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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Europe, #fantastique, #mort, #Violence, #Mythe
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Sans atteindre la notoriété et la duplication artistique des Faust, Roméo et Juliette, Don Juan et autres Dracula, il faut bien admettre que Sweeney Todd entre dans la catégorie de ces personnages effrayants et fascinants à la fois que toutes les formes d’art se plaisent à décliner.  Si l’origine de Sweeney Todd se perd dans le roman The String of Pearls  écrit au milieu du XIXème sans doute par James Malcolm Rymer et Thomas Peckett Prest, le personnage s’est rapidement retrouvé adapté au théâtre avant de devenir personnage du cinéma muet puis du parlant  dans un film de George King en 1936 : Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street. C’est en 1973, que le britannique Christopher Bond écrit une nouvelle adaptation pour le théâtre qui servira de base au librettiste Hugh Wheeler et au compositeur et parolier Stephen Sondheim pour réaliser une comédie musicale en 1979. La légende de Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street était née.

Ce n’est évidemment donc pas le film musical réalisé par Tim Burton en 2007 que nous propose l’opéra de Toulon mais bien ce thriller musical créé par le compositeur Stephen Sondheim à Uris Theatre à Broadway le 1er mars 1979 sur un livret de Hugh Wheeler d’après la pièce de Christopher Bond. Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street, évolue entre misère sociale, injustice, lutte de classes, amours contrariées, meurtres et cannibalisme. Dans sa version musicale, l’œuvre oscille entre il Barbiere di Siviglia de Gioacchino Rossini et Il Trovatore de Giuseppe Verdi. Effectivement, l’œuvre emprunte au premier les amours contrariées d’un vieux barbon roulé dans la farine par sa pupille et au second la vengeance immanente, le destin tragique qui fait que Sweeney Todd finit par transformer en « human pie » la seule femme qu’il ait jamais aimée.  

L’orchestre de l’opéra de Toulon  en formation réduite est dirigé par Daniel Glet, qui a assumé de 2006 à 2010 la charge de directeur musical aux Folies Bergère pour les spectacles  Cabaret et Zorro. Très à l’aise dans la fosse, il assure avec fougue la direction musicale d’un plateau important qui du reste s’éparpille dans la salle ou dans les loges. Les décors de Christophe Guillaumin rendent l’œuvre contemporaine notamment par cette cuisine équipée d’un congélateur et d’un four impressionnant pour la confection des « human pies ».  La vapeur d’eau se répand sur la scène à chaque ouverture du congélateur et le micro-salon du barbier dans une sorte de loge permet les sorties discrètes des cadavres. Les Costumes de Frédéric Olivier accompagnent  la version contemporaine tout en la rattachant l’œuvre à ses origines avec notamment le costume du matelot Anthony Hope qui semble tout droit sorti de Querelle de Rainer Werner Fassbinder. Les lumières de Régis Vigneron renforcent enfin l’atmosphère glauque de l’ensemble.   

Sur scène l’excellente Alyssa Landry en Miss Lovett, maitresse femme est en parfait accord/désaccord avec l’excellent Jérôme Pradon, fort inquiétant en Sweeney Todd. Le couple fonctionne à merveille et donne à l’œuvre une  structure autour de laquelle les autres personnages évoluent.  Aux côtés de Jérôme Pradon, Ashley Stillburn maîtrise le rôle d’Anthony Hope, soutien fidèle de Sweeney et amoureux de Johanna, rôle que Sarah Manesse dans sa fragilité apparente anime. Le jeune Tobias dans son excitation juvénile est interprété par Julien Salvia très dynamique, très fougueux. Maxime de Toledo rend le juge Turpin très glaçant faisant contrepoint avec Thomas Morris, irrésistible dans son double rôle de Fogg et Pirelli, véritable caricature apportant un peu de fraicheur.

Le chœur de l’opéra de Toulon occupe l’espace et surtout, le chorégraphe Johan Nus semble avoir fait merveille avec lui. A plusieurs moments, le chœur accompagne la musique d’un mouvement dansé et de claquements  de pas, de bottes qui impriment à l’œuvre une certaine martialité et un certain rythme. C’est tellement bien pensé et bien fait qu’il est regrettable que la piste n’ait pas été davantage creusée. Enfin, le metteur en scène Olivier Bénézech réussit, contrairement à la mise en scène de Street Scene de Kurt Weil qu’il avait signée il y a quelques années, à envahir l’espace avec l’ensemble du plateau. La direction d’acteurs fait merveille, l’espace scénique est occupée. La seule petite interrogation pourrait concerner l’intrusion des choristes dans la salle à plusieurs reprises sans véritable intérêt alors que sur scène ils personnifiaient la foule anonyme et faisaient masse. Mais c’est un détail.

Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Politique, #Enfance, #Europe
[Cinéma – Le Rialto – Nice] Moi Daniel Blake : too much ?

Tout peur être reproché à Ken Loach sauf sa constante indignation face à la pauvreté, la précarité, la misère et les méfaits de l’ultralibéralisme au Royaume-Uni. De ce point de vue, non seulement Moi, Daniel Blake entre dans la lignée des My Name is Joe ou Looking for Eric mais le ton se fait encore plus dramatique.

Contrairement à certains autres films de Ken Loach, le seul tort du héros Daniel Blake est d’avoir été victime d’un infarctus, lui qui avait toujours travaillé jusqu’alors. Rien de grave dans un welfare state, beaucoup plus dans un pays qui a privatisé à tour de bras. Dans un pays où la privatisation du service public est reine, dans un pays qui a tellement segmenté les services à coup de vente par lots à des boîtes d’audit soucieuses de rentabilité, l’affaire prend des allures kafkaïennes.

Daniel Blake  veut bien travailler mais son médecin le lui interdit, Daniel Blake veut bien profiter d’une allocation temporaire de handicap mais l’agence le lui refuse l’estimant apte au travail, Daniel Blake veut bien s’inscrire au pôle emploi local mais lorsqu’il réussit à trouver un emploi, il est obligé d’y renoncer parce que son médecin le lui interdit et là commence la judiciarisation  de l’affaire qui ne forme que des perdants.

Ajoutez à cela l’interminable attente téléphonique en surtaxé avec  les sempiternelles Quatre Saisons de Vivaldi ou plutôt devrions-nous dire le sempiternel extrait du Printemps que Ken Loach décline dans une version in et dans une version out pour indiquer la longueur de l’attente. Pour ne rien épargner, "cherry on the cake", le réalisateur filme avec justesse la fracture numérique avec un Daniel Blake en perdition face à des formulaires en ligne rebelles.

Non ! Décidément, Ken Loach n’a rien perdu de son énergie à combattre l’inhumanité anglaise mais là où l’énergie de Joe faisait merveille, là où le fantôme d’Eric Cantona galvanisait les troupes, rien ici ne laisse place à l’espoir comme si la situation s’était encore davantage dégradée comme si la dernière solidarité, la seule qui maintenait encore un espoir ténu avait définitivement volé en éclat.

Entre too bad et too much, le spectateur se complait à penser que le réalisateur a voulu en faire un peu trop, que le trait est forcé, qu’il a gommé un à un tous les espoirs pour mieux alerter et pourtant, en reprenant les discours politiques en ces temps de présidentielles et de privatisation forcenée assumée, le grand frisson de la  descente aux enfers nous affecte, a fortiori si vous pensez que l’art n’est qu’une conception esthétique inspirée par le réel.  

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Amérique du Nord, #Enfance, #mort
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Nouveau film de Philippe Lioret, Le Fils de Jean comme son nom l’indique est une affaire de filiation. Filiation transocéanique dans la mesure où Mathieu (Pierre Deladonchamps) reçoit un appel du Canada qui lui révèle que son père vient de mourir alors qu’il se croyait orphelin. C’est donc au Québec après une séquence d’entrée à Paris que l’essentiel de l’action se déroule.

Pierre est accueilli outre-Atlantique par Pierre (Gabriel Arcand), ami de son père. La symétrie des deux familles est alors parfaite : Jean  a eu deux fils au Canada d’une femme qui n’apparaitra jamais à l’écran, Pierre a deux filles dont l’une ne sera jamais visible. Bettina la seconde sera présente avec ses jumelles mais le père de passage sera tout aussi invisible.   D’entrée, le film se tait en image sur les filiations pas toutes visibles à l’écran. L’éclatement des familles est également souligné : Mathieu vit en France, Bettina vit à Vancouver, sa sœur en Australie,  Jean et Pierre ont séjourné temporairement  en France ; il en est ainsi jusqu’à l’extrait musical interprété par le grand-père pour  ses deux petites filles au piano qui convoque Frédéric Chopin, lui-même polono-lorrain.  

L’histoire se déroule dans des lieux qui prennent tous un caractère symbolique : le lac et les grands espaces sont le lieu de la recherche, recherche du corps de jean, quête spirituelle, recherche de sa voie. La maison de Pierre est le lieu de l’intime, le lieu des complicités, le lieu refuge quand les scènes extérieures affichent une certains violence. Enfin il y a la voiture, lieu des confidences et de la découverte. Elles sont l’objet de plans rapprochés sur les visages avec effet-miroir et jeux de regard qui en disent plus long sur la compréhension générale de l’histoire que de long discours.

Car le film joue énormément sur le mensonge, les non-dits ; les confidences  mal assumées, les questions qui dérangent sont posées soit lorsque les personnages sont symboliquement partagés à l’écran soit carrément quand ils se tournent le dos comme lors de la scène de l’auscultation.

Le Fils de Jean offre certes des aspects très convenus mais il sait également maintenir un certain suspens et ménage quelques  effets, qui explique sans doute son succès public.

Nice - Cinéma Rialto - Le Fils de jean de Philippe Lioret ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - Le Fils de jean de Philippe Lioret ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - Le Fils de jean de Philippe Lioret ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Tourisme, #Moyen âge, #architecture, #Religion, #Politique, #Urbanisme
Castell'Arquato ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Castell'Arquato ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Passer de Lombardie en Emilie –Romagne dans la région de Mantova-Sabbioneta consiste simplement à traverser le Pô. Quelques kilomètres après l’avoir franchi, surgissent les premiers contreforts des vallées affluentes du Pô dont l’Arda.

Pour protéger la plaine, il fallait verrouiller les hauteurs et Castell’Arquato en est un excellent exemple. Village forteresse sur son site défensif perché, Castell’Arquato se situe un peu à l’écart des grandes routes touristiques. Ce ne sont plus les terres des Gonzague mais celles des Visconti et le village a d’ailleurs été fortifié par Galéas Visconti. Le château et sa tour ainsi que l’hôtel de ville sont parfaitement conservés. Il faut avouer que l’éloignement des grands axes et  l’escarpement sont sans doute les meilleurs alliés de la préservation. Mais l’édifice le plus original de Castell’Arquato est sans doute la collegiata di Santa Maria Assunta du XIIème siècle et ses fresques, joyau de l’art roman, elle n’est exceptionnellement pas transformée en baroque.  

A la Taverna del Falconiere que nous ne saurions que trop recommander à la fois pour la qualité gastronomique, l’accueil et la beauté de la vue sur les toits de Castell’Arquato, sont soudainement entrés trois Américains. Rien d’exceptionnel a priori si ce n’est la remarque de l’hôtesse : « je vous ai reconnue, j’adore les films d’Hitchcock ». Rien de tel pour immédiatement dresser l’inventaire des blondes hitchcockiennes susceptibles de séjourner en Italie et qui ressemble à la dame en question. Résultat : entre Eve Marie-saint, sans doute trop âgée, Kim Novak, sans doute trop refaite, seule Tippi Hedren semblait convenir.

Un des hommes du groupe nous a chaudement recommandé la visite de Vigoleno, le qualifiant de château de comte de fée. Quoiqu’un peu effrayé par le qualificatif, le conseil s’avéra effectivement judicieux. Le village fortifié de Vigoleno, œuvre des Visconti de Piacenza, est réellement un petit bijou médiéval parfaitement conservé. Cerné par des remparts et accessible par une barbacane, Vigoleno est l’exemple type du village médiéval où pouvoir spirituel et temporel cohabitent : Le donjon et le château certes  transformé en hôtellerie trônent au centre de la place tandis que plus loin l’église romane San Giorgio, hélas fermée ce jour là, veille sur les fidèles. Notre ami américain n’avait donc  pas fantasmé un village médiéval trop…hollywoodien.

Castell'Arquato et Vigoleno  ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCastell'Arquato et Vigoleno  ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCastell'Arquato et Vigoleno  ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié dans : #Patrimoine, #Tourisme, #Epoque moderne, #Religion, #Théâtre, #architecture, #Urbanisme
Sabbioneta - Remparts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sabbioneta - Remparts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Pendant que la branche ainée des Gonzague transformait Mantova, Vespasien Gonzague, membre d’une branche cadette des Gonzague, condottière célèbre de la Renaissance, ne voulant pas être en reste, créait alors ex-nihilo à une trentaine de kilomètres de là, la ville de Sabbioneta.

Sorte de négatif de la ville de Mantova, le plan hippodamien de Sabbioneta répondait alors à l’irrégularité apparente du plan de Mantova. Construite en une seule période, elle tranchait avec les strates historiques de sa rivale. Enfin, en l’absence de protection naturelle comme pour le site de Mantova, la ville de Sabbioneta se parait de remparts.  En fait, Sabbioneta conçue comme forteresse capable de résister aux visées expansionnistes des États pontificaux, de la république de Venise et du duché de Mantoue s’affirmait également comme témoin de la volonté commune aux princes du XVIème de construire la ville idéale.

Bon sang ne sachant mentir, Sabbioneta se para en son sein d’un palais dont les plafonds à caissons rappellent ceux des palais ducaux de Mantova. Mieux, le palais abrite actuellement les statues équestres de la maison des Gonzague, comme en une sorte de défi à sa rivale ducale. Le palais abrite également des expositions temporaires de peinture mais le dialogue entre le lieu patrimonial et les œuvres présentées ne semble pas avoir été spécialement pensé.

L’essentiel de Sabbioneta est cependant ailleurs. L’Église de l'Incoronata, de plan octogonal et coiffée d'un dôme, manque de vous arracher un juron fort mal approprié au lieu tellement l’élévation surprend. Elle est en outre le mausolée de Vespasien  de Gonzague et de sa toison d’or acquise à la cour de Philippe II d’Espagne. Le teatro all’Antica (théâtre à l’antique) est le deuxième lieu qui font de Sabbioneta une ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.  Le teatro all’Antica est non seulement le deuxième plus ancien théâtre en salle du monde mais il est également avec le teatro Olimpico de Vicence et le théâtre Farnèse à Parme, l’un des trois théâtres de la Renaissance encore en fonction.

Si d’aventure comme certains, vous êtes particulièrement opiniâtre, vous pourrez toujours vous diriger vers la synagogue, témoin de l’existence d’une ancienne communauté juive  mais, autant vous l’avouer tout de suite, il est également inutile de chercher une trace de Salomone Rossi dans cette ville.

Sabbioneta ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSabbioneta ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSabbioneta ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Mantova - Rigoletto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Mantova - Rigoletto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le plus impressionnant dans une ville comme Mantova, cité princière façonnée par les Ducs de Gonzague (Gonzaga) famille noble italienne, régnant de1328 à 1707, est justement ce que la main de l’homme n’a pas créé ex-nihilo : un site exceptionnel qui fait de Mantova une ville verte ceinte d’eau. Est-ce Dieu, est-ce Diable, ou les deux à la fois, qui, un jour, s'unissant, ont fait ce [site]-là ? aurait pu chanter Barbara.

Certes Mantova se découvre d’abord par la visite de ses deux palais, sièges du pouvoir de la Maison de Gonzague. La florissante cour des Gonzague se sentant à l’étroit dans le palais ducal du centre ville, ses 34000 m2, ses 500 salles, ses 15 cours et jardins intérieurs et ses 70 appartements fit construire au XVIème siècle sous le règne de Frédéric II, le Palais Té (palazzo Te) petite demeure extra-muros permettant de recevoir en toute simplicité. Si le palais Ducal du centre ville fait le bonheur du visiteur en forme un peu curieux et non moins zélé, le palazzo Te, certes plus petit, complète fort utilement sa visite en passant de la renaissance au maniérisme.

Si l’architecture religieuse de la ville ne doit pas être oubliée notamment la monumentale Basilique Saint-André de Mantoue (Basilica di Sant’Andrea di Mantova) de style Renaissance jouxtant la plus humble rotonde de Saint Laurent (rotonda di San Lorenzo), deux petits bijoux méritent davantage qu’un détour. La Tour de l’Horloge (Torre dell’Orologio) qui abrite une horloge astronomique du moyen-âge permet non seulement de s’initier au mécanisme de l’horloge mais aussi de découvrir en panoramique les toits de Mantova. Le Théâtre Bibiena (Teatro Bibiena / Teatro Scientifico), dans le même périmètre est certes plus tardif (style baroque), mais fort intéressant. Remplaçant le théâtre dont la ruine accompagna celle de la maison Gonzague, il fut érigé par Marie-Thérèse d’Autriche et achevé par Joseph II.

Mantoue, patrie de Virgile et de Rigoletto abrita la très rayonnante cour des  Gonzague qui attira peintres, architectes et musiciens de renom : Leon Battista Alberti, Andrea Mantegna, Giulio Romano, Claudio Monteverdi. Mais celui que je cherchais dans Mantova semblait s’être volatilisé. Il était plus mantouan que Monteverdi, plus réel que Rigoletto, plus proche du pouvoir que les autres artistes et pourtant la ville qui s’enorgueillit de la terrasse de Rigoletto, ne garde pas la moindre trace de Salomone Rossi. Point de rue, point d’hommage, point d’évocation et pourtant…

Salomone Rossi, musicien de la cour des Gonzague, sans doute né en 1589 et disparu vers 1630 avait bénéficié d’un privilège exceptionnel pour l’époque : le droit d’aller et venir dans la ville sans rouelle, signe distinctif imposé aux Juifs du Moyen-âge et de l’époque moderne. Si les Profetti della quinta ou Joseph Rochlitz avec le film A la Recherche de Salomone Rossi ont depuis rendu hommage au musicien mantouan (http://un-culte-d-art.overblog.com/2014/11/musique-theatre-des-varietes-monaco-crescendo-a-la-recherche-de-salomone-rossi.html), la ville semble avoir oublié l’un des siens… définitivement ou temporairement ?

Mantova ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMantova ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMantova ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Crémone - Piazza del Comune ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Crémone - Piazza del Comune ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ne vous méprenez pas ! L’invitation au violon consiste simplement à aller voir de l’autre côté des Alpes une cité prisée par les musiciens et souvent boudée par les touristes : Crémone. Si le Campanile qui se dresse dans la plaine du Pô est la seule chose que vous connaissez de la ville, prenez-le temps de vous arrêter pour vous propulser dans la ville reine de la lutherie.

Crémone est la source de nombreux artistes. Mais mieux valait savoir choisir son art en naissant à Crémone car de la famille Campi, peintres crémonais des XVIème et XVIIème siècles,  à l’acteur Ugo Tognazzi en passant par le marquis entomologiste Giuseppe Sigismondo Ala Ponzone au XVIIIème siècle, tous ont subi la terrible concurrence de la grande famille des musiciens.

Dans une ville qui a vu naître les compositeurs Claudio Monteverdi ou  Amilcare Ponchielli compositeur de La Gioconda, qui a vu grandir les luthiers Antonio Stradivari dit Stradivarius, Pietro Giovanni, Giuseppe Giovanni et Pietro Guarneri, aux XVIIème et XVIIIème siècles ou encore à une date plus récente qui a fait résonner l’organiste Federico Caudana, titulaire et maître de chapelle de la cathédrale de Crémone de 1907 à 1963, la concurrence était déloyale.

Bref, un petit tour de ville pour aller observer les ateliers des luthiers, originaires des différents pays du monde et installés dans la capitale de la lutherie, complété par une visite au musée du violon où ont été déposés les instruments anciens jadis exposés à l’hôtel de ville est une première étape absolument nécessaire alliant patrimoine et contemporain.

Dans un deuxième temps, le petit centre de Crémone permet aux visiteurs d’embrasser sans déplacements excessifs la transition romano-gothique, civile et religieuse de l’Italie du Nord grâce à quatre bâtiments sur la Piazza del Comune : la Cathédrale, ses fresques et son célèbre Torrazzo (le campanile), le baptistère, le Palais communal et la Loge des Milices.

Les plus courageux et les plus téméraires pourront même se risquer à sortir du périmètre de la ville ancienne et du Moyen-âge pour se transporter en périphérie et en renaissance vers l’église San Sigismondo quelques trois kilomètres et siècles plus loin. Là, éloignés de la ville, de la musique, des violons, les peintres de l’école crémonaise ont pu s’en donner à cœur joie recouvrant chœur et nef de fresques  colorées.

Mesurez cependant votre enthousiasme à San Sigismondo, quelques sœurs en silence tapies dans l’ombre méditent et prient encore dans le chœur pour pardonner votre excès de gourmandise devant les joyaux de cette ville, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2012.

Crémone - Piazza del Comune et église San Sigismondo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCrémone - Piazza del Comune et église San Sigismondo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Crémone - Piazza del Comune et église San Sigismondo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCrémone - Piazza del Comune et église San Sigismondo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Crémone - Piazza del Comune et église San Sigismondo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCrémone - Piazza del Comune et église San Sigismondo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Retrouvez l'interview de Marc Monnet, directeur du Printemps de Arts de Monte-Carlo et partez à la découverte de la revue TENTEN soit en cliquant sur le lien suivant

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