkyrie » et le deuxième acte de « Tristan et Isolde » étaient excellents. Je ne suis pas assez musicien pour apprécier aussi finement qu’eux et, hormis la basse coréenne (Kwangchul Youn), pour laquelle il aurait fallu être franchement sourd pour ne pas la remarquer, je ne me suis jamais réellement investi dans mon rôle de spectateur.
Je ne suis pas un grand amateur des mises en scène outrancières, des interprétations scabreuses ou des gestes parasites à l’opéra ou au théâtre mais il me manque là une dimension importante qui finit par gâcher mon plaisir. Aussi quand je vois les artistes esquisser des gestes à l’avant-scène pendant qu’ils chantent, je ne peux m’empêcher de penser qu’il leur manque, à eux aussi, une dimension, une gestuelle.
Il est de coutume de dire dans la profession qu’ « au théâtre, on parle avec ses pieds » … voila pourquoi j’ai eu l’impression de temps à autres d’assister à un « opéra bancal » mais aux coûts de production bien moins élevés.
Concert Richard Wagner - « La Walkyrie » acte 1 - « Tristan et Isolde » acte 2 - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Direction musicale : Jonas Albera