Blog de mes curiosités
7 Juillet 2013
Chose étrange au tout nouvel espace Léo Ferré de Monaco, le petit bandeau annonçant le concert hommage de Catherine Lara a disparu et aucune affiche ne signale le concert de ce soir. En revanche, on sait depuis plusieurs semaines grâce au grand bandeau au fronton du même espace que Michaël Gregorio sera présent … fin septembre. Pour louer ses places in situ pour le concert du soir, autre paire de manche : personne à l’accueil, pas de logiciel de billetterie… il faut mériter son concert.
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que moins de trois cents personnes aient été présentes … dommage. Pour le milieu professionnel, Béatrice Novaretti pour la médiathèque de Monaco, Christian Tourniaire pour l’académie Rainier III et Roselyne Carlier pour la SACEM ont fait le déplacement.
Côté presse le lendemain, la déception a été tout aussi grande. Un article quart de page dans Monaco Matin, édition du samedi 6 juillet 2013, peu inspiré, ne relate rien du spectacle, brode autour du dossier de presse au point qu’il est permis de douter de la présence réelle de son auteur dans la salle.
Permettez donc à un amateur, bien présent lui, de reprendre le fil.
Comme Monaco Matin ne le dit pas, surprise ! le concert s’est ouvert avec la voix de Léo Ferré interprétant Avec le Temps et C’est Extra pendant qu’un portraitiste à la technique rodée nous croquait en temps réel le portrait en trois mètres sur deux de la désormais figure tutélaire du lieu.
Comme Monaco Matin ne le dit pas, le concert de Catherine Lara s’est ouvert sur un craquement monstrueux du micro interrompant la chanson La Craie dans l’Encrier. N’importe quelle star aurait fait un scandale, Catherine Lara en a largement plaisanté, affirmé que le craquement faisait partie des arrangements, déclaré qu’elle avait en outre oublié de tomber en entrant en scène comme la mise en scène le stipulait et repris la chanson avec les musiciens qui l’accompagnaient ou plutôt qu’elle accompagnait comme elle l’a déclaré fort élégamment. Le ton était donné : humour, respect et simplicité.
Contrairement à ce que dit Monaco Matin, si Catherine Lara a effectivement « interprété les titres de son album Une voix pour Ferré et les titres de son dernier opus Au cœur de l'âme Yiddish », elle a surtout interprété des chansons plus anciennes notamment le symbolique Johan, Nuits magiques, les Genoux écorchés ou les Romantiques, soit une anthologie de quarante ans de carrière... un peu plus que la promotion de ses deux deniers albums.
Contrairement à ce que dit Monaco Matin, elle n’a pas seulement repris les titres de son album Une voix pour Ferré mais réinterprété trois chansons emblématiques de Léo Ferré (Avec le Temps, C’est Extra, Jolie Môme) et expliqué pourquoi elle avait décidé de les réinterpréter dans des formes musicales comme la musique yiddish ou le flamenco, propices, selon elle, à ces réinterprétations.
Au final, un spectacle chaleureux, sincère, drôle avec une artiste et des musiciens en réelle communion avec le public et en communion éternelle avec celui qu’elle a appelé son mentor. Donner un nouveau souffle, un nouveau sens au répertoire de Léo Ferré, le travailler sans le trahir, le rendre toujours malléable, toujours vivant, n’est-ce pas le moyen le plus sincère, le plus respectueux de lui rendre hommage ?
Et en parlant de respect …