Blog de mes curiosités
29 Octobre 2016
Salle comble en ce vendredi 21 octobre 2016 pour le programme de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo qui décide cette fois de nous emmener du côté du Danube, de l’Autriche à la Roumanie. Certes la première partie du programme même modifiée (Concerto pour piano et orchestre n° 23 de Wolfgang Amadeus Mozart en remplacement du Concerto pour piano et orchestre n° 3 de Ludwig van Beethoven) était de nature à séduire un très large public mais la raison de cet engouement semblait être ailleurs.
Sur scène, deux monstres sacrés se retrouvent : Radu Lupu au piano et Lawrence Foster à la direction. Et si aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années, il semblerait qu’aux âmes encore mieux nées, la valeur se renforce à mesure des années. C’est d’ailleurs par l’interprétation orchestrale et festive du « Joyeux anniversaire » que l’orchestre a choisi de rendre hommage à Lawrence Foster en fin de concert pour ses soixante-quinze printemps.
Bel hommage pour celui qui venait de diriger à la perfection pour sa première exécution en Principauté la Symphonie n° 3 pour chœur mixte et orchestre, opus 21 de George Enescu. La direction conjointe de l’orchestre philharmonique et des chœurs de Monte-Carlo exige énergie et rigueur : énergie pour mettre en mouvement un plateau d’une telle envergure et rigueur pour dominer cette symphonie qui, sans direction efficace, deviendrait rapidement cacophonique notamment dans son second mouvement.
La richesse sonore de cette symphonie a finalement été un parfait contrepoint avec le Concerto pour piano et orchestre n° 23 de Wolfgang Amadeus Mozart interprété par Radu Lupu. Radu Lupu, dont chacun s’est dit qu’il se faisait bien trop rare, explore toute la palette musicale de l’œuvre, en fait ressortir toutes les nuances au point que le public retient son souffle savourant dans une retenue totale cette nouvelle performance.
Sans nous mener en bateau, Radu Lupu et Lawrence Foster nous ont donc conviés, à une navigation « Au fil du Danube » qui restera assurément gravée dans les mémoires rappelant à certains une navigation plus ancienne. En effet, le 7 décembre 1997, Radu Lupu avait exécuté le Concerto en la mineur, opus 54 de Robert Schumann avec l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Cristian Mandeal qui avait, en outre interprété la première Rhapsodie roumaine en la majeur opus 11 de… Georges Enescu lors d’une soirée tout aussi mémorable.