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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #guerre, #Violence, #Danse, #Cirque
© Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
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Les spectateurs s’installent, la scène aussi. Sur le plateau, deux hommes délimitent un périmètre sur scène, tracent les croix de placement, tirent des lignes au ruban adhésif blanc. Rien de plus sur une scène dont on a retiré le moindre élément : pas de rideau de scène, pas d’objets, pas de scénographie matérielle. On dirait un non-lieu, un espace anonyme de rencontre ou de non-rencontre. Pour l’instant, le spectacle qui s’appelle Bataille est bien pacifique.

Une fois les périmètres délimités, les deux hommes se placent au centre, esquissent quelques pas et le spectacle commence : Hassan Razak, spécialiste des percussions corporelles, et Pierre Cartonnet, issu des arts du cirque viennent de définir leur aire de jeu… et Bataille démarre sur les chapeaux de roue.

Pendant cinquante minutes de danse-contact, les deux compères vont s’affronter, se confronter, se battre, se combattre, se déchirer, se quitter, en redemander, s’éloigner, se rapprocher. L’un semble mener la danse, l’autre semble subir, geindre, se plaindre puis en redemander. Les corps se confrontent et les deux compères nous font entendre un concerto pour corps en coups majeurs. Pendant cinquante minutes, ils s’étranglent, se strangulent, se tirent par le bras, les cheveux, les jambes, crient, halètent, gémissent, supplient. Au bout de cinquante minutes, les deux hommes que l’on sentait irrapprochables finissent par se suivre, avoir des chorégraphies jumelles, être parfaitement synchrones.

Si la portée symbolique de la chorégraphie est rapidement une évidence, elle demeure plus délicate à décrypter. La dichotomie visible sur scène est-elle duale ? Que veut faire ressortir le chorégraphe Pierre Rigal ? Serait-ce le simple combat immémorial du bien et du mal, l’un cherchant à attirer l’autre dans son monde ou assisterait-on au combat interne d’un seul et unique personnage partagé entre plusieurs sentiments contradictoires, plusieurs postures, plusieurs ressentis : l’amour, la haine, la joie, la souffrance, la réalité, le fantasme. Aurions-nous dans ce cas, la vision sur scène de notre propre personnalité où intérieurement s’affrontent quotidiennement nos deux facettes qui font que nous sommes aimés, détestés, choyés, délaissés…

Ainsi présenté le spectacle semble dramatique, il repose de fait sur un ressort comique renforçant davantage son côté double, embrouillant du coup un peu plus le spectateur. Un seul mot peut alors résumer cette intéressante proposition : le spectacle est simplement duel, dans tous les sens du terme … ce qui me permet d’esquiver et de vous noyer ainsi définitivement dans la perplexité.

Bataille avec Pierre Cartonnet et hassan Razak - Chorégraphie : Pierre Rigal © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comBataille avec Pierre Cartonnet et hassan Razak - Chorégraphie : Pierre Rigal © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comBataille avec Pierre Cartonnet et hassan Razak - Chorégraphie : Pierre Rigal © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Bataille avec Pierre Cartonnet et hassan Razak - Chorégraphie : Pierre Rigal © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #architecture, #Enfance, #environnement, #Lumière, #utopie, #Epoque contemporaine, #Europe
© Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
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Depuis le début des années 1990 il construit son univers, récupérant des objets et matériaux dans son environnement ou dans ce qui a fait son environnement. Le néon son objet de prédilection, en devient le symbole, le fétiche, le totem… génération néon. Né quarante ans après, son objet fétiche eut sans doute été l’écran.

Qui ? Mais Pedro Cabrita Reis, enfin ! Vous ne le connaissez pas ? Ne rougissez pas, je n’avais jamais vu son travail avant de voir son exposition Les lieux fragmentés à l’Hôtel des Arts de Toulon. Méconnaître le travail de Pedro Cabrita Reis n’est pas grave en soi mais ne pas aller la découvrir alors qu’il est présenté à proximité est plus problématique. Avant votre future visite, je vous livre mon ressenti.

Pedro Cabrita Reis aime sculpter l’environnement dans lequel il travaille et le terme d’installation s’adapte beaucoup plus à sa philosophie que les termes d’exposition ou d’accrochage. Les lieux fragmentés, titre de ses implantations générales s’appliquent également à certaines de ses œuvres conçues in situ pour s’adapter au lieu qu’elles colonisent devenant ipso facto uniques.

Comme l’enfant que je fus… il y a de plus en plus longtemps, construisait sa cabane en s’adaptant au milieu ambiant : branchages et fougères dans les bois, cagettes et tissus dans les greniers, balles de foins et ficelle dans les granges, Pedro Cabrita Reis utilise dans ses créations, les objets usuels les plus ordinaires (portes, fenêtres, etc.) qu'il associe à des matériaux industriels (néons, poutrelles d'acier et briques).

Là où l’enfant que je fus… il y a encore plus longtemps qu’il y a deux minutes, s’initiait sans le savoir aux matériaux, aux formes, à l’architecture, Pedro Cabrita Reis réutilise la démarche pour créer des compositions abstraites qui questionnent le logement, l'habitat, la construction et le territoire.

Les lieux qu'il évoque, les lieux qu’il construit sont imprégnés de ses souvenirs personnels mais rendant compte de son époque, des nôtres également. Les lieux qu'il évoque, les lieux qu’il construit sont chargés de sens en nous interrogeant sur les matériaux, leur heure de gloire, leur profusion, leur abandon, leur recyclage ajoutant une dimension environnementale à sa réflexion sur le bâti.

Si comme moi, vous préférez profiter pleinement de cette exposition, pénétrer dans cet espace sans y être perturbé par une présence anthropique envahissante, vous pouvez jusqu’au 19 avril 2015 vous présenter à l’hôtel des Arts de Toulon tous les jours dès 10 h 00, vous partagerez pendant quelques minutes le monde imaginé par Pedro Cabrita Reis avec une solitude, un calme et une sérénité garantis.

Pedro Cabrita Reis Unnamed word - Melacolia - Favorite Place - Lieux frgmentés © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comPedro Cabrita Reis Unnamed word - Melacolia - Favorite Place - Lieux frgmentés © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Mythe, #fantastique, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour, #Jalousie
Contes d'Hoffmann - Opéra de Toulon
Contes d'Hoffmann - Opéra de Toulon

Monter les Contes d’Hoffmann d’Offenbach est avant tout une entreprise périlleuse qui met en avant une triple difficulté :

  • Le choix de la partition et de l’édition : si Offenbach précède à des ajustements pendant les répétitions de 1880, il meurt au début du mois d'octobre et en 1887, l’opéra comique brûle avec le matériel d'orchestre de la création qui est irrémédiablement perdu. Depuis, la partition se recompose soit par des fragments retrouvées au fil des ans depuis 1970 et se défait ou absorbe des ajouts apocryphes comme le sextuor avec choeur de l'acte de Venise, dû à Raoul Gunsbourg directeur de l'Opéra de Monte-Carlo lors de la création des Contes d’Hoffmann en 1904. Il faut donc d’abord décider de l’édition qui oscille entre la cinquième édition Choudens de 1907 qui fait traditionnellement référence et celles dues aux travaux herculéens de recherche de Jean-Christophe Keck de 2003 et 2012 pour les plus récentes.
  • Le deuxième choix cornélien est celui des chanteurs : si les quatre valets (Andrès, Cochenille, Frantz, et Pittichinaccio) et les quatre diables (le conseiller Lindorf, Coppélius, le docteur Miracle et le capitaine Dapertutto) sont généralement respectivement tenus par un unique ténor et un unique baryton basse, la question se pose pour les quatre femmes d’Hoffmann (La poupée mécanique Olympia, la jeune fille Antonia, la courtisane Giulietta et la cantatrice Stella) : une ou plusieurs interprètes ?
  • La troisième difficulté concerne le parti pris de mise en scène notamment le sort réservé à la poupée Olympia dont tout le monde fredonne à l’envi Les Oiseaux dans la charmille et pour laquelle chaque metteur en scène cherche à se démarquer de ses collègues et néanmoins amis ou encore la part fantastique des Contes d’Hoffmann qui doit transparaître dans la mise en scène avec un diable pervers qui surgit de partout … et de nulle part.

Dans mes pérégrinations, deux versions fondamentalement antagonistes me servent de repères en attendant mieux …et pire. Pour le pire, la proposition de Nicolas Joël au Teatro Regio de Turin en 2009, avec scénographie écrasante et hyperréaliste qui élimine ipso-facto le fantastique et un diable très, très léger, tient largement la corde. Pour ce qui est du meilleur, je retiens la proposition de Laurent Pelly à l’opéra de Lyon avec Patrizia Cioffi tenant les quatre rôles féminins, Laurent Alvaro endiablé à souhait et Cyrille Dubois en valet multiple.

Où situer la proposition du metteur en scène italien Nicola Berloffa dans cette échelle tout à fait personnelle ?

Nicola Berloffa à défaut de choisir une interprète unique pour Olympia, Antonia, Giulietta et Stella, propose un décor unique qui évolue à la marge dans les différents actes : toute l’histoire se déroulant dans la taverne où le passé d’Hoffmann défile, tenir l’ensemble dans un même lieu a donc du sens. A cour, trône une gigantesque cheminée, propice aux apparitions diaboliques ou ectoplasmiques, à jardin, un mur se couvrira tantôt de portraits, d’un bar, d’une niche etc.

Marc Laho, annoncé comme souffrant, a la grande intelligence de ne pas prendre de risques inconsidérés pour tenir le rôle jusqu’au final. Dans les rôles féminins, Gabrielle Philiponet tire son épingle du jeu dans le double rôle d’Antonia et de Stella, voix claire et diction parfaite ce qui est loin d’être le cas pour Bénédicte Roussenq (Giulietta) ou pour Ekaterina Lekhina (Olympia) qui ne se risque qu’à peu de rajouts dans Les Oiseaux dans la charmille mais qui tient, en revanche, sa gestuelle mécanique parfaite pendant tout l’acte. A l’inverse, Simone Alberghini tient vocalement les diables mais n’habite pas assez le personnage : les rires sardoniques ne percent pas, il ne glace pas, en gros il est prometteur mais encore trop gentil. Jérôme Billy en valets monte l’étendue de sa capacité à se métamorphoser passant d’un Cochenille version Madame Doubtfire à un Franz désopilant. Quant à Sophie Fournier, elle fait merveille dans le double rôle de Nicklausse et de La Muse.

Le côté fantastique n’est pas négligé par la mise en scène. Nicola Berloffa tire habilement partie de la cheminée gigantesque qui va permettre au diable d’apparaître et de disparaître à sa guise. En fond de scène, un espace dédié aux apparitions fonctionne comme un subconscient dont la barrière avec le conscient est matérialisée par un rideau. Enfin, la poupée mécanique est accompagnée par le chœur transformé en une armée d’automates qui me fait penser aux deux personnages des baromètres kitsch de mon enfance avec le bavaro-tyrolien en culotte de peau qui sort lorsqu’il fait beau et sa femme qui sort quand l’humidité se fait sentir. Tout n’est certes pas parfait dans la gestuelle du chœur mais, de plus en plus sollicité par les différentes mises en scène, il faut lui rendre cet hommage de tout faire pour s’intégrer scéniquement à l’intrigue.

L’orchestre est dirigé par Emmanuel Plasson qui semble peu inspiré. Cela se vérifie notamment dans la Barcarole où le décalage entre l’orchestre et le plateau s’entend.

Même si j’ai l’air très critique avec ces Contes d’Hoffmann, ne vous y trompez pas ! La proposition de Nicola Berloffa demeure très intéressante, plutôt classique mais de bon aloi. Je ne saurais trop vous conseiller, s’il reste évidemment des places, d’y assister ce mardi soir (3 mars 2015) ou vendredi prochain.

Opéra de Toulon - Offenbach - Contes d'Hoffmann © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon - Offenbach - Contes d'Hoffmann © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon - Offenbach - Contes d'Hoffmann © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Toulon - Offenbach - Contes d'Hoffmann © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Tourisme, #Patrimoine, #Moyen âge, #Nature
Hyères© Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
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« Si les Catacombes étaient à Florence, M. Daninos les aurait sans doute déjà visitées trois fois. Mais, habitant Paris depuis quarante ans, il ne les connaissait pas encore ». Ainsi persifle William Marmaduke Thompson dans les célèbres Carnets du major Thompson de Pierre Daninos et voulant éviter que semblable mésaventure ne survienne, j’ai suivi à la lettre le conseil du Tao Te King de mon ami Lao-Tseu « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas ». Considérant unilatéralement que la lieue en question est l’ancienne lieue de Paris, j’ai donc décidé de parcourir aller-retour 307.88 km et me suis retrouvé … dans le Var.

D’accord, ce n’est pas le Pérou mais je m’en fous, ni l’Orénoque mais je m’en moque. Direction tout d’abord La Garde-Freinet, haut lieu de résistance des Sarrasins qui ont tenu la ville jusqu’en 954 avant d’être délogés par Guillaume le Libérateur (N’oublions pas que l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs) en leur extorquant au passage le secret de l’utilisation de l’écorce du chêne-liège, héros local. Je ne sais comment les Sarrasins ont pu tenir aussi longtemps car la pluie ne nous a pas permis de tenir plus d’une heure de siège sans même pouvoir accéder aux ruines de l’ancien fort.

Puisque la pluie nous avait chassés de La Garde-Freinet, nous avons investis Collobrières où la connaissance de l’autochtone est passée par le Restaurant Café-Théâtre, son vin revigorant, son accueil fort sympathique, ses tripes de veau à tomber par terre et son spectacle dans la salle. Rien de tel pour vous aider à escalader les ruines de l’église Saint-Pons à mi-chemin entre roman et gothique et glisser sous le pont vieux, pont à arche en plein cintre construit probablement aux alentours du XIIème siècle.

Mes catacombes à moi se nomment Porquerolles. Jamais foutu depuis le temps où je visite le Var de trouver une journée favorable, sans hordes touristiques incontrôlées ou auspices climatiques défavorables, pour goûter à la plus proche des îles d’or. Enfin ! Et le résultat est à la hauteur. Si « Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche » (évidemment ce n’est pas de mon crû … c’est tiré des Essais de Montaigne), je dois dire qu’une balade à pied sur Porquerolles loin du bruit des villes, des obligations, des complications en tout genre requinque le dernier des grincheux… donc moi !

« Rien de tel que d'aller au bout du monde pour trouver des gens qui vont encore plus loin » dixit mon regretté Pierre Daninos. J’ai effectivement encore moins envie d’aller à Pétaouchnock, Pamparigouste et autre Perpète-la-Galette quand j’ai tout ce qui me comble à proximité. De toute façon, courts ou longs : « Les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu'on est revenu ! » raillait Sacha Guitry dans Le petit Carnet rouge. Au fait, n’est-ce pas ce que je vous fais subir depuis quelques minutes ?

La Garde-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comLa Garde-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comLa Garde-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Collobrières © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comCollobrières © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comCollobrières © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Porquerolles © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comPorquerolles © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comPorquerolles © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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