Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Amour, #Violence, #Jalousie, #Epoque moderne, #Politique
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Œuvre majeure de Gaetano Donizetti, Lucia di Lammermoor tire son livret du roman La fiancée de Lammermoor de Walter Scott écrit en 1819, lui-même inspiré d'un fait réel s'étant déroulé en Ecosse au XVIIème siècle : une noble jeune femme avait assassiné, la nuit de ses noces, son époux détesté et était devenue folle à la suite de ce crime. Lucia di Lammermoor était à l’affiche de l’opéra Grand Avignon dans une mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia, directeur du Nouveau Théâtre d’Angers, Centre dramatique national des Pays de la Loire.

Les amours passionnées de Lucia et d’Edgardo, sur fond de rivalité entre clans, les Ashton et les Ravenswood, font de ce drame un Roméo et Juliette à la sauce écossaise. Pour contourner la difficulté de la multiplicité des lieux, Frédéric Bélier-Garcia joue avec des projections d’images en fond de scène qui évoquent l’ambiance, les saisons, les jours et les nuits, le temps qui passe et les décors amovibles qui redessinent l’espace et permettent comme au cinéma certains fondus-enchainés. L’apparition derrière le vitrail du château d’Edgardo de scènes de noces, notamment d’une invitée en blanc dansant sur un tapis rouge, sont annonciatrices du meurtre. Seul élément récurrent, le ponton qui symbolise bien le passage d’un lieu à l’autre, d’un état à l’autre, de l’ici à l’au-delà, de la raison à la folie.

Pour mener cette course à la folie, l’Orchestre Régional Avignon-Provence et le Chœur de l’Opéra Grand Avignon d’Aurore Marchand sont dirigés par Roberto Rizzi-Brignoli qui tire le meilleur des deux formations. Le chœur occupe un rôle très actif, amenant et débarrassant la scène des prie-Dieu et autres accessoires, il est sans cesse en mouvement soutenant l’un, retenant l’autre avec une précision qui rassure sur la direction d’acteurs.

La tchécoslovaque Zuzana Marková, tout de rouge vêtue à sa première apparition, tient le rôle-titre de Lucia. Elle est impressionnante ! Très comédienne, elle surfe sur les différents états de Lucia, explore sa nature excessive, peste, pleure puis sombre. Sa voix dont elle sait parfaitement moduler le timbre et la puissance complète son interprétation remarquable du rôle. Elle gagne en assurance pendant toute la représentation. Son amant sur scène Jean-François Borras possède les mêmes qualités : il sait parfaitement moduler sa voix, susurrer puis rugir, s’économise lorsqu’il le faut pour mieux surprendre quelques instants après. Il occupe la scène, joue de l’épée, fait la cour, s’emporte ou médite avec la même conviction. Florian Sempey campe l’intrigant Enrico à la perfection : puissance de la voix, prononciation parfaite, jeu intéressant, il promet.

Ugo Guagliardo (Raimondo) et Marie Karall (Alisa) tirent leur épingle du jeu dans ce plateau plutôt relevé. Malgré quelques ratés : les sur-titrages qui apparaissent dans le fond de scène au début puis disparaissent, les changements abrupts de lumières comme si elles étaient testées en direct ou la poche de sang qui ne se crève pas, ni le public, ni l’orchestre ne s’y sont trompés réservant à cette représentation de Lucia di Lammermoor une ovation méritée.

Et pour mieux vous en convaincre, rendez-vous sur Culture box où l’opéra sera disponible en replay entre le 27 avril et le 27 octobre 2016.

Opéra Grand Avignon - Lucia de Lammermoor - Zuzana Markova - Jean-François Borras - Florian Sempey ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra Grand Avignon - Lucia de Lammermoor - Zuzana Markova - Jean-François Borras - Florian Sempey ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra Grand Avignon - Lucia de Lammermoor - Zuzana Markova - Jean-François Borras - Florian Sempey ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Opéra Grand Avignon - Lucia de Lammermoor - Zuzana Markova - Jean-François Borras - Florian Sempey ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra Grand Avignon - Lucia de Lammermoor - Zuzana Markova - Jean-François Borras - Florian Sempey ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra Grand Avignon - Lucia de Lammermoor - Zuzana Markova - Jean-François Borras - Florian Sempey ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra Grand Avignon - Lucia de Lammermoor - Zuzana Markova - Jean-François Borras - Florian Sempey ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Tourisme, #Religion, #architecture, #Moyen âge
Sénanque ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Sénanque ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Je ne sais si les dernier et antépénultième termes sont particulièrement appropriés au lieu mais nul ne songerait à transformer l’Invitation au voyage de Charles Baudelaire y compris pour l’abbaye de Sénanque dans le Vaucluse. Quoique…

L’abbaye de Sénanque fait partie des trois sœurs provençales ou des trois sœurs cisterciennes avec l’abbaye du Thoronet dans le Var ou l’abbaye de Silvacane dans les Bouches-du-Rhône. Les cisterciens dont le nom vient de l'abbaye de Cîteaux en Bourgogne fondée par Robert de Molesme en 1098 est l’ordre qui révolutionne la vie monastique du XIIème siècle ; il essaime dans tout l'Occident, jusque sur ses franges païennes. Suivant la règle bénédictine réformée par le Pape Grégoire le Grand, l'ordre cistercien promeut ascétisme, rigueur liturgique et travail.

L’ordre doit son développement à Bernard de Clairvaux (1090-1153), homme d'une personnalité et d'un charisme exceptionnels qui fait rayonner l’ordre en le parant de son patrimoine architectural tel qu’on peut le voir en Provence. Et s’il n'est de vertu plus indispensable à nous tous que celle de l'humble simplicité selon Saint Bernard, les bâtiments eux-mêmes ne doivent pas distraire les moines de la méditation d'ou l’aspect dépouillé des lieux.

L’abbaye de Sénanque a connu comme toutes les abbayes bien des tourments. Créée par donation de Guiran de Simiane, seigneur de Gordes, soucieux de se racheter une conduite avant son trépas assuré, elle est érigée en 1148 par des moines venant de l'Abbaye de Mazan dans le Vivarais. L’abbaye connaît les affres de l’histoire : incendiée en 1544 lors des guerres de religion qui n’épargnent pas les moines qui se retrouvent pendus, elle est vendue comme bien national sous la Révolution et heureusement (ou miraculeusement, c’est selon) épargnée de la destruction. Mais ce que les guerres et les troubles n’avaient pu faire, l’absence de combattants monastiques faillit l’accomplir et c’est seulement en 1988 qu’une nouvelle petite communauté de moines issus de l'abbaye mère de l'île de Saint Honorat de Lérins, en face de Cannes fut réimplantée à Sénanque comme une espèce menacée.

La visite de l’abbaye ne permet pas de voir ses trois parties historiques : les bâtiments du moyen-âge, les bâtiments de l’époque moderne (le bâtiment des convers) et ceux du XIXème (l’entrée). Afin de concilier les attentes des confits en dévotion et des esprits forts en manque de sarcasmes, l’abbaye a été conçue pour être ouverte à tous, la maison de Dieu ne pouvant décemment pas se priver de certaines brebis fussent-elles égarées. Aux visiteurs donc la partie Moyen-âge et aux moines et autres retraitants le reste de l’abbaye afin que chacun puisse trouver de quoi se nourrir l’esprit.

L’intérêt de la partie médiévale est qu’elle respire encore l’esprit de Saint Bernard : du cloître à la salle capitulaire en passant par l’abbatiale ou le dortoir, rien n’est fait pour capter l’attention des moines. Entièrement dépouillée, l’abbaye invite au silence tout le monde, même les esprits forts. Nulle représentation anthropomorphique ne vient tel un miroir perturber la méditation, rien sauf la Vierge dans l'abbatiale et la face du diable qui se rappelle à tous lors de la visite du cloître.

Là, tout n'est décidément qu'ordre (cistercien) et beauté (dépouillée),

Luxe (de silence), calme et volupté (reposante).

Abbaye de Sénanque (dortoir, chauffoir, salle capitulaire, cloître et diable) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Sénanque (dortoir, chauffoir, salle capitulaire, cloître et diable) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Sénanque (dortoir, chauffoir, salle capitulaire, cloître et diable) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Abbaye de Sénanque (dortoir, chauffoir, salle capitulaire, cloître et diable) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Sénanque (dortoir, chauffoir, salle capitulaire, cloître et diable) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Sénanque (dortoir, chauffoir, salle capitulaire, cloître et diable) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de Sénanque (dortoir, chauffoir, salle capitulaire, cloître et diable) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #architecture, #environnement, #Patrimoine
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Qui veut voyager loin ménage sa monture ; Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure » et pour être en parfaite cohérence avec les Plaideurs de Jean Racine, nous avons commencé par la deuxième partie de la citation avent de passer à la première. En à peine plus de vingt minutes, la monture mécanique nous ayant déposé au pied de la vieille ville de Cagnes-sur-Mer, le château-musée Grimaldi nous invitait au voyage.

Le château musée de Cagnes-sur-Mer expose les carnets de promenades d’Armand Scholtès jusqu’au 22 mai 2016 dans une exposition intitulée Le poème du monde, titre emprunté au catalogue lié à l’exposition et signé Charlie Galibert, docteur en philosophie et en anthropologie à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis. Le poème du monde représente une véritable introspection des pérégrinations d’Armand Scholtès, né lorrain il y a quelques 80 ans, azuréen d’adoption depuis 30 ans et dont la Galerie est toujours prête à vous accueillir à Nice.

Attiré par la lumière de la Méditerranée et par les couleurs de son arrière-pays qui allaient lui servir de palette géante, Armand Scholtès, peintre et dessinateur, travaille souvent le papier ou le bois flotté. "Le papier est une texture qui lui permet de faire jouer son médium sa gouache et ses pastels", rappelle Cécile Bertran, directrice Château-Musée Grimaldi, à l’initiative de l’exposition.

Au gré de ses promenades, au détour d’un virage, Armand Scholtès exprime ses émotions, son ressenti. En plus de 150 dessins, gouaches, pastels et sanguines, le décor est reconstitué : les très grands formats habillent parfaitement les plus grandes salles du Château, les moyens formats occupent les lieux plus exigus et le visiteur doit débusquer dans les vitrines, les plus petites formes.

Une silhouette de montagne, une esquisse de collines, une miniature d’architecture, une impression de voyage lointain, Armand Scholtès nous invite dans une sorte de métonymie à parcourir 50 ans de carrière et des milliers de kilomètres à pieds en quelques salles. Qui veut voyager loin… aille déjà jusqu’à Cagnes-sur-Mer !

Le poème du monde, exposition jusqu’au 22 mai 2016 de 10h à 12h et de 14h à 17h du mercredi au lundi – Château-Musée Grimaldi – Cagnes-sur-Mer

Le poème du monde - Armand Scholtès - Château-Musée Grimaldi – Cagnes-sur-Mer ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe poème du monde - Armand Scholtès - Château-Musée Grimaldi – Cagnes-sur-Mer ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe poème du monde - Armand Scholtès - Château-Musée Grimaldi – Cagnes-sur-Mer ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le poème du monde - Armand Scholtès - Château-Musée Grimaldi – Cagnes-sur-Mer ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe poème du monde - Armand Scholtès - Château-Musée Grimaldi – Cagnes-sur-Mer ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe poème du monde - Armand Scholtès - Château-Musée Grimaldi – Cagnes-sur-Mer ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le poème du monde - Armand Scholtès - Château-Musée Grimaldi – Cagnes-sur-Mer ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amour, #Violence, #Adolescence
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Filmer l’époque des 17 ans, 22 ans après les Roseaux sauvages qui filmaient eux-mêmes l’époque des 17 ans de 1962, film après film André Téchiné nous explique que l’époque peut changer, le phénomène amoureux, les premiers émois, la première attirance seront toujours les mêmes. Aidé en cela au scénario par Céline Sciamma autre exploratrice des premiers émois et attirances, il revient après plusieurs tentatives peu convaincantes vers un film plus abouti.

Quand on a 17 ans est finalement d’une grande banalité. Il narre le quotidien d’aujourd’hui dans les Pyrénées de deux lycéens dont on suit les inimitiés particulières pendant toute une partie du film. Non dite en début de film, l’homosexualité de Damien se devine, se dessine mais de prise de parole, de fierté ou autre sortie du placard, rien. Elle reste taboue puis sort comme un cri lorsque la souffrance est trop forte. De ce point de vue, rien ne semble avoir avancé depuis les Roseaux sauvages.

Le plus intéressant du film est le regard juste porté sur l’adolescence d’aujourd’hui qui diffère peu elle aussi de celle d’hier : la jeunesse souffre, elle cherche ses marques, ses orientations, les rejette, les refuse, les accepte, les renie comme avant, tout autant qu’avant, non moins qu’avant. Étrangement comme pour marquer cette pérennité, les adolescents sont dépourvus de modernité : les parents communiquent par skype, la ferme agricole voisine est entièrement automatisée mais les adolescents travaillent encore au papier-crayon, font du sport, ne manipulent ni tablette, ni ordinateur, ni téléphone portable. Ils sont intemporellement jeunes. Ils sont l’adolescence récurrente.

Le film plaisant sur le papier, joue avec les oppositions, les barres de séparation pour marquer la différence de monde entre les deux protagonistes : Kacey Mottet Klein (Damien) déjà repéré en père précoce dans Keeper de Guillaume Senez et Corentin Fila (Tom) pourtant nettement plus âgé en réalité campent deux adolescents intemporels qui pourraient vivre dans toues les époques à la fois. Dirigés au millimètre, ils ont cette aisance dans le jeu qui rend crédible toute l’histoire. Bien relayé par la multiplication des objets doubles dans toute la première partie du film, tout est dit par les images pour indiquer un rapprochement futur. Bien campés dans leur époque, les parents tous bienveillants assurent la réussite complète du film avec notamment un Alexis Loret et une Sandrine Kimberlain qui renforcent la crédibilité de la situation.

Quand on a 17 ans est un film charnu, un film dans lequel les corps, qu’ils se télescopent ou qu’ils fusionnent, occupent une partie centrale. Quand on a 17 ans doit sa réussite à toute cette alchimie particulière qui marque donc le grand retour d’André Téchiné.

« Quand on a 17 ans » - Film d’André Téchiné avec Sandrine Kiberlain, Kacey Mottet Klein, Corentin Fila – Drame – France - Date de sortie : 30 mars 2016 – Durée : 1h 54’

Nice - Cinéma Rialto - Nice - Quand on a 17 ans d'André Téchiné ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - Nice - Quand on a 17 ans d'André Téchiné ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - Nice - Quand on a 17 ans d'André Téchiné ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - Nice - Quand on a 17 ans d'André Téchiné ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amour, #Jalousie, #Enfance
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sans vouloir jouer les anciens combattants, voir à l’affiche un film signé Cyril Gelblat m'a un peu secoué. Moi qui l’ai vu défiler devant le jury « défis jeunes » du CROUS à l’époque où il était encore étudiant, moi qui l’ai revu dans la catégorie « Jeunes cinéastes » lors d’une table ronde organisée en marge du Festival de Cannes, moi qui ai raté sa création les Murs Porteurs à sa sortie, je ne voulais pas laisser cette fois-ci passer l’occasion.

Le titre, le synopsis fleuraient bon la énième "comédie française" sur la vie, le couple, les enfants mais qu’importe, je voulais savoir. Heureuse surprise de bout en bout pour ce tableau amer des quadras mâles en crise, des rigidités bourgeoises, de la nécessaire paternité, de l’utilitarisme appliqué au quotidien. Tel un funambule sans cesse menacé de tomber dans la caricature ou le manichéisme, Cyril Gelblat a l’art de nous envoyer régulièrement dans des directions qu’il perturbe au dernier moment. Ainsi désarçonné, le spectateur peut alors goûter avec délice aux nombreuses ellipses dont il distille le film beaucoup plus efficaces que de longs discours.

Le film semble couler de source, suivre sa route, il est en fait très construit, dirigé d’une poigne de fer pour que les acteurs à l’écran par leurs transformations deviennent l’esprit du film, son ressort même, sa rythmique. Manu Paillet excelle en père peu concerné, en éternel adolescent affligeant, en tête à claques au demeurant sympathique. Il tranche avec Audrey Lamy efficace en mère affligée, en femme ambitieuse et néanmoins sympathique et en épouse à la recherche de son confort intérieur. Aure Atika apporte une jonction idéale entre tous ces mondes qui s’entrechoquent et les deux filles Rafaèle Gelblat et Jaïa Caltagirone impressionnent par la justesse de leurs réactions.

La liberté de ton employée, l’humour qui s’empare du film (« On verra ça ce soir » répond le père excédé à sa petite fille qui lui demande si, elle aussi, elle peut être juive), l’absence des tabous traditionnels sur la vie de couple contribuent également à donner au film à la fois cette tonalité réaliste et cette saveur novatrice. Non, décidément, non ! Cette comédie n’est pas une énième comédie de mœurs. Elle apporte un souffle nouveau, une fraicheur qui renouvelle le genre.

Ne faisons pas la fine bouche, tuons le suspens, nous sommes ressortis du cinéma en ayant « Tout pour être heureux ».

« Tout pour être heureux » film de Cyril Gelblat avec Manu Payet, Audrey Lamy, Aure Atika – Comédie – France - Date de sortie : 13 avril 2016 – Durée : 1h 37’

Nice - Cinéma Pathé Masséna - « Tout pour être heureux » de Cyril Gelblat ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Pathé Masséna - « Tout pour être heureux » de Cyril Gelblat ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Pathé Masséna - « Tout pour être heureux » de Cyril Gelblat ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Violence, #mort, #Amour, #Jalousie, #Bad boys
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le film Les Ardennes débute sur une fuite et un plongeon dans la piscine. Il se poursuit dans une voiture une femme au volant demande à l’homme trempé où est son frère. Ces images fortes suffisent à lancer l'histoire ; le spectateur se demandera à mesure du film si c’est une scène initiale ou finale. Il ne saura au final pas grand-chose de plus mais qu’importe.

Pays flamand, petite délinquance, grande misère, sept ans plus tard, le film vire à la tragédie grecque annoncée : une mère à l’amour sélectif, une fille qui est passée d’un frère à l’autre, un frère libéré emprunt de violence qui l’ignore. L’ensemble est filmé dans un environnement social de crise au son d’une musique techno omniprésente rappelant la boîte de nuit pour jeunesse désœuvrée sorte de marqueur de la noirceur sociale et de vecteur de la délinquance ambiante.

Le spectateur entre facilement dans l’univers du jeune réalisateur flamand Robin Pront et accepte de se laisser guider dans le quotidien de Sylvie de Winter (Veerle Baetens) et des frères de Swaef : Dave (Jeroen Perceval) et surtout Kenneth (fantastique Kevin Janssens). Ce trio lance un vent de folie qui, des Flandres, se poursuivra jusqu’aux Ardennes.

L’intensité de l’affrontement entre les deux frères se renforce par l’irruption de personnages incongrus et le film monte en puissance jusqu’à son dénouement. Quoique les multiples inserts du film nous mettent sur la voie, Robin Pront parvient à nous surprendre et la scène de l’apparition incongrue d’autruches dans les Ardennes en est l’exemple le plus frappant.

Les Ardennes oscillent en permanence entre thriller et comédie noire. Sur un schéma classique de thriller, il se meut avec ses nombreuses surprises teintées d'humour noir en une sorte de récit déjanté. Et malgré les nombreuses scènes de silence entre les deux frères, le spectateur ne se lasse pas une seconde de cette équipée sauvage, rythmée et terriblement efficace.

« Les Ardennes » de Robin Pront avec Jeroen Perceval, Kevin Janssens, Veerle Baetens – Thriller - Belgique, Pays-Bas - Date de sortie 13 avril 2016 –Durée : 1h 33’

Nice - Cinéma Le Rialto - Les Ardennes de Robin Pront ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Le Rialto - Les Ardennes de Robin Pront ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Le Rialto - Les Ardennes de Robin Pront ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Le Rialto - Les Ardennes de Robin Pront ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #guerre, #Violence, #Politique
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Si les films sur le nazisme ne se comptent plus, ceux sur la politique de dénazification et le règlement de la question nazie en Allemagne sont finalement plutôt rares. L’initiative de Lars Kraume avec Fritz Bauer, un héros allemand répond en partie à cette lacune en retraçant le parcours d’un Allemand atypique, député socialiste en 1933, juif, interné puis libéré et exilé au Danemark puis en Suède pendant la seconde guerre mondiale.

A la fin de la guerre puis à la création de la République fédérale d’Allemagne en 1949, Fritz Bauer fait partie de ces Allemands très recherchés par les forces occupantes car vierge de toute compromission avec le régime nazi. Il devient, dans un premier temps, directeur des cours fédérales puis, plus tard, procureur de la république de Brunswick. En 1956, il est nommé aux fonctions de procureur général du Land de Hesse à Francfort-sur-le-Main.

Et là commencent les ennuis pour celui qui croit que l’Allemagne est prête non seulement à faire son deuil du nazisme mais plus encore prête à juger sur son sol les criminels de guerre allemands. Le grand intérêt du film se situe dans ce point de vue, cette focalisation interne sur les rouages de l’État allemand d’après-guerre qui, pour fonctionner, doit également employer des collaborateurs de l’ancien régime qui cherchent à freiner coûte que coûte les investigations de Fritz Bauer.

Le film n’est pas exempt de qualités. Filmé sur le mode d’un film d’espionnage, le film cumule les gris, les clairs-obscurs, qui illustrent bien cette période trouble, en demi-teinte. Il dresse certains portraits de héros avec toute leur fragilité et leur ambivalence et questionne à la fois la question de la liquidation du passé et la reconstruction de l’État… et de la raison d’État.

Mais le film cumule quelques défauts qui finissent par en atténuer la portée. Les affreux sont moches, cyniques, sardoniques et tranchent nettement avec la fragilité des autres. Le procureur homosexuel est traité de manière un peu trop caricaturale et l’ensemble de la dramatisation autour de l'homosexualité alourdissent considérablement le propos. Enfin la mise en scène d’un classicisme absolu ne met rien en valeur.

Le film qui aurait pu être d’une efficacité redoutable sur les mémoires et la raison d’État rate sa cible. Dommage !

« Fritz Bauer, un héros allemand » de Lars Kraume avec Burghart Klaußner, Ronald Zehrfeld, Lilith Stangenberg – Drame – Allemagne - Date de sortie : 13 avril 2016 – Durée : 1h 46’

Nice - Cinéma Rialto - Fritz Bauer, un héros allemand de Lars Kraume ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - Fritz Bauer, un héros allemand de Lars Kraume ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - Fritz Bauer, un héros allemand de Lars Kraume ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - Fritz Bauer, un héros allemand de Lars Kraume ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

C’est en ressassant cette maxime de Sébastien Roch Nicolas dit Chamfort, qu’une partie du public est sortie de la salle Garnier le lundi 11 avril 2016. Car à l’évidence, il y avait deux public ce soir là, ceux qui venaient écouter « Renée Fleming (…) l’une des plus grandes stars du monde lyrique » ainsi que le site de l’opéra de Monte-Carlo présentait l’événement et ceux qui venaient pour écouter des œuvres.

Or ceux qui venaient pour les œuvres s’étaient fiés au programme initial de l’opéra de Monte-Carlo qu’elle avait rodé avec Philippe Jordan au piano à l’opéra Garnier quelques trois semaines avant annonçant une soirée centrée sur les Frauenliebe und leben op.42 de Robert Schumann, des mélodies de Sergueï Rachmaninov (dont Dans le secret de la nuit paisible), des lieder de Richard Strauss et enfin, Le Temps l’horloge d’Henri Dutilleux dont Renée Fleming est dédicataire.

Surprise à l’entrée en salle, à la lecture du programme, seul Robert Schumann avec Frauenliebe und leben résiste à l’ouragan, il y a bien un Straus mais Oscar avec Trois valses ! Le reste est composé d’un extrait tiré des nozze di Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart, de deux airs de Georg Friderich Haendel (tirés d’Agrippina et de Giulio Cesare in Egitto), d’extraits d’œuvres diverses issues de différents compositeurs (Stefano Donaudy, Francesco Paolo Tosti , Arrigo Boito, ​Ruggero Leoncavallo, Jules Massenet ou Camille Saint-Saëns).

Pour qui venait écouter « l’une des plus grandes stars du monde lyrique », visiblement pas de souci, pour ceux qui étaient venus écouter des œuvres du XXème voire du XXIème, l’affaire semblaient fort mal engagée. Elle le fut davantage dès les premières mesures : la voix semble manquer de souffle, l’artiste de puissance et elle n’est pas spécialement soutenue par le pianiste Hartmut Höll qui semble déconnecté. Mal engagée sur les œuvres de Friedrich Haendel et Wolfgang Amadeus Mozart, Renée Fleming se rattrape dans Frauenliebe und leben de Robert Schumann. A la reprise, Renée Fleming semble un peu plus à l’aise mais dans un programme dont ceux qui étaient venus pour les œuvres cherchent encore la logique ou la cohérence.

Reprenant en bis, O mio babbino caro extrait de Gianni Schicchi de Giacomo Puccini, Summertime extrait de Porgy and Bess de George Gershwin en mode jazzy ou encore Somewhere Over The Rainbow extrait du Magicien d’Oz, Renée Fleming régalait ceux venus pour la star mais toujours pas ceux venus pour les œuvres.

Parmi les critiques du récital, certains incriminent le pianiste, d’autres se lancent dans une grande et vaine description de la soirée, signes d’un malaise pour ne pas qualifier une contre-performance en raison de la carrière impressionnante de Renée Fleming. Sauf qu’il faut sans doute savoir achever une carrière, aussi cruel cela soit-il, car « L'estime vaut mieux que la célébrité, la considération vaut mieux que la renommée, et l'honneur vaut mieux que la gloire » comme le rappelait Sébastien Roch Nicolas dit Chamfort auteur du sage « On ne peut être et avoir été ».

Monaco - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Europe, #Epoque contemporaine
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Pour conclure en beauté le Printemps des Arts, Marc Monnet avait concocté pour le dernier épisode une sorte d’alpha et d’oméga des symphonies de Gustav Mahler en proposant dans le même concert, l’adagio de la symphonie inachevée n°10 en fa dièse majeur et la première symphonie en ré majeur dite Titan.

A la baguette, le chef d’orchestre britannique Daniel Harding qui succèdera à Paavo Järvi au poste de directeur musical de l’Orchestre de Paris à compter de l’automne 2016. L’idée de réunir dans un même concert la première et l’ultime symphonie permettait au public non seulement de comprendre l’évolution de la musique de Gustav Mahler mais également de renouer avec la tradition affichée au début du printemps des Arts de mettre deux œuvres en écho.

Nul doute que l’adagio de la symphonie inachevée par ses sonorités n’est plus tournée vers le romantisme mais davantage vers le XXème siècle. Elle laisse bien évidemment le regret de son inachèvement ne permettant pas de juger l’ensemble de la symphonie à la lueur du modernisme qui s’impose. Elle est la contemporaine de l'Oiseau de feu d’Igor Stravinski ou du Château de Barbe-Bleue de Bela Bartók. Elle en emprunte les modernités sans aller jusqu’à leur radicalité. L’adagio, rarement joué, est donc d’autant plus apprécié ce soir.

La Symphonie Titan est davantage connue du public et c’est pourtant à un moment exceptionnel auquel a assisté le public du Printemps des Arts. Daniel Harding a galvanisé un Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo qui ne demandait qu’à le suivre. Les musiciens croisés pendant l’entracte affichaient tous une joie non dissimulée d’avoir travaillé sous sa direction. Daniel Harding chorégraphie sa direction, il joue de tout son corps pour enlever ou arrêter brutalement l’orchestre. D’une précision redoutable dans sa conduite, il dirige avec énergie l’ensemble et affiche une générosité que le public a parfaitement ressentie.

Comble de l’élégance et de l’empathie, Daniel Harding, en français, a dédié le concert de ce soir au regretté Daniel Favre, ancien clarinette solo de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo depuis 1966 que nombre de musiciens étaient allés accompagner fort civilement jusqu’à sa dernière demeure la veille du concert. Voir partir est incontestablement triste mais voir partir sur ce splendide hommage musical rassérène forcément.

Monaco - Auditorium Rainier III - Printemps des Arts - Daniel Harding ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Auditorium Rainier III - Printemps des Arts - Daniel Harding ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Auditorium Rainier III - Printemps des Arts - Daniel Harding ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Auditorium Rainier III - Printemps des Arts - Daniel Harding ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Europe, #Vieillesse
[Cinéma – Le Rialto – Nice] L’éclipse selon Manoel de Oliveira  ou comment attendre 107 ans ?

« Et je m’éclipse ». Ainsi prend fin le film testament de Manoel de Oliveira La Visite ou Mémoires et confessions. Dédié à sa femme, Maria Isabel, le film articulé autour d’un texte d’Agustina Bessa-Luis, a été tourné à Porto dans la maison familiale au début des années 80. Conservé par la cinémathèque de Porto, il ne devait être dévoilé qu’après la mort du réalisateur survenue le 2 avril 2015 à 106 ans et quelques mois. Projeté pour la première fois en public le 4 mai 2015 à Porto, sa ville natale, et le lendemain à la Cinémathèque de Lisbonne, avant d’être montré à Cannes, jeudi 21 mai dans le cadre de Cannes Classic, il est aujourd’hui proposé sur les écrans au grand public.

S’éclipser lui aura pris malgré tout quelques trente-quatre ans et vingt-six long-métrages entrecoupés par plusieurs hommages dont une Palme d'or pour l'ensemble de son œuvre à Cannes pour ses cent ans en 2008 pour laquelle il déclarera : « J'apprécie énormément de la recevoir de cette façon-là parce que je n'aime pas trop la compétition, c'est-à-dire gagner contre mes collègues ; c'est une belle façon de recevoir un prix ».

Le film de Manoel de Oliveira accompagné en off par le texte d’Agustina Bessa-Luis et le Concerto pour piano n° 4 de Beethoven commence par un cheminement dans les jardins et les pièces d’une propriété vide. Les personnages qui s’expriment en voix off semblent être des esprits revenus dans leur maison. Dans cette maison, beaucoup d’objets qui laissent peu de doute sur le propriétaire des lieux : machine à écrire, reproductions de tableaux, collection de maquettes et d’objets rappelant la tradition navigatrice des Portugais et collections d’images et de symboles pieux rappelant leur ferveur catholique.

Soudain, de manière récurrente, semblant surgir de nulle part Manoel de Oliveira apparait devant sa machine à écrire et se livre à quelques confessions : sa passion dévorante pour le cinéma qui finira par dévorer la maison familiale. Sa passion pour sa femme et ses enfants qui apparaissent à travers les photographies- portraits de famille. Son attachement à la terre portugaise et à celle de Porto et de sa campagne en particulier et enfin sa foi, qu’il interroge sans détour. Il retrace enfin son histoire, les usines familiales, leur faillite, ses débuts en cinéma, sa confrontation avec la dictature de Salazar, sa reconnaissance… en France et non au Portugal.

Hormis lui, seule sa femme Maria Isabel apparaitra à l’écran. Filmée dans un jardin de fleurs, elle témoigne de son amour et de son sacrifice pour le cinéma de son mari. « Je trouve le cinéma merveilleux en ce qu’il me fait sortir de ma routine. Je m’occupe de tous les problèmes pour qu’il puisse faire du cinéma » répondant ainsi à cette confession de son mari : « Le cinéma est ma passion. J’ai tout sacrifié à la possibilité de faire des films. »

Le spectateur regarde ce film testament en connaissant, lui, parfaitement l’ensemble de l’œuvre de Manoel de Oliveira et notamment ses vingt-six long-métrages dont trois tournés après ses cent ans. Il en connait donc en découvrant le film plus que le réalisateur lui-même qui parle de ses souvenirs. Étrange sensation mais le cinéma n’est-il pas aussi l’art de s’affranchir des humaines questions du temps ?

La Visite ou Mémoires et confessions de Manoel de Oliveira - Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLa Visite ou Mémoires et confessions de Manoel de Oliveira - Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La Visite ou Mémoires et confessions de Manoel de Oliveira - Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

1 2 3 > >>