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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Epoque contemporaine, #Amérique du Nord, #Violence, #Bad boys
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Le film commence par une plongée accélérée dans les éléments réels d’un monde virtuel qui propulse le spectateur au fond de son fauteuil pendant qu’une voix off vous indique que l’argent circule par ces tuyaux et processeurs à une vitesse prodigieuse et que son objectif pour prospérer est de circuler encore beaucoup plus vite. Tel un noyé, le même spectateur se retrouve sur un plateau de télévision au cœur de l’émission Money Monster animée par un clown télévisuel comme la télévision a l’art d’en produire.

L’art a déjà produit nombre de charlatans : du docteur ambulant Dulcamara dans l’elisir d’amore de Gaetano Donizetti qui vend le philtre de la reine Iseult pour gagner le cœur des femmes jusqu’à L'Élixir du Docteur Doxey dans le septième album de la série Lucky Luke de Morris, le cinéma n’en est pas exempt. Mais Lee Gates (George Clooney) a l’art de tout cumuler : non seulement il vend sa camelote boursière sur le petit écran sous la houlette de sa productrice Patty Fern (Julia Roberts) dans un show dit téléréalité avec force paillettes colorées, chorégraphies de bazar et déguisements d’opérettes.

L’oiseuse séance médiatique se grippe lorsque Kyle Budwell (Jack O’Connell), gogo ruiné par les ineptes conseils de Lee Gates, décide de prendre le plateau en otage. Il faut alors tout le talent de Jodie Foster pour pouvoir tenir en haleine le spectateur pendant 1 h 39 avec un scénario apparemment cousu de fil blanc. La téléréalité, les monstres médiatiques, les bonimenteurs de tout poil, les déchainements anti-Wall-Street, la prise d’otage avec bombe humaine, tout semble avoir été dit en films plus ou moins réussis.

Seulement, la réalisation de Jodie Foster a du coffre et elle s’appuie intelligemment sur des acteurs chevronnés, rodés qui vont reprendre les codes du genre. La force de Jodie Foster repose à la fois sur le rythme imprégné au film qui ne diminue jamais, sur les révélations qui émaillent le film comme l’imposent les codes de ce genre de cinématographie mais aussi sur une bonne dose d’humour grinçant qui n’épargne aucunement les standard de la virilité. Le couple de looser (George Clooney et Jack O’Connor) rivalise de déconvenues. L’ensemble est cruel mais sonne juste.

Le film dénonce sans ostentation les dérives de la finance, les errements du système médiatique, la vacuité de l’opinion publique, l’indécence des images choc, les profiteurs du système avec intelligence, brio et efficacité. Il est d’autant plus redoutable que les requins de Wall Street et de la télévision qui animent d’habitude ces films laissent place à des individus lambda qui pourraient être chacun d’entre nous.

Money Monster – Film de Jodie Foster avec George Clooney, Julia Roberts, Jack O'Connell – Thriller - États-Unis - Date de sortie 12 mai 2016 - 1h 39’

Money Monster – Film de Jodie Foster avec George Clooney, Julia Roberts, Jack O'Connell - Cinéma Les Beaux-Arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMoney Monster – Film de Jodie Foster avec George Clooney, Julia Roberts, Jack O'Connell - Cinéma Les Beaux-Arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMoney Monster – Film de Jodie Foster avec George Clooney, Julia Roberts, Jack O'Connell - Cinéma Les Beaux-Arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Money Monster – Film de Jodie Foster avec George Clooney, Julia Roberts, Jack O'Connell - Cinéma Les Beaux-Arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Antiquité, #Epoque contemporaine, #Amour, #Jalousie, #Violence, #mort
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Lorsque le rideau s’est ouvert à l’opéra de Nice, un murmure a secoué la salle : ceux qui étaient venus pour les colonnes antiques, les toges et les frises des palais de Corinthe en ont été pour leurs frais. Pendant la très longue ouverture de Medea de Luigi Cherubini, un jeune couple amoureux visite un loft dans une ville qui ressemble à une ville d’affaire. Par les fenêtres, des gratte-ciel barrent l’horizon tandis qu’à l’intérieur, dans l’appartement vide sur deux étages, les deux amoureux s’enlacent. Puis au deuxième lever de rideau, le loft est transformé en un lieu financier mondial : bourse, banque, centre d’affaires, grande entreprise, qu’importe.

Le metteur en scène Guy Montavon qui avait déjà mis en scène Stiffelio de Giuseppe Verdi et Le Téléphone de Gian Carlo Menotti en 2013 à l’Opéra de Monte-Carlo, semble avoir opté pour l’interprétation au premier degré de la Toison d’or : l’argent et l’appât du gain. Encore fallait-il que son postulat de départ résistât au texte afin de rendre la transposition de temps et de lieu en une interprétation chargée de sens et non en simple gadget que certains nous resservent régulièrement. Or malgré quelques termes antiques (Jupiter, les dieux, etc.) qui peuvent en outre passer au sens figuré, le texte résiste assez bien dans l’ensemble à la version résolument contemporaine de Guy Montavon.

En effet, dans ce monde de travail, de finances, d’argent facile, de pouvoir et de chausse-trappes, les alliés d’hier sont les ennemis de demain, la femme d’hier est l’ex, forcément furieuse de demain. Qu’une femme comme Médée qui a sacrifié à son amant jusqu’à son propre frère, qui a trahi jusqu’à son propre père exacerbe sa pulsion destructrice n’a rien de surprenant que l’enjeu du pouvoir soit politique comme dans le mythe antique ou financier comme dans cette version contemporaine. Quel que soit l’environnement et le temps, les mères infanticides sont toujours mues par les mêmes pulsions, généralement pour les mêmes raisons, le sentiment d’un extrême abandon et d’une extrême injustice.

Medea est une œuvre qui se joue avec les nerfs, avec les tripes et le chef d’orchestre George Petrou imprime ce rythme à l’orchestre bien relayé par des chœurs omniprésents dans cette salle de travail utilisant habilement l’espace et la colonnade du premier étage. Le Roi Creonte est brillamment chanté par Bernard Imbert mais il est dommage que les récitatifs-parlés en italien (rétablis dans cette version) ne soient pas à la hauteur. Daniela Pini n’a évidemment pas ce problème en Néris que Guy Montavon transforme en ombre de Médée. Hélène Le Corre campe une Glauce très crédible dans son rôle mais pourquoi diable le metteur en scène la fait-il se suicider au pistolet ? Outre que le suicide au pistolet dans les milieux financier relève du poncif, cette péripétie n’apporte rien de plus au sens général. Gabriele Mangione est parfait en Giasone, la voix n’est pas très belle mais elle est très puissante ce qui convient à merveille pour ce rôle d’autant qu’il a face à lui Nicola Beller-Carbone. Excellente Médea, partagée entre ses amours et son désir de vengeance, alliant froideur extrême et violentes crises, Nicola Beller-Carbone susurre puis explose vocalement, elle évolue dans cet environnement très contemporain avec aisance.

Dans cette salle clairsemée de l’Opéra de Nice, le public n’a pas boudé son plaisir en rendant à l’ensemble du plateau et de la fosse une ovation méritée pour cette Medea et sa nouvelle toison d’or qui nous parle ici comme avant de jalousie, de trahison, de vengeance, autant de sujets éternels.

Opéra de Nice - Medea de Luigi Cherubini - Nicola Beller-Carbone, Gabriele Mangione, George Petrou, Hélène Le Corre, Bernard Imbert et Daniela Pini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Medea de Luigi Cherubini - Nicola Beller-Carbone, Gabriele Mangione, George Petrou, Hélène Le Corre, Bernard Imbert et Daniela Pini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Medea de Luigi Cherubini - Nicola Beller-Carbone, Gabriele Mangione, George Petrou, Hélène Le Corre, Bernard Imbert et Daniela Pini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Opéra de Nice - Medea de Luigi Cherubini - Nicola Beller-Carbone, Gabriele Mangione, George Petrou, Hélène Le Corre, Bernard Imbert et Daniela Pini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Medea de Luigi Cherubini - Nicola Beller-Carbone, Gabriele Mangione, George Petrou, Hélène Le Corre, Bernard Imbert et Daniela Pini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Medea de Luigi Cherubini - Nicola Beller-Carbone, Gabriele Mangione, George Petrou, Hélène Le Corre, Bernard Imbert et Daniela Pini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique du Nord, #Festival de Cannes, #Religion, #Amour, #Jalousie
[Cinéma – Cinéma des Beaux Arts - Monaco] « Café society » de  Woody Allen : le bon film à la bonne place au bon moment

Faire la bonne chose, au bon endroit, au bon moment, tout l’art est là affirmait l’artiste allemand Joseph Beuys. Il semble que le Festival de Cannes ait eu l’idée de génie en proposant le film d’ouverture à Woody Allen et son Café Society. Oubliés le calamiteux Da Vinci Code de Ron Howard en 2006 (rebaptisé Da Vinci Daube par Philippe Azoury et Didier Peron dans Libération) ou le navrant Grace de Monaco d’Olivier Dahan en 2014 (rebaptisé Fenêtre sur Four par Franck Nouchi dans Le Monde), place à une œuvre, certes toujours contestable mais dont nul ne peut lui nier sa légitimité en ouverture du plus grand Festival de Cinéma.

Si l’on poursuit le parallèle, l’originalité de Beuys tient à ce que, non content de construire son œuvre sur le récit de sa vie, il retourne les termes du problème et s’efforce de mener son œuvre comme un projet existentiel. Or que montre le film Woody Allen dans Café Society ? New-York et Hollywood, le milieu du cinéma, une famille juive new-yorkaise et une boîte de jazz. Cela ne vous rappelle personne ? Si vous rajoutez une voix off qui n’est autre que celle de Woody Allen pour narrer les détails de l’histoire, vous obtenez comme chez Joseph Beuys une construction sur le récit de sa vie et une œuvre menée comme un projet existentiel.

Porté par sa propre voix et par un jazz lancinant tous au long du film, Café Society inocule au spectateur une moite béatitude qui le replonge dans les premières années du cinéma parlant ou plutôt dans la marche triomphante d’Hollywood. Par une subtile mise en abyme, le film qui parle de cinéma, rend hommage au cinéma, aux films qui ont fait sa renommée. Once upon a time in America de Sergio Leone n’est jamais très loin, Cotton Club de Francis Ford Coppola non plus d’ailleurs. Par l’humour, il tendrait d’ailleurs également vers Singing in the Rain de Stanley Donen.

Car Woody Allen, retrouve l’humour décapant de certains de ses anciens films : si le judaïsme avait promis la vie éternelle, il aurait sans doute eu davantage de clients lance un personnage provoquant l’hilarité générale dans la salle. Mais Woody Allen, dans son osmose avec Jesse Eisenberg qui tient le rôle du héros, lui fait dire Il a fallu que j'aille dans beaucoup d'autres villes pour comprendre à quel point j'aimais New York

Cela sonne comme une évidence, cela sonne comme un retour aux sources. Est-ce cette rétrospection qui donne à Café Society son charme irrésistible ? Café Society est un film harmonieux, fluide, élégant, délicat, porté par des acteurs parfaitement inspirés. Café Society est une comédie romantique pleine d’humour, de sel et de subtilité, Café Society est immanquable.

Café Society – Film de Woody Allen avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell - Comédie dramatique – États-Unis - Sortie : 11 mai 2016 - 1h 36’

Cinéma des Beaux-arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma des Beaux-arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma des Beaux-arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Tourisme, #environnement, #architecture, #Urbanisme, #Moyen âge, #Epoque moderne, #Epoque contemporaine
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A force de crier « Vive la République ! », les Français eurent un Empereur rappelaient les Frères Ennemis dans leur célèbre sketch sur l’Histoire de France. Que vient faire Napoléon dans cette histoire ? Outre la route, allez demander aux Grognards qui ont envahi Annot ce lundi de pentecôte 2016. Des grognards dans les Alpes-de-Haute –Provence me direz-vous ?

Ne pensez pas que je sois tombé sur la tête ou qu’un savant mélange soleil et pastis ait troublé mes sens mais mon chemin a curieusement croisé celui de la bravade d’Annot. Tous les ans à la pentecôte, certains habitants commémorent le retour des soldats rescapés de Waterloo en endossant les habits de grognards. A l’origine, défi lancé à Louis XVIII et Charles X, successeurs de l’Empereur, la tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours.

Signe de l’importance de l’événement, la République avait sorti tous ses élus pour fêter … l’Empereur. Mieux ! Le train à vapeur, symbole de la République triomphante, s’était subitement remis en service de Puget-Théniers à Annot. Allez comprendre ! Dans le train à vapeur, une équipe de télévision, celle d’Échappées belles, l’émission de France 5 en tournage sous la houlette de Sophie Jovillard.

Ironie de l’histoire, Sophie Jovillard, déjà présente avec son équipe vendredi soir dans le restaurant de Castellane où je me sustentais, est arrivée avec le train à vapeur pendant que j’arrivais en voiture à la gare d’Annot ne pouvant pas me garer dans le village pour cause de grognards. Je regarderai donc l’émission programmée pour le 11 juin avec le plus grand soin.

Le patrimoine ferroviaire et le patrimoine immatériel s’étant manifestés tour à tour au milieu d’une foule importante, c’est à la manière de Lucky Luke (I’m a poor lonesome cowbioy ans a long way from home) que j’ai décidé de partir à l’assaut de la citadelle d’Entrevaux dont je n’avais pas bravé la montée depuis plus de vingt ans. Réaménagée par Vauban sur le site du château des seigneurs de Glandèves, elle est toujours aussi haute, aussi majestueuse, elle offre de nouvelles découvertes comme les souterrains, elle est en perpétuelle restauration mais quel plaisir d’en venir à bout. Allégorie de la République terrassant l’ancien régime ? En toute humilité bien sûr…

Annot, Entrevaux et Sophie Jovillard ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAnnot, Entrevaux et Sophie Jovillard ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAnnot, Entrevaux et Sophie Jovillard ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Annot, Entrevaux et Sophie Jovillard ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAnnot, Entrevaux et Sophie Jovillard ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAnnot, Entrevaux et Sophie Jovillard ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Annot, Entrevaux et Sophie Jovillard ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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En ces temps de Festival de Cannes, du répit pour les Limbes pourrait être un titre de polar ou de film noir. Mais contrairement aux polars, c’est de résurrection temporaire dont il est question dans la chapelle Notre-Dame de Beauvoir à Moustiers-Sainte-Marie.

Petite chapelle bâtie à la fin du XIIème siècle sur les vestiges d’un temple marial du Vème siècle, l’édifice est un résumé à lui seul de l’art religieux du Moyen-âge mariant les époques romane et gothique. Les différentes dates de construction, reconstruction et agrandissements se voient d’ailleurs à l’œil nu par la voûte en berceau brisé de la fin de l’époque romane, à laquelle succède une voûte sur croisée d’ogives de l’époque gothique qui précède un chœur gothique tardif du XVIème.

Évidemment le ciel se méritant, il vous faudra d’abord gravir les 262 marches à flanc de montagne qui mènent à ce sanctuaire à répit. Ne vous méprenez pas ! Le répit n’est pas cet instant intermédiaire où vous soufflez d’être arrivé avant de vous lancer dans la descente qui glisse. Le répit est une croyance en un retour temporaire à la vie d’un enfant mort-né le temps de lui conférer le baptême avant la mort définitive.

L’impossibilité de baptiser l’enfant ou de l’ondoyer envoyait l’enfant mort-né directement au limbus puerorum, aux limbes des enfants, les Limbes étant ce lieu intermédiaire inventé par les théologiens au XIIIème siècle entre le Purgatoire et le Paradis. Pire, au chagrin de perdre un enfant s’ajoutait l'interdiction de le faire inhumer en terre chrétienne. Pire encore, l’âme de l’enfant non baptisé n’allait pas directement au ciel, ne devenait pas un ange proche de Dieu et donc, ne pouvait assurer davantage le salut de ses parents.

Fort heureusement, l’Église inventa le répit, possible dans certains sanctuaires seulement, le plus souvent consacrés à la Vierge dont l’intercession se révélait nécessaire pour obtenir un miracle. Il n’en fallait pas beaucoup : un frémissement du corps, une plume posée sur la bouche du bébé qui se soulevait, une couleur même pâlichonne qui revenait sur son visage pendant que l’assemblée psalmodiait autant de prières que nécessaire. Dès le signal, un baptême express dans l’urgence était célébré pour que la pauvre âme rejoigne cette fois-ci, l’entourage de Dieu dûment nanti du sacrement tandis que son corps, à nouveau mort, était inhumé dans le cimetière adjacent.

Si les protestants, particulièrement rétifs aux miracles, aux intercessions en général et à la Vierge en particulier, mirent un terme à ces pratiques dès le XVIème siècle, elles subsistèrent dans les pays catholiques jusqu’au XXème siècle. Et si d’aventure le doute vous guette quant à la véracité de telles pratiques, profitez du répit que vous laisse cette histoire pour admirer le site de Moustiers-Sainte-Marie qui vaut à lui seul cette infernale montée.

Moustiers-Sainte-Marie : l'église Notre-Dame de l'Assomption et la chapelle et la chapelle Notre-Dame de Beauvoir ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMoustiers-Sainte-Marie : l'église Notre-Dame de l'Assomption et la chapelle et la chapelle Notre-Dame de Beauvoir ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMoustiers-Sainte-Marie : l'église Notre-Dame de l'Assomption et la chapelle et la chapelle Notre-Dame de Beauvoir ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Moustiers-Sainte-Marie : l'église Notre-Dame de l'Assomption et la chapelle et la chapelle Notre-Dame de Beauvoir ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMoustiers-Sainte-Marie : l'église Notre-Dame de l'Assomption et la chapelle et la chapelle Notre-Dame de Beauvoir ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMoustiers-Sainte-Marie : l'église Notre-Dame de l'Assomption et la chapelle et la chapelle Notre-Dame de Beauvoir ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Moustiers-Sainte-Marie : l'église Notre-Dame de l'Assomption et la chapelle et la chapelle Notre-Dame de Beauvoir ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Les voyageurs n'ont ordinairement pour observer que les lunettes qu'ils ont apportées de leur pays et négligent entièrement le soin d'en faire retailler les verres dans les pays où ils vont selon Jean Potocki. Sa réflexion est valable aussi pour nos contrées françaises. Tout le monde ou presque vous dira connaître Castellane par exemple : ses portes, son église Saint-Victor, son roc, sa tour pentagonale et, pour les plus audacieux, Notre-Dame du Roc et les ruines de Petra Castellana. Le site est d’ailleurs constitué de quatre entités pour lesquelles le nombre de visiteurs s’effiloche à mesure que l’altitude s’élève : la ville même de Castellane, les remparts et la tour pentagonale, les ruines de Petra Castellana et Notre-Dame du Roc. Les touristes découvrent les quatre sites de manière ante-chronologique sans réfléchir forcément au sens de leur visite, sans forcément remettre leurs découvertes en contexte. Reconstituer un puzzle de quatre pièces ne semble pourtant pas un tour de force surhumain.

En flânant sur le marché de la place Marcel Sauvaire, le visiteur ne manquera pas de voir l’alignement des maisons et l’apparition d’une habitation tour d’angle à proximité de la mairie tout en apercevant plus loin la tour pentagonale. Un rapide tour circulaire permet donc facilement d’imaginer une ville de la fin du Moyen-âge ceinte de remparts dont les ouvertures (Portes de l’Horloge et de l’Annonciade à chaque bout de la ville) sont encore visibles. Si généralement, les remparts sont précédés de douves, il n’y a qu’un pas pour penser que la place Marcel Sauvaire a dû se constituer par comblement des douves pour faire place comme dans toute ville de l’époque moderne à un champ de foire ou à une place d’armes avant que la République triomphante fin XIXème n’y implante son imposante mairie.

Poursuivant ses pérégrinations, le touriste en quête de sens observera donc le Verdon, le vieux pont du Roc, les remparts et la tour pentagonale au Nord-est, suivra ce qu’il reste des remparts en cours de réhabilitation et comprendra les limites de la cité de la fin du Moyen-âge. Dans un périmètre réduit avec au centre l’église Saint-Victor dont le nom évoque immédiatement les moines de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, la ville occupe un site défensif dont les remparts la protègent d’attaques venant de la montagne et le Verdon d’attaques venant du sud.

C’est en s’élevant vers le Roc que le visiteur peut enfin découvrir Castellane vu d’en haut ; le tracé des remparts devient dès lors une évidence. Le fonctionnement de la ville au Moyen-âge apparaît clairement et le débordement de la ville notamment au XIXème se visualise. Que les hommes soient allés percher une église sur le Roc à 180 mètres n’aurait pas de quoi surprendre. Qu’une vierge « ferroviaire » (entendez contemporaine de l’avènement du chemin de fer) surplombe une église en hauteur, comme la dévotion mariale de la fin du XIXème en fait une tradition, n’aurait rien d’original si l’œil aguerri du visiteur ne repérait pas un problème de concordance chronologique entre la vierge du dessus et l’église du dessous, le tout à proximité de ruines d’un site appelé Petra Castellana.

Et là tout devient clair : en ces temps troublés du haut moyen âge et de ses invasions perpétuelles qui ravagent de manière endémique la vallée, les habitants et leur seigneur ont choisi délibérément de se mettre à l’abri très en hauteur selon une tradition toute méditerranéenne (Voir La garde Freinet http://un-culte-d-art.overblog.com/2015/04/patrimoine-la-garde-freinet-var-fort-freinet-parcours-de-sante-a-la-guillaume-le-liberateur.html). Située sur les flancs de la montagne qui dominent la ville actuelle à l’arrière du Roc, Petra Castellana est donc née des peurs de cette époque troublée. L’actuelle Notre-Dame du Roc, mainte fois remaniée, fut en fait l'église du château des seigneurs de Castellane, Boniface Ier au XIème étant le premier baron. Des fortifications et des édifices existants à cette époque, il ne reste aujourd’hui que les bases. Le village se construit comme tout village du haut Moyen-âge autour de son église dont les ruines sont encore visibles. Vers le XIIème siècle, un début de désaffectation de Petra Castellana au profit du bourg autour de Saint-Victor se fait sentir sans doute en raison d’une augmentation de sa population et d’un retour à la paix dans la région.

Il m’est revenu en mémoire, lors de cette montée dans le passé qui laisse du temps à la réflexion, un ouvrage de Georges Duby sur l’an Mil qui regrettait le retard pris en France par les fouilles archéologiques de sites du Haut Moyen-âge. J’ai découvert alors qu’un projet de fouilles, conduit par le Service départemental d’archéologie de la DRAC-PACA, allait s’ouvrir en juin 2016 afin de proposer une datation pour la construction de l’enceinte de Petra Castellana, dont l’élévation atteint par endroit 7 mètres de hauteur. Première étape en attendant une campagne de fouilles sur la vie quotidienne ?

Castellane et Petra Castellana ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCastellane et Petra Castellana ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCastellane et Petra Castellana ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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« Si les Catacombes étaient à Florence, M. Daninos les aurait sans doute déjà visitées trois fois. Mais, habitant Paris depuis quarante ans, il ne les connaissait pas encore ». Par la voix du major William Marmaduke Thompson Pierre Daninos nous rappelle fort élégamment que l’herbe est non seulement toujours plus verte ailleurs mais plus grasse chez le voisin. Rien de tel que la science expérimentale pour tester ces assertions : direction Camporosso et Dolceacqua.

A quelques dizaines de kilomètres de Monaco et de la France, dans la vallée de la Nervia se trouvent quelques joyaux du Moyen-âge : l’église San Pietro de Camporosso et le vieux bourg de Dolceacqua. Visité par Claude Monet, le peintre l’a d’ailleurs immortalisé sur une toile visible au Musée Marmottan de Paris non loin d’impression, soleil levant, toile qui a donné son nom à l’ensemble du mouvement impressionniste.

L’église San Pietro de Camporosso est peut-être la plus ancienne église de la vallée de la Nervia. Elle est visible de la route et attire l’œil des curieux mais ils ne sont que quelques uns à franchir le pas et à s’arrêter n’osant sans doute pas traverser le cimetière au centre duquel elle est élevée. Si le flanc droit de la nef, l’abside et le campanile sont estimés du XIème siècle, les fresques à l’intérieur de l’édifice sont datées du XVème siècle. Le visiteur pourra en profiter pour travailler l’anthroponymie des tombes et des grandes familles monégasques et azuréennes afin d’en déduire que les grandes crises migratoires ne concernent pas que ce début de XXIème siècle.

Dolceacqua, est un bourg médiéval surplombé par son château. Le premier document qui cite Dolceacqua remonte à 1151, lorsque les Comtes de Ventimiglia firent construire la première partie du château sur le sommet des rochers qui dominent stratégiquement le premier étranglement et la bifurcation de la vallée. Ce que les guerres successives, à l’époque des Doria, n’avaient pas réussi à faire, le fort tremblement de terre de 1887 le paracheva et le château en est aux prémisses de sa restauration.

Sous le château se développa le premier village qui suit en ronds concentriques le rocher, le second village s’étant installé au milieu du XVème siècle de l’autre côté du torrent Nervia. Pour relier les deux entités, un pont en dos-d'âne à un seul arc de 33 mètres de portée, encore visible aujourd’hui, fut édifié. C’est ce pont, que Claude Monet peignit en 1884, avec l'ensemble des maisons et le château des Doria.

Mais Claude Monet n’est pas le seul peintre qui a laissé une empreinte dans cette région. En déambulant dans l'église paroissiale Saint Antoine, bâtie au XVème siècle, remaniée en style baroque, pensez à lever la tête moins pour observer les dorures baroques restaurées que pour admirer le polyptyque de Sainte Dévote, œuvre de 1515 de Ludovic Brea, très présent dans la région, qui met en scène outre Sainte Dévote, Sainte Barbe et Sainte Agathe.

Au final, vous aurez pour quelques dizaines de kilomètres effectué un retour en arrière de plusieurs siècles. A quelques encablures de la traditionnelle épreuve de philosophie ouvrant le sacro-saint baccalauréat, vous pourrez alors répondre à cette question fondamentale : La connaissance du passé peut-elle nous aider à comprendre le présent ? Vous avez quatre heures !

Camporosso et Dolceacqua ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCamporosso et Dolceacqua ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCamporosso et Dolceacqua ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Camporosso et Dolceacqua ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCamporosso et Dolceacqua ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCamporosso et Dolceacqua ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Dans Mort d’un silence, Clémence Boulouque affirme qu’Il faut faire du noir une couleur de lumière. Cela fait bien longtemps que Pierre Soulages en a démontré tous les enjeux. Mais comme Michel de Montaigne déclarait Je parle au papier comme je parle au premier que je rencontre, le musée Picasso d’Antibes dans une exposition temporaire monographique a décidé d’allier les deux et de présenter le travail de Pierre Soulages sur papier.

Issus des collections du musée Soulages de Rodez, de collections publiques et privées, ou encore conservés par l’artiste lui-même, ces papiers ont été dévoilés au public pour la première fois. Ce qui constitue sans doute la partie la moins connue du travail de l’artiste en comparaison de son travail sur toile est néanmoins extrêmement intéressant à découvrir dans la mesure où le travail sur papier représente chez Pierre Soulages un terrain d’expérimentation.

Terrain d’expérimentation car l’outre-noir, signature picturale de Pierre Soulages, ainsi que les matériaux spécifiques comme le fusain, l’encre, le graphite ou le brou de noix qu’il utilise sont tous présents. La résistance ou la non-résistance du papier, les comportements de l’encre du brou de la peinture du papier dirigent sa réflexion sur la matière qui crée la lumière.

Le commissaire d’exposition qui n’est autre que le directeur des lieux Jean-Louis Andral en association avec l’artiste lui-même ont eu l’idée aussi simple qu’efficace d’exposer les papiers de Pierre Soulages dans différentes salles qui forment une enfilade en boucle au premier étage du musée de manière à ce que le spectateur suivent l’évolution du travail chronologiquement ou ante-chronologiquement selon le sens de la visite. Les gardiennes et gardiens de salles pourront même vous expliquer comment, celui qu’ils appellent respectueusement « Monsieur Soulages », a pensé son accrochage. Vous pourrez alors ressentir tout le travail réalisé par l’artiste avec l’équipe du musée au moment de l’accrochage. .

Si d’aventure, vous visitez l’exposition, n’hésitez pas à faire un premier tour « style visite au pas de charge pour touristes pressés » à travers toutes les salles pour obtenir une impression générale. De cette visite expresse, vous verrez déjà l’évolution entre les pièces qui s’échelonnent de l’immédiat après-guerre à nos jours. De la représentation quasi-calligraphique des premiers temps sur un fond qui reste vierge en plusieurs endroits, l’écriture picturale de Pierre Soulages comme les écritures anciennes se schématise, devient plus abstraite, réagit sur l’ensemble du support, s’illumine paradoxalement à mesure que la peinture envahit le papier.

Passée cette impression générale, il vous revient de reprendre d’un pas plus lent l’ensemble de la visite pour vous laisser envahir par chacune des époques, par chacun des papiers et vous laisser surprendre, une fois de plus par Pierre Soulages que vous pensiez connaître. Et si d’aventure, vous n’êtes point repus, rendez-vous au musée Soulages de Rodez ce que je ferai volontiers en juillet prochain.

"Soulages-Papiers" – Exposition au Musée Picasso d'Antibes Jusqu'au 26 juin 2016- Ouvert jusqu’au 14 juin 2016 de 10h à 12h, 14h à 18h puis du 15 juin 2016 au 26 juin 2016 de 10h à 18h - Fermé le lundi

"Soulages-Papiers"  - Musée Picasso - Antibes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique latine, #Violence, #Adolescence, #Epoque contemporaine
[Cinéma – Le Mercury - Nice] Paulina : une affaire de points de vue

Qui peut comprendre Paulina ? Peu de monde à vrai dire tant son attitude déroute sa famille, son copain, ses amis jusqu’au spectateur bien calé dans son fauteuil. Le film est donc … surprenant.

Que fuit Paulina ? Une réussite sociale téléguidée par d’autres ? Un père envahissant ? Un amour déjà pantouflard ? Et si Paulina (interprétée par Agustina Llambi Campbell) fuyait tout simplement tout compromis ne lui permettant pas d’atteindre son idéal ? Braquée, souple comme un verre de lampe, peu pragmatique jugeraient les défenseurs acharnés des compromis voire des petites compromissions.

Son père, juge, trouve sa fille brillante et promise à un grand avenir juridique. Son copain ne rêve que de s’installer avec elle dans sa région natale, une province pauvre proche du Paraguay. C’est décidé ! Paulina quittera don cla carrière prévue par Papa pour enseigner les sciences politiques dans une école de la région de son copain … mais sans lui.

Pour vivre son idéal, Paulina doit s’accrocher car elle collectionne les ennuis comme d’autres les timbres-poste : dépassée dans son cours, violée par un groupe dont elle reconnaît les membres, enceinte de son viol, elle décide de conserver l’enfant au grand dam de son entourage qui ne comprend rien au fonctionnement de Paulina.

Toute la force du film est là : montrer sans juger, proposer sans imposer, questionner sans démontrer. Et Santiago Mitre adopte d’ailleurs le principe de la déconstruction du récit avec un parti-pris à points de vue pour montrer toutes les interactions de l’histoire, en définir toutes les facettes, en décortiquer les enchaînements, aborder tous les non-dits. Loin de casser la narration, Santiago Mitre l’enrichit.

Paulina surprend, Paulina questionne longtemps après le générique de fin, Paulina dérange sans choquer, Paulina est une interrogation sur la justice, l’engagement, l’idéal, le renoncement. Bref Paulina est une réussite.

« Paulina » - Film de De Santiago Mitre avec Dolores Fonzi, Oscar Martinez, Esteban Lamothe – Drame – Argentine - Date de sortie 13 avril 2016 - 1h 43’

Paulina de Santiago Mitre - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comPaulina de Santiago Mitre - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Patrimoine, #environnement, #Europe, #Amérique du Nord, #Amour, #mort, #Violence
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Ancienne demeure des Seigneurs de Villeneuve, située sur les remparts de Vence, le Château de Villeneuve / Fondation Emile Hugues accueille aujourd’hui des expositions temporaires d’art contemporain. La programmation combine orientation historique, consacrée aux séjours vençois de grands artistes (Matisse, Dufy, Chagall, Dubuffet...) et orientation très contemporaine alliant diversité des pratiques de l’art contemporain et résidences d’artistes. L’ensemble des expositions s’élabore en collaboration avec le Ministère de la Culture, Direction Régionale des Affaires Culturelles Provence-Alpes-Côte-D’azur, les musées, collections publiques, centres d’art, Fonds régionaux d’art contemporain, galeries et collectionneurs.

Avec « De Warhol à Basquiat : les chefs d’œuvres de la collection Lambert », le Château de Villeneuve / Fondation Emile Hugues semble avoir voulu combiner toutes les orientations à la fois. L’ensemble des œuvres exposées sont issues de la célèbre collection Lambert. Natif de Vence, Yvon Lambert est un des principaux directeurs de galerie d'art contemporain en France. Il a fait don à l’État de la collection Lambert, ensemble d'œuvres d'art contemporain ; elle est installée à l'hôtel de Caumont d’Avignon et ouverte au public depuis 2000.

Comme toute exposition qui montre l’histoire d’une collection, la collection propose une palette de différentes pratiques, de différents supports, de différents mouvements, de différents artistes. L’ensemble est réparti dans les salles qui en deviennent chacune une mini exposition monographique ou dyarchique. Passant de salle en salle, d’œuvre en œuvre, de l’art conceptuel, au pop art, au land art ou au mouvement de figuration libre, le spectateur découvre une anthologie de l’art contemporain. Il pourra ainsi revoir deux artistes américains qui ont bousculé l'art contemporain : Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat, revoir deux artistes français : Jean-Charles Blais et Claude Lévêque ou découvrir les plus jeunes Salla Tykkä ou François-Xavier Courrèges.

L’intérêt d’exposer un collectionneur se trouve bien dans cette capacité à montrer des œuvres d’artistes dont la cote actuelle peut atteindre plusieurs millions d’euros en parallèle avec celles des jeunes artistes dont le collectionneur aura parié pour l’avenir. Saisir le regard d’un collectionneur, remettre dans le contexte de l’époque ses édifiantes découvertes, questionner la ligne de la collection, autant d’interrogations qui rendent la visite active.

Il faut rendre hommage au commissaire de l’exposition Eric Mézil, par ailleurs directeur de la Collection Lambert en Avignon qui a su scénariser, mettre en espace, mettre en harmonie l’ensemble des œuvres. Outre les dialogues entre Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat, Eric Mezil met nos sens en horripilation dans une version contemporaine de la salle des tortures de nos châteaux médiévaux avec les œuvres d’Andy Warhol (les chaises électriques), de Miroslaw Balka (le grillage évoquant les camps d’extermination) ou le Die de Tony Smith.

Mais Eric Mezil sait également mettre en valeur une œuvre particulière en choisissant son écrin. La vidéo d’art de Salla Tykkä qui retrace les mythes américains (le cowboy, le lasso, la danse d’origine amérindienne) en 2’53 confinée dans la tour, attire le public par sa musique inoubliable pour notre inconscient (extrait d’Ennio Morricone dans Il était une fois dans l’Ouest). Enfin le visiteur repu par le château est invité à se rendre à la Chapelle des pénitents blancs où deux artistes attendent le public avec des œuvres dont l’esprit communie avec le lieu. Joan Mekas présente sa vidéo commandée par Yvon Lambert en 2000 qui, entre autres, psalmodie un texte et François-Xavier Courrèges avec une installation dans une arène de moniteurs, présente 19 bustes d’hommes qui tour à tour déclarent un « je t'aime » comme les Évangiles nous y engagent. Il reste un vingtième poste pour laisser votre imaginaire imposer votre visage secret si d’aventure vous n’auriez pas trouvé satisfaction : enfin un peu de tendresse dans ce monde de brutes.

« De Warhol à Basquiat : les chefs d’œuvres de la collection Lambert », exposition jusqu’au 22 mai 2016 de 10h à 18h du mardi au dimanche – Château de Villeneuve / Fondation Emile Hugues – Vence

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