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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Amérique du Nord, #Amour, #arts appliqués
« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Traversant le XXème siècle et la libération sexuelle notamment homosexuelle, le finlandais Touko Laaksonen dit Tom of Finland est devenu une icône gay célébrée par tout le milieu homosexuel inspirant au passage certains autres groupes comme les Village People. Avec ses représentations fantasmatiques, fantasmagoriques et fétichistes d’hommes virils, musclés, désinhibés braillant leur fierté d’être gays à chaque page, Tom of Finland est l’objet de toutes les controverses : icône gay ou témoin d’une époque ? Artiste ou simple illustrateur ? Fantasmagorie ou pornographie ? Etc.

Avec un sujet, un homme, des modèles aussi sulfureux, le réalisateur finlandais Dome Karukoski prenait a priori des risques et faisait du même coup sortir définitivement Tom of Finland du placard mais quels aspects de la vie de Tom of Finland faire émerger ? Sa vie cachée en Finlande ? Sa virée aux États-Unis ? Les années orgiaques ? Les années SIDA ? Les années pendant lesquelles ses publications étaient symboles de libération totale ou les années de plomb au cours desquelles ses publications étaient vouées aux gémonies et pointées comme responsables de la propagation de l’épidémie ?  

Il y avait effectivement tellement de parti pris à adopter, tellement de ficelles à tirer dans cet écheveau que Dome Karukoski a fini par n’en prendre aucun  se contentant d’un biopic sans relief réel, ultra-chronologique, qui finit par transformer son personnage en un personnage lambda , plutôt vague témoin de la libération des mœurs et de la lente montée des fiertés homosexuelles qu’acteur de cette période par œuvres interposées.

Le biopic est un art difficile. Sauf à trouver l’idée de génie, la caractéristique principale du personnage central qui servira de colonne vertébrale, tout biopic normalement constitué ne finit par n’avoir pour seule colonne vertébrale que le temps qui passe. Écrasant les temporalités au point de rendre l’ensemble difficilement compréhensible pour quiconque n’aurait pas les éléments de contexte en tête, il se noie dans un flot de détail à la psychologie fumeuse comme si pour caractériser une vie, une action, une œuvre, il fallait remonter aussi loin et tout prendre en compte.

Tom of Finland n’échappe hélas pas à la règle et ce ne sont pas trois dessins érotiques et quelques rencontres dans les fourrés qui peuvent rendre compte du côté sulfureux de sa production. La grande intelligence du Jackie de Pablo Larrain ( http://un-culte-d-art.overblog.com/2017/02/cinema-le-rialto-nice-jackie-tout-sauf-un-biopic.html) résidait dans son parti pris sur la communication politique dont il avait fait la colonne vertébrale. En prenant comme seul angle la communication politique et en réduisant la vie de Jackie à ses années à la Maison Blanche de part et d’autre de l’assassinat de JFK, Pablo Larrain avait fait de son film un modèle à l’attention des futurs ciné-biographes.

Il semblerait qu’il n’ait pas encore été entendu.

 

« Tom of Finland » - Biopic, Drame de Dome Karukoski avec Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky - Finlande, Danemark, Allemagne, Suède, États-Unis - Date de sortie 19 juillet 2017 – Durée : 1h 56’

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Europe, #Epoque contemporaine, #guerre, #Politique
Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abandonnant temporairement sa programmation très grand public, le Cinéma Les Beaux Arts de Monaco propose Dunkerque de Christopher Nolan hélas en version française. Christopher Nolan interrompant ses combats intergalactiques retrouve le plancher des vaches et se polarise sur un événement historique majeur : l’évacuation en urgence de la poche de Dunkerque en 1940 pendant la campagne de France. S’intéresser à ces réflexes historiques qui vous transforment une défaite en victoire par une idée de génie comme les Taxis de la Marne en 1914 ou la grande armada des petits bateaux de 1940 est effectivement éminemment cinématographique.

Dunkerque est un film de guerre, Dunkerque est un film sur un événement historique, Dunkerque possède tous les traits du film de guerre, batailles, héroïsme, petites lâchetés, gros lâchages, sacrifices, honneurs, etc. De ce point de vue il se place dans la foulée de Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg. Dunkerque casse régulièrement les grands espaces par des espaces extrêmement contraints, anxiogènes jouant avec la respiration du public. Comme tous les films de guerre, Dunkerque vise au réalisme mais souligne certaines situations, fait des choix, n’évite pas certains défauts comme  l’héroïque atterrissage sur la plage en fin de film mais il fonctionne.

Le principal atout de Dunkerque est qu’il tient en haleine et en émotion en jouant sur six strates spatio-temporelles qui s’entrecroisent. Dunkerque montre bien la conjonction des trois éléments la mer, la terre et l’air pour comprendre les enjeux de cette bataille. Hormis quelques scènes en début de film, Dunkerque ignore superbement la ville dont il porte le nom pour se concentrer sur les interfaces aéro-maritimo-terrestre, là où tout se joue. Dunkerque joue aussi avec trois temps : les deux jours de l’évacuation, la nuit de la traversée de la grande armada et les quarante-cinq minutes de carburant qu’il reste au pilote pour nettoyer le ciel. En passant d’une strate à l’autre, en faisant de l’interface spatiale le point de convergence de l’interface temporelle, Christopher Nolan fait mouche et rend le film dynamique et émouvant.

Certes le film oublie Dunkerque, les forces françaises, les Allemands présents uniquement par les balles et les bombardements assez lâches puis vaguement visibles dans les dernières scènes, mais Dunkerque reste un film très réussi pou peu que le public se laisse porter par le film de guerre. Pour un atterrissage après des années dans l’espace, Christopher Nolan s’en sort fort bien.

 

 

« Dunkerque » - Film de guerre de Christopher Nolan avec Fionn Whitehead, Tom Glynn-Carney, Jack Lowden – États-Unis, France, Royaume-Uni, Pays-Bas - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 47min

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Amour
17èmes Musicales du Trophée à La Turbie - Concert Richard Wagner

17èmes Musicales du Trophée à La Turbie - Concert Richard Wagner

Il fallait oser… ils l’ont fait. Pour son premier concert, l’association Ars Viva dans le cadre des 17èmes Musicales du Trophée à La Turbie n’a pas lésiné. Douze musiciens, pas un de plus pas un de moins et une Mezzo soprano dirigés par la facétieux Fabrice Pierre ont interprété des œuvres de Richard Wagner dans l’église Saint-Michel de La Turbie.  Difficile de dire lequel des deux exploits est le plus osé : jouer des œuvres de Richard Wagner en formation de poche ou faire résonner des héros païens (Prélude et Mort d’Isolde et le Siegfried Idyll) et louer les amours coupables sous-tendues par les Wesendonck Lieder dans un édifice consacré. L’ensemble était présenté comme d’habitude par la talentueuse Annick Fiaschi-Dubois.

S’il est un lien entre les trois pièces proposées, c’est bien l’amour mais l’amour sous toutes ses formes. Amour paternel avec Siegfried Idyll, composé pour la naissance de Siegfried Wagner son troisième enfant conçu avec Cosima von Bülow en juin 1869. Amours coupables avec les Wesendonck Lieder, écrits sur des poèmes de Mathilde Wesendonck, femme d'un des mécènes de Wagner et fruits de leur… très étroite relation dans la serre. Et enfin amours impossibles avec le Prélude et la Mort d’Isolde.

Si certains nourrissaient des doutes légitimes sur l’interprétation, la prestation de l’orchestre de poche a fait merveille emplissant l’édifice baroque d’une musique que ses occupations habituelles ne lui laissent pas le temps d’écouter. Les douze musiciens majoritairement issus de l’orchestre philharmonique (Liza Kerob et Gianni-Battista Ermacora  au violon, Federico Hood à l’alto, Thierry Amadi au violoncelle, Mariana Vouytcheva à la contrebasse, Noëlle Fichou-Vera à la harme, Raphaëlle Truchot-Barraya à la flûte, Mathieu Bloch au hautbois, Michel Mugot au basson, Didier Favre au cor et Gérald Rolland à la trompette) ont prouvé que le grand Richard était soluble dans le nombre.

Hormis Siegfried Idyll composé dès l’origine pour 13 musiciens, les deux autres œuvres nécessitent un effectif plus important  et une Mezzo Soprano. Pauline Loncelle entourée par les musiciens donne corps à Isolde et redonne vie à Mathilde Wesendonck. Son interprétation est parfaite et l’équilibre entre musiciens et chanteuse est idéale. Il est impressionnant de constater en tant que spectateur que les réactions que provoque la Mort d’Isolde sont intactes quel que soit l’effectif.

Enfin, si d’aventure la Mort d’Isolde vous a plongé dans une profonde mélancolie, retournez au curriculum vitae du facétieux Fabrice Pierre et parcourez le. Vous y apprendrez entre autres qu’il mène une double carrière (bien connue sous le nom de carrière de Pierre) ou encore qu’il a toujours été apprécié tant pour ses interprétations raffinées et rigoureuses que pour l’appétit et le bon goût avec lesquels il affronte les périls liés aux diners après-concerts (sic) ou enfin qu’il est invité dans de grands festival internationaux (Kuhmo, Prades, … Evian, Vichy et San Pellegrino).

Émotions, talents et humour, quelle merveilleuse soirée !

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Photographie, #environnement, #arts numériques
Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

D’entrée de jeu Agnès Varda et JR  commencent par expliquer au spectateur où ils ne se sont surtout pas rencontrés. La facétie devient donc une évidence, elle ne les quittera quasiment pas.  En sur-jouant d’entrée leur propre rôle, ils ne laissent aucun doute quant à la spontanéité savamment orchestrée de leurs propos et de leurs gestes. Agnès Varda filme, JR photographie et colle mais le montage au final a fait son œuvre.

Visages, Villages est un Tour de la France par deux enfants, le patriotisme en moins, le patrimonial en plus. Le film fixe une certaine France, celle qui tend à disparaître sans nostalgie inutile. Il célèbre la France rurale, les éleveurs, les agriculteurs qui se retrouvent bien seuls à force de concentration des terres. Puis la caméra rend hommage à la France industrielle à travers les corons du Nord ou les dockers du Havre. Symboliquement d’ailleurs la caméra capture au passage le village atlantique fantôme, celui qui a certes disparu dans ses fonctions mais qui est toujours physiquement présent.  

Visages, Villages est une question de regards. Si le film joue sur la maladie des yeux d’Agnès Varda ou sur les lunettes noires de JR, il est un regard croisé de deux artistes, de deux générations, de deux pratiques artistiques. Dans les questions de regard, la focalisation interne n’est jamais loin et le film finit par citer ses références : Guy Bourdin, Henri Cartier –Bresson, Jean-Luc Godard pour les artistes et Pierrot le Fou, les Glaneurs et la Glaneuse, la galerie du Louvres pour les œuvres.

L’esprit même du film fait penser à Raymond Depardon et son camion, à Alain Cavalier pour les jeux de rôle, à Michel Gondry dans le rapport au public mais si le film est tout cela à la fois, il déroule son identité propre et nous entraine dans son cheminement. Villages, Visages est une bouffée d’oxygène, un enchantement et déjà une référence.

 

« Visages, Villages » - Documentaire d’Agnès Varda et JR – France - Date de sortie : 28 juin 2017 – Durée : 1h 29’

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amour, #Amérique latine, #mort
Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Marina et Orlando s'aiment. Les différences sont là visibles, moins visibles ou invisibles. Marina est jeune, Marina est la pièce rapportée car Orlando commence une deuxième vie, il a une ex-femme, des enfants, etc. Marina est trans, le film aura la délicatesse ne nous épargner les détails des opérations potentielles.  

Orlando meurt brusquement et la cauchemar de Marina commence : la police enquête car Orlando est tombé dans les escaliers et présente des hématomes forcément suspects, la famille ne veut pas entendre parler de la pièce rapportée sauf à lui demander de lui ramener la voiture, de partir de l’appartement ou de ne pas apparaitre aux obsèques.

Marina hésite, se tait quand il faudrait parler, insiste lorsqu’il faudrait se taire, se laisse dépouiller lorsqu’il faudrait insister. Toutes ces réactions à contretemps prouvent le désarroi de Marina qui vient de perdre sa vie, ses rêves, ses espoirs, sa normalité en une soirée.

Sebastián Lelio tenait un sujet majeur. Dans la lignée de Navidad pour la délicatesse et de Gloria pour l’énergie, il était parfaitement aidé par l’acteur transgenre Daniela Vega sur laquelle repose tout le film. Le sujet est intéressant, la mise ne scène maîtrisée, la caméra préserve la pudeur nécessaire au sujet, ne cherche ni le graveleux ni le sensationnalisme mais…

Sebastián Lelio a une fâcheuse tendance : chercher à faire basculer le spectateur du côté de l’héroïne.  Un peu moins de parti pris aurait sans doute grandit encore davantage sa Femme fantastique.

 

 

« Une Femme fantastique » - Drame de Sebastián Lelio avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco – Chili, Allemagne, Espagne, États-Unis -  Date de sortie :  12 juillet 2017 - Durée : 1h 44’

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Proche orient, #Violence, #Amour, #Bad boys, #Epoque contemporaine, #Politique
Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’époque est troublée : l’affaire se déroule en Égypte lors des manifestations Place Tahir de janvier 2011 dans ce que l’Histoire nomme désormais les Printemps arabes. Si la politique n’est pas le sujet du film, elle est omniprésente par ses événements, les manifestations sur lesquelles se termine le film et par la corruption décrite comme un véritable sport national.

Sur fond de meurtre, de chantage et de corruption, le film suit le personnage  Noureddine, l’éternel inspecteur rebelle des thrillers chargé de l’enquête, sorte d’Inspecteur Harry version égyptienne. Dans un système policier mafieux, Noureddine enquête sur le meurtre d’une  chanteuse dans un hôtel et remonte le fil jusqu’à un proche de Moubarak.

Pot de terre contre pot de fer, puissant contre petit fonctionnaire, riche contre pauvre, corrupteur contre corruptible, inspecteur pas très normé contre intouchable, tout les ingrédients du thriller sont présents et cela fonctionne plutôt bien notamment en raison de la présence de Fares Fares qui porte le film à bout de bras, de bout en bout, qui lui imprime son rythme, sa marque, son tempo, son ambiance, ses rebondissements.

Régulièrement, la caméra lâche temporairement l’enquête pour capter l’ambiance du régime vacillant. Même si son héros n’est jamais bien loin, elle sonde tous les maux de la société égyptienne. La caméra suit les migrations, la pauvreté, la corruption, les contrastes sociaux, le manque d’eau, etc. Cela peut agacer comme cela peut intéresser. Mais cette promenade dans les vices de la société égyptienne impose un pessimisme et un fatalisme sur cette société qui présage déjà le sort fatal de l’Égypte et sa normalisation par coup d’État. Mektoub !

 

« Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh avec Fares Fares, Mari Malek, Yasser Ali Maher - suède, Allemagne, Danemark - Date de sortie : 5 juillet 2017 – Durée : 1h50’

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Cinéma
Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Pour pouvoir montrer une œuvre ancienne, il faut d’abord qu’elle existe, c'est-à-dire qu’il faut l’avoir conservée. Pour pouvoir la conserver, il faut d’abord l’avoir collectée. La formule d’Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque française, tombe tellement  sous le sens qu’il se trouve encore des pays, des contrées, des régions qui ne l’ont pas mise en application. Pourtant La science de ton passé est ton passeport pour l'avenir comme se plaisait à le dire Christine de Suède.

A Monaco, les archives audiovisuelles ont vingt ans : c’est beaucoup et c’est peu à la fois. C’est peu si la référence est la collection considérable et fort ancienne des archives du Palais princier, c’est beaucoup à la seule mesure du travail qui a été réalisé pour la collecte, la conservation, la restauration et la valorisation du patrimoine en si peu de temps.  C’est énorme pour peu que l’auditoire imagine les traces audiovisuelles qui ont fleuri au XXème siècle.  

Pour célébrer sa juvénilité, l’équipe des archives au grand complet a œuvré et la soirée qui a été proposée au public monégasque en présence de Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II et de Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre, s’est révélée très riche, très variée et fort instructive. Passés les discours protocolaires, Vincent Vatrican, Laurent Trancy et Christian Roti ont animé la soirée sans temps mort sautant allégrement de la conservation à la restauration, des archives sonores aux archives audiovisuelles, du noir et blanc à la couleur, de l’archive privée à l’archive publique.

Au final, le public aura revu des images d’archives qu’il avait pu voir ça et là au gré des actions des archives audiovisuelles,  découvrir des petits bijoux d’archives comme la présence de Max Linder à Monaco ou quelques scènes de rue du XIXème siècle, entendre la voix de Colette sortir des limbes ou encore entendre l’équipe du Prince Albert Ier de Monaco sur les quais du Havre en 1899 après une expédition aux Spitzberg.

Et pour que le public comprenne l’ampleur de la tâche, les interventions récurrentes de Laurent Trancy sur la restauration des images, sur la restauration des bandes son, sur les limites du  travail de restauration, sur l’évolution permanente du métier et des techniques ont apporté un éclairage captivant. La valorisation des archives est un aspect important de la mission : il permet de ne pas gélifier le passé, de ne pas le transformer en mausolée mais bien de les transformer en objets visibles pour que chacun se les approprie comme il s’approprie son espace.

L’équipe des archives audiovisuelles de Monaco déménagera en août 2018 dans des locaux neufs et beaucoup plus vastes dans  l’immeuble l’Engelin, en face de la villa Paloma, passant de 250 m2 à quasiment 800 m2 avec des locaux de stockage d’environ 450 m2. De quoi collecter, stocker, restaurer et valoriser encore et encore. L’équipe au grand complet des archives audiovisuelles présente sur le plateau a reçu une ovation comme une invitation à poursuivre et à nous émerveiller encore.

Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #cinéma, #Extrême orient, #Amour, #Violence, #Jalousie
[Cinéma – Cinéma Mercury – Nice] Hong Sang-Soo : "le jour d’après"… est peu reluisant !

Le titre sonne comme un titre de film post apocalyptique sauf qu’en général chez Hong Sang-Soo l’apocalypse est dans les âmes, dans les têtes, dans les cœurs. Un film d’Hong Sang-Soo ressemble souvent à cette caricature de Caran d’Ache sur l’affaire Dreyfus représentant le diner de famille avant et après le pugilat avec ce titre Ne Parlons pas de l’affaire puis Ils en ont parlé. Sauf que comme à l’accoutumée les films de Hong Sang-Soo « ressemblent à » pour mieux s’en démarquer et ne ressembler à rien d'autre.

Ce pourrait être un hommage à Quadrille de Sacha Guitry et le parti pris de tourner en noir et blanc renforce ce qui ressemblerait à un clin d’œil. C’est assurément du Hong Sang-Soo avec ses longs plans séquences, ses interminables repas arrosés, ses petits mensonges qui embrouillent à plaisir, ses rebondissements, la neige sur Séoul et surtout sa construction.

L’affaire est apparemment simple : Bongwan, patron d’une petite maison d’édition est partagé entre sa femme acariâtre et sa maîtresse sans pitié qu’il a embauchée. Sa maîtresse le quitte, il embauche Areum pour la remplacer, la baratine et, fatalement, sa femme vient demander violemment des comptes à celle qu’elle prend pour la maîtresse. La maîtresse revient, Areum part, etc. Ne manquent que les portes qui claquent sauf que de cette histoire limpide, Hong Sang-Soo privilégie la déconstruction du récit qui promène le visiteur dans les méandres du temps.  

Sous des dehors de marivaudage, de pièce de boulevard, le ton se fait plus acide : le public entre assez vite en empathie avec Areum, finit par fulminer aux mensonges de Bongwan et se lasse de ce Dom Juan de pacotille, déteste cette acariâtre épouse et rejette cette égoïste maîtresse. Comme d’habitude, Hong Sang-Soo sonde les âmes, interroge le ressort amoureux, complexifie les rapports humains et sort de ce cycle par une pirouette inattendue pour notre plus grand bonheur.

 

« Le Jour d'après » - Drame de Hong Sang-soo avec Kim Min-Hee, Hae-hyo Kwon, Kim Saeybuk – Corée du Sud - Date de sortie : 7 juin 2017 – durée : 1h 32min

Nice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Urbanisme, #Moyen âge, #Epoque moderne, #environnement
Lectoure - Cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lectoure - Cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Après Auch, sa cathédrale, ses escaliers monumentaux et son ancien palais épiscopal devenu préfecture, la Lomagne au nord d’Auch abrite quelques petits bijoux patrimoniaux qui méritent bien plus de temps que la simple journée de découverte.  Outre les bastides de Fleurance ou de Cologne, la région comprend également la commune de Lectoure dont le projet de développement touristique se mesure aux travaux en cours.  

Lectoure, capitale du comté d'Armagnac, subit plusieurs sièges, notamment celui de 1473 qui marque la fin de la maison d’Armagnac et le rattachement à la couronne de France. Ville d’art et d’histoire, Lectoure conserve de nombreux bâtiments classés comme la cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais, la tour d'Albinhac du XIIIème siècle, la tour du Bourreau du XIVème siècle ou l'ancien hôpital château des Comtes d'Armagnac entre autres.

La rue principale de la ville témoigne des aléas de l’histoire : la rue Royale baptisée temporairement rue Impériale retrouva puis conserva sa dénomination révolutionnaire de rue Nationale. Tout le long de cette rue s’élèvent  des hôtels particuliers construits pour la plupart aux XVIIème et XVIIIème siècles dans une architecture classique d’une grande sobriété. Beaucoup ne sont d’ailleurs visibles de l’extérieur que par leur grand portail d’entrée.

Lectoure soigne et développe sa réputation de ville patrimoine et cherche à se différencier de ses voisines par des travaux importants actuellement en cours. Comme dans les autres villes, des  travaux de sauvegarde pour assurer la conservation à long terme des bâtiments historiques comme ceux de l'ancien hôpital château des Comtes d'Armagnac sont en cours. Ils visent à restaurer le toit, remplacer descentes d'eaux pluviales en amiante-ciment empêcher la détérioration des façades.

Mais Lectoure s’apprête également à attirer un tourisme ciblé et deux chantiers sont en cours. Installés dans l’ancien hôtel particulier de Goulard, demeure classée du XVIIIème siècle, les thermes de Lectoure font peau neuve et réhabilitent l’intérieur des bâtiments par réaménagement des vestiaires, des sanitaires et de l'accueil. A proximité de cet hôtel, un site inscrit à l'inventaire général du patrimoine, ancienne place d'armes, occupé ensuite par le collège des Doctrinaires puis une annexe de l'hôpital, va se transformer à terme en un hôtel 3 étoiles directement connecté à l'établissement thermal de Lectoure. L'hôtel des Doctrinaires vise clairement la clientèle thermale et une clientèle «affaires» sans dénaturer la zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager dans lequel il est inscrit.

Reste à prévoir désormais dans l’agenda la découverte de la Lomagne puis du département entier…  rude affaire.

Auch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Auch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Evénement au Capitole de Toulouse et retour indirect de Voltaire après Candide (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/musique-theatre-du-capitole-toulouse-candide-energie-joie-et-optimisme-pour-la-fin-de-l-annee.html) avec la résurrection du Prophète, opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps d'après l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations  de Voltaire. Véritable phénomène au cours du XIXème siècle, Le Prophète a finalement déserté les scènes françaises notamment en raison de ses coûts de production.

L’intrigue suit la vie de Jean de Leyde entre Dordrecht et Münster en Allemagne à l’époque du grand déchirement entre catholiques et protestants en Europe au XVIème siècle. Jean de Leyde, chef protestant des anabaptistes et autoproclamé « roi de Sion », directement inspiré par ses visions divines affirmées, administra la communauté anabaptiste de Münster de  février 1534 à juin 1535 en autocrate dans un climat délirant loin de toute préoccupation religieuse sérieuse. Marguerite Yourcenar dans L’œuvre au noir retrace également  cet épisode.

Dans la fosse, Claus Peter Flor, invité régulier du théâtre du Capitole et spécialiste des répertoires allemand et autrichien, montre toute son habileté dans le grand opéra français. Pendant trois heures quarante, il fait résonner l’orchestre faisant ressortir toutes les couleurs de l’œuvre.  Sur scène, le plateau n’est pas franchement francophone mais, heureuse surprise, la diction est parfaite même si elle s’épuise pour certains à la fin de l’œuvre.  John Osborn  toujours  en forme tient le rôle titre, sa mère scénique Fidès et sa fiancée scénique Berthe sont remarquablement interprétées par Kate Aldrich et Sofia Fomina. Les trois anabaptistes, Zacharie, Mathisen et Jonas qui reviennent de manière récurrente sont respectivement et parfaitement incarnés par Dimitry Ivashchenko, Thomas Dear (le seul francophone du groupe) et Mikeldi Atxalandabaso. Seul Leonardo Estévez fait une entrée catastrophique en Comte d’Oberthal avant de se rattraper dans le peu qu’il  lui reste à chanter.

Stefano Vizioli signe la mise en scène et c’est sans doute la partie la plus fragile de l’œuvre. Sa conception offre un certain nombre de qualités, il est notamment bien secondé par Alessandro Ciammarughi pour les décors et les costumes et par Guido Petzold qui module les espaces avec ses lumières. Les mouvements chorégraphiques très marqués par l’époque de l’œuvre même retravaillés par Pierluigi Vanelli  font anachroniques mais, surtout, sans travail et sans pensée réelle sur l’ambivalence de Jean de Leyde, véritable despote aux visions mystiques, Stefano Vizioli en fait un simple opportuniste alors que son personnage est beaucoup plus tourmenté. Cela ne lui permet pas de  travailler les tunnels de l’œuvre notamment dans sa dernière partie.  Cependant, le fait même de voir l’œuvre ressurgir atténue fortement ce bémol sur la conception du personnage central.

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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