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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Proche orient, #Adolescence, #Violence
« Sonita » de Rokhsareh Ghaem Maghami - Cinéma Rialto - Nice

« Sonita » de Rokhsareh Ghaem Maghami - Cinéma Rialto - Nice

Décidément, Les Inaperçus manquent cruellement sur la Côte d’Azur. Si Sonita de Rokhsareh Ghaem Maghami a fait une brève apparition, ce ne peut être qu’au Mercury en octobre et c’est donc avec bonheur que le Rialto l’a redonné en séance spéciale. Vraiment il manque soit une manifestation de rattrapage de tout ce qui est fugacement sorti sur la Côte d’Azur, soit il manque un public avisé qu’il ya urgence à former.

Sonita est un film documentaire de Rokhsareh Ghaem Maghami qui épouse tellement son sujet qu’elle finit d’ailleurs assez régulièrement devant la caméra  alors qu’elle devrait être derrière. Il faut dire que le film repose sur le destin de Sonita son principal personnage ou sa principale actrice c’est selon et que l’histoire menace à diverses reprises de se terminer fort rapidement par un mariage forcé en Afghanistan.

Sonita est adolescente lorsque Rokhsareh Ghaem Maghami la rencontre lors de repérages sur les migrants afghans en Iran. Sonita est l’objet dramatique rêvé : elle est refugiée, a fui de manière rocambolesque l’Afghanistan, se retrouve seule à Téhéran, adore le rap, se rêve en fille de Mickaël Jackson et de Rihanna. Mais Sonita est une fille, Sonita est une ressource financière matrimoniale pour sa famille, Sonita doit se marier et une femme afghane ça ne chante pas seule voire ça ne chante pas du tout.  

Ce qui change son destin et ce qui explique du même coup le changement de statut de la réalisatrice qui de réalisatrice devient actrice de son propre film, c’est la volonté de l’équipe artistique de tournage de payer la dot de Sonita pour éviter temporairement le mariage forcé. Si un problème éthique se pose, le film qui aurait pu s’arrêter brutalement repart de plus belle.

Sonita est un objet cinématographique ambivalent. Il joue évidemment sur les sentiments mais la musique, le rap de Sonita font mouche immédiatement. Son sens de la réalisation et son sens de la scène attirent les regards et les objectifs, sa musique et ses paroles ensorcellent.  Mais en même temps, le montage même du film laisse perplexe transformant une histoire exceptionnelle en  un schéma narratif chronologique se terminant immanquablement par un succès public sur scène… comme si Rokhsareh Ghaem Maghami était terrassée par son récit.

Il reste cependant le portrait d’une artiste en devenir, les passages remarquablement bien captés du rap psalmodié au rap orchestré et les mots qui fusent, frappent, dégainent avec une efficacité redoutable. Malgré ses défauts, Sonita crève l’écran.

 

« Sonita » - Film documentaire de Rokhsareh Ghaem Maghami avec Sonita Alizadeh, Rokhsareh Ghaem Maghami - Allemagne, Iran, Suisse - Date de sortie 12 octobre 2016 – Durée : 1h 31min

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Epoque contemporaine, #Amérique du Nord, #utopie
« Food Coop » de Tom Boothe - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Food Coop » de Tom Boothe - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

En son temps la mission cinéma de l’espace Magnan avait créé un rendez-vous qui s’intitulait Les Inaperçus et qui reprogrammait des films pas ou fugitivement vus à Nice… et il y avait matière. C’est un peu ce rôle que tentent d’assumer chacun à tour de rôle les cinémas Rialto et Mercury. Ce dernier reprogramme dans le cadre du Festival des Jardins de la Côte d'Azur le film documentaire de Tom Boothe Food Coop sorti sur les écrans en novembre 2016.

Après avoir goûté aux nourritures spirituelles avec A Voix haute – La Force de la parole de Stéphane De Freitas et Ladj Ly, le film de Tom Boothe nous ramène à des nourritures plus terre à terre en nous emmenant à New-York à la découverte de la coopérative alimentaire de Park Slope,  supermarché autogéré qui a ouvert ses portes en 1973 à l’aube du retournement de la conjoncture économique mondiale.

Ce supermarché autogéré revendique 16 000 membres. A raison de trois heures de travail bénévole par mois, chaque membre acquiert alors le droit d’y acheter des produits alimentaires bio à des tarifs défiant toute concurrence. Ce magasin implanté dans la mégapole multimillionnaire de New-York à proximité de Wall Street ne cesse d’intriguer. L’enjeu du film est de décortiquer à la fois les enjeux de ce type de magasin, son fonctionnement, ses qualités comme ses défauts.

Le film poste par poste, du créateur au balayeur, enjeu par enjeu, du bio au recyclage, questionne l’aventure collective avec le moins de fard possible. Le parti-pris est certes partisan mais  sans pour autant faire l’impasse sur les difficultés, les imperfections, les écueils du modèle. Il est en fait filmé pour ce qu’il est, il est à regarder pour ce qu’il représente : une  originale et formidable aventure humaine qui dure depuis près de cinquante ans.

 

« Food Coop » - Film documentaire de Tom Boothe – États-Unis, France - Date de sortie 2 novembre 2016 –Durée 1h 37min

« Food Coop » de Tom Boothe - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Food Coop » de Tom Boothe - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Food Coop » de Tom Boothe - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Racines
« A Voix haute – La Force de la parole »  – Film documentaire de Stéphane De Freitas et Ladj Ly – Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCharles/un-culte-d-art.overblog.com

« A Voix haute – La Force de la parole » – Film documentaire de Stéphane De Freitas et Ladj Ly – Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCharles/un-culte-d-art.overblog.com

Toute personne hermétique au système comm’ et peu adepte des concours en tout genre et des finales à l’australienne popularisés par la soi-disant téléréalité risquent de se retrouver en difficulté dans les premières minutes du film documentaire de Stéphane De Freitas et Ladj Ly. Encore un concours, encore une compétition, encore une affaire de forme à défaut de fond. Mais par quel miracle le film arrive à retourner les spectateurs ?

Car c’est une évidence, le spectateur quitte la salle le sourire aux lèvres, l’air rasséréné, plein d’espoir en ce monde qui décidément n’est pas la jungle hostile que nous dépeignent à longueur de temps les médias d’autant que le film se déroule à l’Université de Saint-Denis où  le concours Eloquentia doit élire le meilleur orateur du 93… rien que cela. Et les réalisateurs suivent de jeunes étudiants issus de cette France multiethnique qui sont noirs, chrétiens, blancs, musulmans, voilés, religieux, casquettés, athées, etc. L’inverse de la France que certains nous vendent sans jamais être allé ne serait-ce qu’à la basilique de Saint-Denis, se plonger dans les racines de la France dont ils nous rebattent les oreilles.

Le film documentaire est globalement chronologique : il a un début, un milieu et une fin, suit différents parcours, se termine par l’après-concours dans un cadre parisien, rare instant de sortie du cadre universitaire dionysien. Ce qui fait la force du film tient en fait à la théâtralisation de l’éloquence. Il n’est pas étonnant d’ailleurs de retrouver dans le dernier carré des étudiants qui savent jouer avec leur corps appliquant ainsi le sacrosaint principe de l’art dramatique qui veut qu’au théâtre on parle avec ses pieds. Imperceptiblement mais très rapidement, le concours d’éloquence se mue en concours de mise en scène, de mise en espace  duquel l’éloquence n’est certes pas absente mais qui donne une autre dimension. Les étudiants tirent d’avantage vers Euripide que vers Démosthène et ses cailloux.

Le spectateur éprouvera rapidement de l’empathie pour ses personnages aux caractères bien trempés, n’hésitant jamais à se jeter dans l’arène, possédant tous un parcours atypique desquels ils se sortent ou se sont brillamment sortis. Loin des étudiants véhiculés aux études financés par Papa, tous ces jeunes ont par leur mérite acquis une volonté farouche de réussir et de se saisir de toutes les opportunités non pour gagner le concours Eloquentia, cela finit même par devenir secondaire, mais pour progresser encore et encore. Cette humilité et cette force intérieure qui les meuvent touche au cœur.

Loin des clichés, tous rapidement détournés, loin de l’angélisme, les échanges pouvant s’avérer musclés, loin de l’anecdote, le film montre en permanence la profondeur de jugement des étudiants, loin de l’individualisme, les soutiens familiaux s’avérant vitaux pour les uns comme pour les autres, le film finit par instiller sa petite musique d’espoir, sa partition de lumières et son irrésistible attraction. En ces temps de grands n’importe quoi dits sur les banlieues, les cités, la jeunesse, le film apporte un démenti cinglant à qui veut bien se déplacer et faire un effort intellectuel substantiel de curiosité. Avec ce film, l’ascenseur social semble bien moins mal en point que répété à l’envi ; il vous montre au contraire comment ouvrir la porte de la cabine et appuyer sur le bouton. 

 

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Opéra, #Musique, #Danse
« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tous les spectateurs qui avaient goûté à l’intelligente mise en scène de son film documentaire Cleveland contre Wall Street présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2010 se sont certainement précipités pour découvrir son nouveau film L’Opéra qui retrace la  saison 2015-2016 dans les coulisses de L’Opéra de Paris. Curieusement, tout le public des désormais célèbres retransmissions d’opéra en direct (comme si cela avait une incidence quelconque sur son déroulement) du Met’ brillait par son absence. Chose d’autant plus curieuse qu’il semble a priori plus cohérent de visionner un film documentaire dans une salle de cinéma et d’assister à une représentation d’opéra dans un théâtre lyrique mais peut-être ce public de connaisseurs attend-il la retransmission d’un film documentaire dans un stade de foot ou dans un lieu qui ne s’y prêterait pas.

Ceux qui avaient apprécié Cleveland contre Wall Street ne s’attendaient donc pas à un reportage avec le milieu, le début et la fin d’une production mais à une approche plus originale. En fait, loin des arcannes juridiques, financières, administratives, promotionnelles, Jean-Stéphane Bron s’est surtout attaché à remettre l’humain au cœur du dispositif. L’humanité de L’Opéra, ce sont non seulement ses différents champs (danse, concert, lyrique) mais également ses corps (les administratifs, les techniciens, les artistes, les usagers) et ses grades (soliste, choriste, musicien, directeur musical, directeur chorégraphique, directeur général, danseur, mélomane, mécène, etc.) pour reprendre un langage administratif.

Pour faciliter la visibilité dans les méandres de l’opéra, Jean-Stéphane Bron suit plus particulièrement quelques personnages : Stéphane Lissner, directeur général, Philippe Jordan, directeur musical ou Benjamin Millepied, éphémère directeur chorégraphique mais également quelques personnes plutôt habituées à l’ombre comme la régisseuse plateau. Le jeune baryton Mikhail Timoshenko endosse le rôle fort envié du fil rouge ; le public le retrouve de manière récurrente dans ses débuts à l’opéra, véritable incarnation de l’intemporalité de la scène s’ancrant dans la tradition et se tournant vers l’avenir.  

L’opéra filmé dans son quotidien évite le sensationnalisme des conflits trop marqués sans pour autant sombrer dans la candeur ou l’hagiographie. Stéphane Lissner est souvent représenté dans une grande solitude dans son bureau, dans sa loge, dans les bâtiments. Il est représenté en « dénoueur » de conflits plutôt combattif que ce soit lors des appels à la grève ou lors du départ de Benjamin Millepied. Les crispations entre le chœur et le metteur en scène reviennent de manière récurrente. Et évidemment, le renoncement à la dernière minute de Gerald Finley  pour tenir le rôle de Hans Sachs dans Die Meistersinger von Nürnberg (Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg) de Richard Wagner rajoute de l’électricité dans une équipe qui doit le remplacer au pied levé.

C’est donc bien toute l’humanité de ce microcosme qui fait la force du film dans lequel l’humour n’est jamais bien loin : les régisseuses plateau qui fredonnent  en coulisses les airs de  Die Meistersinger von Nürnberg et qui sont obligés de changer de tonalité régulièrement, la tête ahurie de Mikhail Timoshenko à qui le grand Bryn Terfel demande son aide pour apprendre le rôle de Boris Godounov, les enfants de l’opération « Les Petits violons » décontenancés par les instruments, la réunion administrative sur la quadrature du cercle « baisse du prix des billets, équilibre budgétaire »,  tout concourt aussi à la bonne humeur.

Mieux que les représentations du Met’… en direct, visionner dans une salle de cinéma enfin rendue à son objet premier le film documentaire L’Opéra de Jean-Stéphane Bron est un acte militant et mélomane. Pour les représentations d’opéra, le public pourra toujours se reporter sur la salle la plus proche, même à 200 kilomètres, pour les voir dal vivo réalisant ainsi dans la foulée un autre acte tout aussi mélomane et militant.

 

« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron – Suisse, France - Date de sortie : 5 avril 2017 – Durée : 1h 50’

« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com « L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Opéra, #Amour, #Violence, #Littérature, #mort
« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Visiblement, le roman de Nikolai Leskov écrit en 1865 Lady Macbeth du district de Mtsensk (Леди Макбет Мценского уезда) a le vent en poupe. Comme la vraie Lady Macbeth, Lady Macbeth du district de Mtsensk planifie les meurtres mais ne cède pas à la folie, comme Madame Bovary de Gustave Flaubert dont elle est la contemporaine, elle s’ennuie et ne connaît pas franchement l’extase auprès de son mari.

Il n’est donc pas étonnant que l’opéra se soit emparé de cette empoisonneuse par l’intermédiaire de Dmitri Chostakovitch sur un livret d'Alexandre Preis et du compositeur avec Lady Macbeth du district de Mtsensk ou plus simplement Lady Macbeth de Mtsensk ; cet opéra en quatre actes créé le 22 janvier 1934 au Théâtre Maly de Léningrad  subira cependant les vicissitudes du stalinisme avant de connaître une renaissance récente (http://un-culte-d-art.overblog.com/2015/05/musique-opera-de-monte-carlo-monaco-loin-de-nous-empoisonner-lady-macbeth-de-mtsensk-fascine.html).

Le cinéma s’empare dès 1961 du personnage avec Andrzej Wajda et sa Sibirska Ledi Magbet (Lady Macbeth sibérienne) ou en 1994 avec Valeri Todorovski et  Katia Ismailova. William Oldroyd rapatrie en 2017 The young Lady sur les terres britanniques en suivant le destin de  Katherine.  Katherine qui  mène une vie malheureuse dans l’Angleterre rurale du milieu du XIXème, fuit un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge en tombant amoureuse d’un palefrenier.

Le grand intérêt de toutes ses versions consiste à comparer le contexte et les variations d’une histoire à l’autre. Les permanences y sont : l’héroïne se prénomme Catherine, c’est une femme en mal être avec un époux absent qu’elle n’a pas choisi,  elle s’ennuie ferme dans sa maison, elle est dotée d’un beau-père acariâtre, elle est prête à tout pour vivre un amour passionné, elle empoisonne presque par inadvertance le premier gêneur puis  planifie plus froidement le reste des exécutions.

En revanche, la fin diffère d’une adaptation à l’autre. La déportation et le goulag font irruption chez Dmitri Chostakovitch et l’héroïne trompée se fait une dernière fois meurtrière avant de se suicider. Katherine, The young Lady est filmée de manière très académique se plaçant toujours dans un cadre qui l’enserre constamment. Elle se situe à mi-chemin entre la folie de la vraie Lady Macbeth et l’anéantissement de Katerina Lvovna Ismaïlova : elle se fait plus cynique. Sa folie sera le cynisme et son anéantissement sera l’ennui.

 

 

« The young Lady » - Drame de William Oldroyd avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton – Royaume-Uni - Date de sortie : 12 avril 2017 – Durée : 1h 29min

« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amour, #Proche orient, #Religion, #Bad boys
« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Trois jeunes femmes d’aujourd’hui à Tel-Aviv. Trois jeunes femmes en colocation, trois destins professionnels entre l’avocate, la barmaid et l’étudiante. A mesure que le film avance, la mosaïque ethnico-religieuse du Proche-Orient apparait, comme apparaissent les familles des uns et des autres, comme apparaissent finalement les carcans derrière la Tel-Aviv branchée. Quelle que soit leur apparence, les trois femmes finissent par être confrontées chacune à sa manière,  aux préjugés politiques, sociaux, religieux de sa communauté.

Politique, militant, engagé, le film et sa réalisatrice semblent l’assumer complètement. Le poids des traditions, la force du qu’en dire-t-on ?, la tartuferie religieuse, tous les chemins sont explorés. Les hommes les plus engagés, les plus libéraux se retrouvent placés sur un pied d’égalité avec les plus conservateurs : leur duplicité est régulièrement soulignée, surlignée, rappelée. Maysaloun Hamoud , la réalisatrice ne prend même plus la peine de convoquer les religieux, la société civile s’est appropriée le message.

Pour un premier film, Maysaloun Hamoud attaque fort, s’engage, prend des risques, évite la caricature ou le trop grand manichéisme. Cependant, Je danserai si je veux n’est pas exempt de défauts propres à un premier film. Si la distribution et la direction d’acteurs sont efficaces, Maysaloun Hamoud a-t-elle réellement mesuré la distance nécessaire à apporter à ce genre de film ? Le film semble être son cri, son combat, son credo mais ne laisse finalement que peu de marges de manœuvre aux actrices  qui doivent porter l’étendard. D’une manière plus formelle, le film se perd dans une foule de détails avant de fonctionner par ellipse au risque d’apparaître comme décousu.

Cependant, à ces réserves près, Je danserai si je veux est un film nécessaire qui nous rappelle encore et encore qu’il est des combats qui sont loin d’être achevés. Je danserai si je veux est un film d’espoir qui braque son objectif sur ces résistantes sans qui rien n’aurait été et ne sera possible.

 

 

 

« Je danserai si je veux » - Drame de Maysaloun Hamoud avec Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura - Palestine, Israël, France - Date de sortie 12 avril 2017 – Durée : 1h 42min

« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Proche orient, #Amour
L'enlèvement au Sérail - Opéra de Toulon -Provence-Méditerranée ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L'enlèvement au Sérail - Opéra de Toulon -Provence-Méditerranée ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

correspondent sous les plumes d’Uzbek et Rica dans les Lettres persanes de Montesquieu ou qu’ils apparaissent derrière le célèbre Que diable allait-il faire dans cette galère? dans Les Fourberies de Scapin de Molière, les orientaux fascinent l’Europe de l’époque moderne qui ne s’est pas encore débarrassée de ses envies de croisades, les Turcs étant encore largement présents dans les Balkans. C’est dans ce contexte que Wolfgang Amadeus Mozart crée Die Entführung aus dem Serail (L’enlèvement au Sérail), Singspiel en trois actes sur un livret de Goettlieb Stephanie le  16 juillet 1782 à Vienne au Burgtheater.  Le droit des femmes, la liberté d’aimer, la captivité et les mirages orientaux, contribuent au succès immédiat de l’œuvre qui cherche par ailleurs  à fonder un modèle d’opéra allemand.

Outre sa spécificité, son texte parlé et ses multiples défis vocaux, Die Entführung aus dem Serail pose le problème de sa mise en scène qui doit jouer de tous les registres et gérer les différents espaces du drame.  Le metteur en scène se fait également comédien dans la mesure où il se réserve traditionnellement le rôle du Pacha Sélim. Une sorte de mise en abyme car le Pacha Selim qui détient les clés du palais, du sérail et du drame tient également les clés de la mise en scène.   

Pour gérer l’ensemble, le metteur en scène Tom Ryser ne s’est pas encombré d’une scénographie embarrassante qui pourrait devenir envahissante et empêcher les changements de lieux rapides. Il a préféré la proposition de David Belugou : une division du plateau en deux. L’avant-scène est le lieu du réel, le lieu permettant au drame de se nouer ou de se dénouer, l’arrière scène devient alors l’autre lieu qu’il soit le dehors par opposition au-dedans ou le dedans par rapport au dehors, le lieu fantasmé, le lieu du rêve, de l’inconscient du subconscient. Des tentures orientales, sortes de tapis verticaux, permettront ou empêcheront le passage à la fois à la manière d’Ali Baba avec un code mais aussi à la manière d’un jeu contemporain avec un code couleur et un bip sonore. Cette « verticalisation » d’objet horizontaux se retrouvera dans la scène du sérail avec des lits verticaux, signes que les codes sociaux sont chamboulés.  Les lumières de Marc Delamézière soulignent tout à tour les espaces et les costumes de Jean-Michel Angays et Stéphane Laverne complètent le dispositif.

La direction d’acteurs est judicieusement pensée. Le chant comme le texte comporte de nombreuses répétitions. A ces répétitions vocales, le metteur en scène répond par un comique de répétition qui fonctionne : chaque apparition des hommes dans le sérail sera ponctuée par un cri d’effroi des choristes que ne renierait pas le cinéma. Les classes sociales sont particulièrement marquées. Si les retrouvailles de Konstanze et Belmonte se font au ralenti, dans la plus grande pudeur, ne se touchant que modérément, celles de Blonde et Pedrillo se font plus sonores, plus tactiles, plus enjouées. La dualité des personnages, des couples, renforce la dualité de l’espace scénique. Enfin cerise sur le gâteau, Blonde est … brune mais porte le nom de la couleur de la chevelure de sa maîtresse.

Dans la fosse, Jurjen Hempel tire le meilleur du petit effectif de l’orchestre de Toulon et dirige parfaitement musiciens chanteurs et choristes que la mise en scène de Tom Ryser a su utiliser avec intelligence. Aleksandra Kubas-Kruk en blonde Konstanze et Jeanette Vecchione en brune Blonde campent les deux rôles féminins complémentaires avec conviction et relèvent chacune pour sa partie les défis vocaux de l’œuvre.  Oleksiy Palchykov (Belmonte) et Keith Bernard Stonum (Pedrillo) leurs pendants masculins sont au diapason et ne se livrent pas à une guerre de ténors. Ils ont la grande intelligence comme le yin et le yang de former un tout en étant eux-mêmes, Oleksiy Palchykov (Belmonte) en retenue nobiliaire et Keith Bernard Stonum (Pedrillo) en serviteur-bouffon. Toute la salle attendait Taras Konoshchenko en Osmin dans Wie will ich triumphieren : allait-il descendre deux fois jusqu'au ré grave ? S’il y arrive à sa deuxième tentative, son ré grave manque de puissance mais cela n’aura en rien gâché la réussite de cet enlèvement, vraiment superbement enlevé.

L'enlèvement au Sérail - Opéra de Toulon -Provence-Méditerranée Aleksandra Kubas-Kruk, Oleksiy Palchykov, Keith Bernard Stonum, Tom Ryser, Taras Konoshchenko, Jeanette Vecchione ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comL'enlèvement au Sérail - Opéra de Toulon -Provence-Méditerranée Aleksandra Kubas-Kruk, Oleksiy Palchykov, Keith Bernard Stonum, Tom Ryser, Taras Konoshchenko, Jeanette Vecchione ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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L'enlèvement au Sérail - Opéra de Toulon -Provence-Méditerranée Aleksandra Kubas-Kruk, Oleksiy Palchykov, Keith Bernard Stonum, Tom Ryser, Taras Konoshchenko, Jeanette Vecchione ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Europe
Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’heure est décidément à l’oxymore en Principauté. Après une ouverture de la saison lyrique avec un film… muet, le printemps des Arts se risque à un concert de clôture tout en ouvertures… celles d’Hector Berlioz. Dirigé par Kazuki Yamada, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo mettait en outre un de ses membres, la super-soliste Liza Kerob à l’honneur avec Rêverie et Caprice, Opus 8 H 88.  Le concert était précédé comme il se doit par les cinq minutes contemporaines avec la Sonate pour alto, Hora Lungâ de György Ligeti avec Ieva Sruogyte à l’alto.       

Si l’alto est rarement mis à l’honneur, il a retrouvé ses lettres de noblesses grâce aux interprétations successives d’Adrien La Marca dans Harold en Italie (http://un-culte-d-art.overblog.com/2017/04/musique-printemps-des-arts-monaco-je-ne-veux-que-berlioz-et-moi.html) et celle, plus fugace mais non moins intéressante, de Ieva Sruogyte dans la sonate pour alto, Hora Lungâ de György Ligeti. Le concert de ce soir permet d’ailleurs d’entendre à nouveau l’ouverture des Francs-Juges opus 3 dans une tout autre configuration. Un festival présente aussi cet avantage de faire entendre différentes versions d’une même œuvre à des dates rapprochées.  

Encore une fois ce portrait sonne juste. Il témoigne du bouillonnement intérieur qui anime Hector Berlioz, de sa fougue, de sa promptitude à innover, à inventer et de ses rapports compliqués avec le public de son temps. Le journaliste britannique Saki alias Hector Hugh Munro disait non sans humour Ne soyez jamais un précurseur : c'est toujours au premier chrétien qu'échoit le plus gros lion. Hector Berlioz aurait pu faire sienne cette maxime tant il a dû créer, détruire, adapter, batailler pour imposer son style. Outre l’ouverture des Francs-juges, seul vestige d’un opéra désormais disparu, Rob Roy, ouverture, H 54 inspiré du roman éponyme de Walter Scott, faillit subir le même sort. Longue, diffuse fort mal reçue du public et que je brûlai le même jour en sortant du concert rapporte le compositeur lui-même. Fort heureusement, une copie a survécu.

Benvenuto Cellini, opéra créé à Paris le 10 septembre 1838 fut lui-aussi très mal accueilli éloignant Berlioz de la scène pour longtemps. Franz Liszt sauvera l’œuvre en la dirigeant en 1852 à Weimar dans une version en trois actes remaniée par Hector Berlioz lui-même. Le remaniement touche aussi Les Troyens à Carthage. Jamais jouée du vivant de Berlioz, l’œuvre est  scindée en deux : La Prise de Troie d’un côté (actes 1 et 2 de la pièce initiale) et Les Troyens à Carthage (acte 3,4 et 5) auquel est ajouté un prologue orchestral qui est joué ce soir. Enfin Rêverie et Caprice, Opus 8 H 88 est une pièce elle-même tirée d’un aria pour Teresa au premier acte de Benvenuto Cellini adapté par Hector Berlioz.

Seules trois pièces données ce soir nous sont parvenues telles qu’elles avaient été prévues à l’origine : Waverley, grande ouverture, Opus 1 H 26, poème symphonique inspiré du roman de Sir Walter Scott, Le roi Lear, grande ouverture, Opus 4 H 53 inspirée de la pièce de William Shakespeare et l’ouverture de l’opéra Béatrice et Bénédict, créé en 1862.

Réentendre ces ouvertures, prologues et autres pièces permettent de comprendre la passion d’Hector Berlioz pour  William Shakespeare, Walter Scott, l’Antiquité ou encore l’Italie de la Renaissance. Le concert nous plonge dans le bouillonnement intellectuel qui accompagne Hector Berlioz. La musicalité de Liza Kerob, le talent incontestable de Kazuki Yamada pour la direction de la musique française font merveille mais il fallait une connaissance fine de la musique d’Hector Berlioz pour se repérer dans un programme dont l’ordre des pièces avait été changé au dernier moment. Ce fut le seul bémol de la soirée.

Monaco - Printemps des Arts - Kazuki Yamada et l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Printemps des Arts - Kazuki Yamada et l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Printemps des Arts - Kazuki Yamada et l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique
Monaco - Printemps des Arts - Josquin Otal ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Parmi les jeunes talents proposés par le Printemps des Arts, Josquin Otal déjà choisi pour être « révélation classique » de l’Adami en 2015, semblait incontournable. En effet, les avis élogieux sur ses interprétations du répertoire de Maurice Ravel circulent déjà dans les milieux professionnels et le programme ambitieux qu’il propose au Printemps des Arts a piqué la curiosité des mélomanes. Après la Suite française n°5 en sol majeur, BWV 816 de Johann Sebastian Bach, Josquin Otal propose au public Gaspard de la nuit (3 - Scarbo) de Maurice Ravel et la Sonate pour piano en si mineur, S. 178 de Franz Liszt… rien que cela !

Est-ce la présence de la partition dont il tourne les pages seul comme pour se rassurer qui a créé cette impression mais l’interprétation que Josquin Otal donne de la Suite française n°5 de Johann Sebastian Bach laisse le mélomane sur sa faim. C’est beau, c’est bien, c’est propre mais un rien déshumanisé, sans réelle émotion. L’impression de départ change brutalement dès l’amorce de Gaspard de la Nuit  et là, le doute n’est plus permis. Nul ne peut contester à Josquin Otal son immense talent dans Maurice Ravel ni sa stature de « révélation classique ». Il est inspiré, habité, imprégné de la musique de Maurice Ravel et le public le ressent.

Après une telle prouesse et sans autre forme de procès, Josquin Otal se lance dans la terrifiante Sonate de Franz Liszt. S’il s’est très fugacement perdu à un moment donné de la Sonate, il faut saluer la capacité de Josquin Otal à se replacer immédiatement comme si de rien n’était. C’est à cette maîtrise que se reconnaissent les meilleurs interprètes, ces rocs que rien ne perturbe en apparence. L’interprétation est extrêmement plaisante à écouter, intelligente, maîtrisée et libère énormément d’émotions elle aussi.

La fougue de la jeunesse a son revers : elle ne sait pas s’arrêter et à ce piège, Josquin Otal pourrait se perdre s’il n’y prenait garde. Emporté par son élan, ce n’est pas un bis qu’il propose mais deux et deux bis longs en alliant Scherzo de Frédéric Chopin avec une pièce d’Enrique Granados. Sa proposition est intéressante, son interprétation du Scherzo est inspirée mais il faut savoir terminer un concert et éviter de brouiller l’auditoire. Il est dommage que le concert se soit terminé comme il avait commencé, de manière moins flamboyante qu’en son cœur.  

A cette réserve près, surveillez les programmes ! Josquin Otal arrive.

Monaco - Printemps des Arts - Josquin Otal ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Monaco - Printemps des Arts - Josquin Otal ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Monaco - Printemps des Arts - Josquin Otal ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #euro, #Afrique
Printemps des Arts de Monaco - OPMC et OSK ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Quatre ans après leur découverte grâce au Printemps des Arts, l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa,  le seul orchestre d’Afrique subsaharienne, est de retour.  L’orchestre s’est constitué à Kinshasa, petit à petit avec ses propres moyens, ses petites trouvailles, sans subventions, dans un des pays parmi les plus pauvres de la planète. Ils sont l’écho classique de leurs homologues des Benda Bilili popularisés par le film documentaire éponyme réalisé par Renaud Barret et Florent de La Tullaye en 2010.

L’Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa revient donc en Principauté pour un concert fusionnel avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo avec une direction alternée exercée respectivement par Armand Diangienda Wabasolele et Julien Leroy. Le programme se veut tout aussi fusionnel avec deux œuvres contemporaines : un extrait de la Symphonie n° 3  Mon Identité d’Armand Diangienda Wabasolele composée en 2010 et Luba d’Héritier Mayimbi Mbuangi composée en 2015 puis une œuvre patrimoniale la Symphonie n° 8 en fa majeur, opus 93 de Ludwig van Beethoven.

Dans les pupitres, chacun est accompagné de son alter ego, l’orchestre s’est transformé en un jeu de go à visage humain. Comme sur un plateau de jeu de go, le but est de contrôler le plan de jeu en y construisant des territoires mais ici s’arrête la comparaison car c’est de contrôle des instruments et de construction de territoires musicaux dont il s’agit. L’entente semble parfaite et les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, rencontrés de ci, de là sont non seulement ravis de l’aventure mais admiratifs devant tant de persévérance.

La Symphonie n° 3  Mon Identité d’Armand Diangienda Wabasolele sonne comme une symphonie européenne mais elle renvoie aux sonorités d’une époque ancienne, elle tranche forcément avec les musiques écrites en 2010 en France notamment Sans mouvement, sans monde d’un certain Marc Monnet. Luba d’Héritier Mayimbi Mbuangi débute avec des sonorités plus africaines mais elle retombe assez rapidement dans une construction plus occidentale. L’interprétation de la Symphonie n° 8 en fa majeur, opus 93 de Ludwig van Beethoven permet cependant d’évaluer le travail titanesque des musiciens de l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa pour pouvoir se mélanger avec un orchestre professionnel européen.

Si la découverte musicale de deux œuvres africaines d’aujourd’hui a cédé le pas sur la qualité du travail des musiciens de l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa, ce grand moment de fusion, d’amitié, d’humanité s’est révélé être un moment de respiration importante parmi les nouvelles beaucoup moins drôles que les médias se complaisent à nous ressasser à l’envi.  

Printemps des Arts de Monaco - OPMC et OSK ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comPrintemps des Arts de Monaco - OPMC et OSK ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comPrintemps des Arts de Monaco - OPMC et OSK ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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